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WitchcraftDaily

Rituels, significations et traditions magiques

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COLLIN DE PLANCY · PARIS · 1818–1863

Gomory : portrait dans le Dictionnaire Infernal et comparaison avec la Goetia

Ouvrages de référence indigo, une page vierge ouverte et une loupe.

Le Dictionnaire Infernal de 1863 couronne Gomory sur un chameau ; l'esprit 56 de l'Ars Goetia, Gremory, conserve les attributions ducales relatives au temps et aux trésors.

Gomory, couronnée, monte un chameau dans la planche de 1863 dessinée par Le Breton, faisant de la forme féminine indiquée par le Dictionnaire son trait le plus distinctif ; Gremory est l'orthographe de l'Ars Goetia.

Vedette 1863
Gomory
Ars Goetia
N° 56 · Duc
Légions
Dictionnaire 26 · Goetia 26

Ce qu'énonce la notice de Collin de Plancy sur Gomory

Gomory est un puissant duc infernal qui apparaît sous les traits d'une femme coiffée d'une couronne ducale et montée sur un chameau. Le dictionnaire lui attribue la faculté de répondre sur le présent, le passé et l'avenir, ainsi que de faire découvrir les trésors cachés. Vingt-six légions se trouvent sous son commandement. L'article est concis et ne présente aucun autre corps ni anecdote, si bien que le titre genré, la couronne, la monture, la science du temps et les trésors forment son profil complet.

Une tension grammaticale traverse la notice : un personnage titré duc apparaît sous les traits d'une femme couronnée. Collin de Plancy mentionne les deux sans préciser si c'est la forme, le rang ou le nom qui doit gouverner l'accord de genre. Conserver cette tension est plus instructif que de remplacer silencieusement le rang par celui de duchesse.

Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton

Gravure de Louis Le Breton représentant Gomory couronnée sous les traits d'une femme chevauchant un chameau
Gomory, portrait de 1863. Illustration de Louis Le Breton issue de la sixième édition ; domaine public. Fiche de l'image ↗
Sceau de l'Ars Goetia portant le numéro 56 pour Gremory
Sceau de l'Ars Goetia 56. Signe linéaire distinct reproduit à partir de l'édition du domaine public de 1916. Consulter la notice du sceau

Le Breton place une cavalière couronnée et digne sur un grand chameau, tirant parti du cou et des pattes de l'animal pour créer une composition verticale. Les draperies et la couronne signalent la silhouette humaine, tandis que la selle et les rênes la relient fermement à sa monture. Cette posture sereine exprime le rang ; le temps et les trésors enfouis restent en dehors de la scène visible.

La description de la Goetia rend la couronne plus singulière encore en l'attachant autour de la taille de Gremory plutôt qu'en la posant sur sa tête. Le Breton s'en tient à la femme couronnée plus simple du Dictionnaire. Le sceau de la Goetia introduit une autre figuration, sans pouvoir trancher sur l'emplacement de la couronne.

Gomory et l'esprit 56 de l'Ars Goetia

Les deux sources présentent un duc sous la forme d'une femme chevauchant un chameau, rattachent ses fonctions au passé, au présent, à l'avenir ainsi qu'aux trésors cachés, et lui accordent vingt-six légions. Gomory, Gremory et Gamori sont des variantes onomastiques articulées autour de ce noyau stable.

Le Dictionnaire pose la couronne ducale sur la figure de manière habituelle et s'arrête au temps et aux trésors. La Goetia précise qu'il s'agit d'une belle femme, place une couronne de duchesse à sa ceinture et ajoute la procuration contraignante de l'amour des femmes. La couronne portée sur la tête par Le Breton suit donc l'article français plutôt que le détail imprimé anglais.

Comparaison pratique : où se trouve la couronne ?

Localisez la couronne chez trois témoins. Le Dictionnaire se contente d'indiquer que Gomory porte une couronne ducale ; la gravure la pose sur sa tête ; le texte de la Goetia attache une couronne de duchesse autour de sa taille. Il s'agit d'une divergence précise, qu'il convient de constater sans réduire l'une des sources à une version négligée d'une autre.

Cet exercice montre pourquoi une illustration doit être comparée à sa propre page avant d'être utilisée pour visualiser un ouvrage différent. La composition de Le Breton résout fidèlement l'ambiguïté française, tandis que la Goetia conserve un détail singulier au niveau de la taille ainsi que son propre sceau. Les attributions relatives au temps et aux trésors demeurent stables par-delà ce désaccord visuel, ce qui fait de l'emplacement de la couronne une variante locale identifiable plutôt qu'une raison de scinder ces figures en entités distinctes.

Notices des sources textuelles et iconographiques primaires

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