Le Byleth de 1863 par Le Breton présente trois musiciens félins et aucun cheval ; la prose fournit un cheval blanc et 80 légions, tandis que l'Ars Goetia 13 en attribue 85 à Beleth.
- Vedette 1863
- Byleth
- Ars Goetia
- N° 13 · Roi
- Légions
- Dictionnaire 80 · Goetia 85
Ce que dit la notice de Collin de Plancy sur Byleth
Le Byleth du dictionnaire est un roi puissant et terrible monté sur un cheval blanc, précédé de chats sonnant de la trompe et de la trompette. L'article consacre la majeure partie de son espace à une rencontre cérémonielle : une baguette de coudrier, un triangle orienté vers le sud-est, une formule de contrainte, du vin déposé à l'intérieur du triangle, une courtoisie méticuleuse et un anneau d'argent tenu devant le visage. À l'issue de cette négociation mise en scène, il promet un pouvoir exceptionnel, rappelle l'ancien rang céleste de Byleth et dénombre quatre-vingts légions.
Il s'agit de bien plus que d'une simple énumération de pouvoirs. La notice met en scène le rang à travers un protocole rigoureux : orientation, délimitation, offrande, salutation, compliment et parure régissent l'entrevue. Le commentaire final empreint de scepticisme de Collin de Plancy, évoquant l'espoir d'un trône céleste retrouvé, interrompt la description rituelle transmise par la tradition et rappelle au lecteur la présence d'une voix éditoriale propre au dictionnaire.
Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton


Le Breton centre sa gravure sur un musicien félin assis, vêtu d'habits humains, qui souffle dans un grand cor enroulé. Deux chats plus petits se tiennent sous la tribune, l'un de face et l'autre de profil. Le cheval pâle, la couronne, le cavalier royal, le triangle, le vin, la baguette et l'anneau décrits dans le texte environnant n'y figurent pas ; la vignette privilégie les singuliers chats hérauts de la notice française plutôt que le roi qu'ils annoncent.
L'image fait de la musique et de l'espèce animale, plutôt que de l'arrivée royale, l'événement déterminant. Agrandir un chat sous les traits d'un joueur de cor anthropomorphe donne un exécutant au son, tandis que le couple placé en contrebas transforme la pluralité des musiciens en un groupe resserré. Le sceau goétique de Beleth et le texte de son catalogue conservent le roi et la rencontre cérémonielle que cette vignette de Byleth laisse en coulisses ; les deux sources visuelles soulignent ainsi des pans distincts de la transmission.
Byleth et l'esprit 13 de l'Ars Goetia
Les deux traditions décrivent un roi redoutable sur un cheval pâle, annoncé par de la musique, et détaillent longuement la façon de maîtriser la rencontre. La déférence due au rang royal, le triangle, la baguette ou le bâton, l'anneau d'argent et l'ancien séjour parmi les Puissances se retrouvent de part et d'autre.
Le Dictionnaire métamorphose les musiciens en chats, ajoute du vin ainsi qu'une suite de compliments, et mentionne quatre-vingts légions. L'imprimé de la Goetia nomme l'esprit Beleth ou Bileth, évoque de simples musiciens plutôt que des exécutants félins, concentre son office sur l'amour et dénombre quatre-vingt-cinq légions. Cet écart de cinq légions constitue une divergence nette entre témoins textuels.
Comparaison pratique : quatre-vingts ou quatre-vingt-cinq légions ?
Relevez le chiffre imprimé à la fin de chaque notice sans en calculer la moyenne. Byleth compte quatre-vingts légions dans le dictionnaire de 1863 ; Beleth en possède quatre-vingt-cinq dans l'édition de la Goetia. Les trois musiciens félins visibles ne constituent nullement un décompte miniature de ses troupes, et le sceau ne porte aucun chiffre précisant l'armée. Cette divergence doit figurer dans la confrontation critique au lieu d'être harmonisée en silence.
La même méthode vaut pour les noms et les musiciens. Byleth et Beleth, les chats et les instrumentistes anonymes, quatre-vingts et quatre-vingt-cinq légions constituent des témoignages d'histoire textuelle. La gravure accentue la présence des chats français tout en omettant le roi et sa monture, tandis que le sceau de la Goetia préserve le lien avec le catalogue sans rétablir ce cortège manquant. Concordances et divergences demeurent ainsi pleinement visibles en parallèle.
