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WitchcraftDaily

Rituels, significations et traditions magiques

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COLLIN DE PLANCY · PARIS · 1818–1863

Berith : portrait dans le Dictionnaire Infernal et comparaison avec la Goetia

Ouvrages de référence indigo, une page vierge ouverte et une loupe.

La notice composite de Berith dans le Dictionnaire Infernal s'achève sur un soldat rouge à cheval ; l'esprit 28 de l'Ars Goetia fournit le sceau distinct attribué au duc.

Le cheval rouge et le soldat couronné vêtu de rouge font du Berith de 1863 par Le Breton et Jarrault le pendant presque monochrome du symbole distinct figurant au numéro 28 de l'Ars Goetia.

Vedette 1863
Berith
Ars Goetia
N° 28 · Duc
Légions
Dictionnaire 26 · Goetia 26

Ce que dit la notice de Collin de Plancy sur Berith

Berith apparaît sous les traits d'un terrible duc connu sous divers noms, dont Béal, Bérith et Bolfri. C'est un jeune soldat vêtu entièrement de rouge, monté sur un cheval rouge et ceint d'une couronne. Il répond sur les choses du temps passé et futur mais se montre prompt au mensonge, transforme les métaux en or, confère des dignités, purifie la voix des chanteurs et commande vingt-six légions. Collin de Plancy y adjoint ensuite des identifications antiques et un long récit issu du Petit Albert mettant en scène un serviteur domestique invisible qui prend soin d'une horloge et des chevaux.

L'article s'étoffe en cercles concentriques. Une notice d'esprit concise, proche de Weyer, débouche sur une comparaison nominale religieuse, puis sur un conte populaire domestique, avant de proposer des explications concurrentes voyant dans ce serviteur une mandragore ou un sylphe. L'effet produit est analytique : une seule entrée rassemble des entités susceptibles de partager un nom sans pour autant prouver leur identité commune.

Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton

Gravure de Louis Le Breton et M. Jarrault représentant Berith couronné sous les traits d'un soldat à cheval
Berith, portrait de 1863. Illustration de Louis Le Breton issue de la sixième édition ; domaine public. Fiche de l'image ↗
Sceau de l'Ars Goetia portant le numéro 28 pour Berith
Sceau de l'Ars Goetia 28. Signe linéaire distinct reproduit à partir de l'édition du domaine public de 1916. Consulter la notice du sceau

Le Breton rend la couleur intelligible en monochrome grâce au travail des valeurs et du costume. Un soldat couronné se tient avec raideur sur un cheval aux ombres fouillées, son armure, son manteau et sa prestance martiale le démarquant des cavaliers civils que l'on rencontre ailleurs dans la série. La description rouge sur rouge ne pouvant se transposer littéralement à l'encre noire, les motifs et les contrastes prennent en charge l'expression du rang.

Le portrait privilégie le soldat issu du catalogue et ignore le serviteur invisible du foyer mentionné plus loin. Le sceau goétique de Berith constitue une autre sélection au sein de cette vaste tradition : un signe abstrait placé à côté de l'entrée 28. Aucune des deux images n'englobe à elle seule la thèse développée par le dictionnaire au sujet des noms et du folklore.

Berith et l'esprit 28 de l'Ars Goetia

La Goetia retient le soldat rouge, le cheval rouge, la couronne d'or, la connaissance du temps, l'alchimie, les dignités, les propos trompeurs, les variantes du nom et les vingt-six légions. Ce socle commun est exceptionnellement précis et procure à la gravure une base textuelle solide.

Le Dictionnaire ajoute une voix de chant claire, des identifications à des cultes antiques et l'anecdote du Petit Albert. La Goetia précise que ses réponses sont véridiques dès lors que l'esprit est convenablement contraint, tout en énumérant d'autres variantes de son nom avec des graphies distinctes. L'article français forme un dossier de réception ; la Goetia demeure une entreprise de classification.

Comparaison pratique : un seul nom, deux types de figures

Scindez la notice du Dictionnaire à l'endroit précis où s'ouvre le récit du Petit Albert. Avant ce seuil se tient un soldat couronné bien visible, doté d'un rang, de fonctions et de légions. Après lui survient un auxiliaire invisible maniant des outils dans une écurie et une pièce d'horlogerie. Le Breton illustre uniquement la première figure. Tenir cette anecdote pour une autre posture du soldat reviendrait à gommer l'hésitation entretenue par l'article sur la parfaite identité de ces deux entités.

Cette distinction méthodique met en lumière la façon dont un dictionnaire alphabétique peut maintenir une association d'idées sans postuler une identité réelle. Le sceau goétique et le portrait de 1863 renvoient tous deux au Berith du catalogue, tandis que le récit domestique témoigne de la manière dont ce patronyme a migré vers un autre genre.

Notices des sources textuelles et iconographiques primaires

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