Ses cheveux blancs, sa barbe, son cheval et son dard acéré rendent le Forças de 1863 par Le Breton vigoureux malgré son grand âge ; l'Ars Goetia retient l'orthographe Furcas.
- Vedette 1863
- Forças
- Ars Goetia
- N° 50 · Chevalier
- Légions
- Dictionnaire 29 · Goetia 20
Ce que dit la notice de Collin de Plancy sur Forças
Forças, Forras ou Furcas est un chevalier et grand président des enfers qui se montre sous les traits d'un vieillard vigoureux aux longs cheveux blancs et à la barbe touffue, monté sur un grand cheval et armé d'un dard acéré. Il connaît les vertus des plantes et des pierres précieuses et enseigne la logique, l'esthétique, la chiromancie, la pyromancie et la rhétorique. Le dictionnaire lui attribue en outre le don d'invisibilité, l'ingéniosité, l'éloquence, la restitution des objets égarés, la découverte des trésors et vingt-neuf légions.
La notice associe le savoir d'un vieux maître à la stature d'un guerrier à cheval. Arts du discours, vertus naturelles, pratiques divinatoires, entregent et sens des découvertes se rassemblent sous l'égide d'une figure dont la dignité est singulièrement chevaleresque. Les trois formes de son nom imprimées en tête font de l'article lui-même une brève concordance.
Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton


Le Breton met en scène un aîné barbu chevauchant de profil, tenant une longue arme d'hast en travers de sa silhouette. La barbe et la chevelure ondoyantes soulignent la vieillesse, tandis que la monture et l'épieu maintiennent l'impression de force martiale. La composition résout le paradoxe sous les yeux du lecteur : il s'agit à la fois d'un sage éprouvé et d'un cavalier armé, sans qu'il soit besoin de figurer de livres, d'herbes, de gemmes ni de flammes.
Furcas est le seul esprit de la Goetia à recevoir le rang de chevalier dans ce catalogue particulier, bien que le Dictionnaire le qualifie aussi de grand président. Le sceau goétique signale le numéro 50 ; la gravure concrétise l'âge mûr, le cheval et l'arme. Divergence de titulature et concordance figurative peuvent parfaitement cohabiter.
Forças et l'esprit 50 de l'Ars Goetia
Les deux descriptions retiennent le vieux cavalier barbu, le cheval pâle ou imposant, l'arme acérée, la philosophie ou la logique, la rhétorique, la chiromancie, la pyromancie et la transmission du savoir. Cet office intellectuel est pour l'essentiel partagé.
Le Dictionnaire y joint les pierres précieuses, les simples, l'esthétique, l'invisibilité, l'ingéniosité, l'éloquence, les biens perdus, les trésors, le titre de président et vingt-neuf légions. La Goetia énumère quant à elle la philosophie, l'astrologie, la rhétorique, la logique, la chiromancie et la pyromancie sous l'autorité d'un chevalier qui gouverne vingt légions. Cet écart de neuf légions représente la plus forte divergence chiffrée de cette série de profils.
Comparaison pratique : vingt ou vingt-neuf légions ?
Gardez bien distinctes les colonnes de chaque édition. Furcas dans la Goetia : chevalier, vingt légions. Forças dans le Dictionnaire : chevalier et grand président, vingt-neuf légions. La gravure ne vient confirmer aucun de ces deux totaux, et la place du sceau au numéro 50 relève de la numérotation d'un recueil plutôt que du décompte de ses troupes. Trois chiffres différents renvoient donc ici à trois réalités distinctes.
Cet exemple limpide met en évidence le danger de fusionner les champs de plusieurs témoins en un profil synthétique unique. Le résultat utile est une comparaison : cavalier et enseignement partagés, fonctions élargies en français, rang modifié et un écart de neuf légions. Les attributions supplémentaires de découverte et de trésors du Dictionnaire modifient également la portée pratique de la figure, tandis que la liste plus courte de la Goetia se concentre plus étroitement sur les disciplines savantes. Le vieillard armé d'une lance demeure le point d'ancrage visuel commun aux deux.
