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WitchcraftDaily

Rituels, significations et traditions magiques

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COLLIN DE PLANCY · PARIS · 1818–1863

Caym : portrait dans le Dictionnaire Infernal et comparaison avec la Goetia

Ouvrages de référence indigo, une page vierge ouverte et une loupe.

Le Dictionnaire Infernal grave Caym sous la forme d'un oiseau armé d'une épée ; l'esprit 53 de l'Ars Goetia, Caim, dispute et interprète la voix des animaux et des eaux.

Le Caym de 1863 par Le Breton fusionne le merle et l'épée en un seul être, bien que le dictionnaire assigne l'arme à une forme humaine ultérieure ; l'Ars Goetia 53 l'orthographie Caim.

Vedette 1863
Caym
Ars Goetia
N° 53 · Président
Légions
Dictionnaire 30 · Goetia 30

Ce que dit la notice de Collin de Plancy sur Caym

Sous la graphie Caym, le dictionnaire dépeint un grand président qui se manifeste habituellement sous la figure d'un merle. Sous forme humaine, il répond du milieu d'un brasier ardent et porte un sabre affûté. Collin de Plancy le qualifie de sophiste le plus habile de l'enfer, le rattache à une célèbre dispute attribuée à Luther et compte le chant des oiseaux, le mugissement des bœufs, les aboiements des chiens et le murmure des eaux parmi les bruits dont il sait donner le sens. Une variante humaine parée d'une queue de paon et trente légions complètent la notice.

La joute oratoire et l'interprétation constituent les axes directeurs. La notice part d'un talent de rhétoricien pour aborder l'art d'entendre un sens dans les bruits non humains, avant de multiplier les corps possibles où se loge cette intelligence. L'anecdote touchant Luther élargit une fonction de catalogue aux dimensions de l'histoire culturelle, tandis que les flammes et l'épée fournissent une matière très concrète à l'illustrateur.

Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton

Gravure de Louis Le Breton figurant Caym sous la forme d’un oiseau noir brandissant une longue épée
Caym, portrait de 1863. Illustration de Louis Le Breton issue de la sixième édition ; domaine public. Fiche de l'image ↗
Sceau de l'Ars Goetia portant le numéro 53 pour Caim
Sceau de l'Ars Goetia 53. Signe linéaire distinct reproduit à partir de l'édition du domaine public de 1916. Consulter la notice du sceau

La gravure s'arrête sur le premier stade aviaire en l'équipant de la longue épée signalée pour l'incarnation humaine qui suit. Un oiseau sombre et ramassé apparaît de profil tandis que la lame trace une vigoureuse diagonale claire sur le fond nu. Cette alliance condense la métamorphose en un seul emblème : l'oiseau et l'arme se manifestent de concert alors même que la notice les introduit lors d'étapes distinctes.

Le parti composite de Le Breton procède d'un choix analytique plutôt que d'un décalque scrupuleux du texte. L'épée permet au petit volatile de porter toute la puissance contradictoire du disputeur, et sa taille imposante rend la silhouette immédiatement lisible dans la largeur d'une colonne. Le sceau goétique placé auprès du numéro 53 n'offre ni oiseau ni épée ; il identifie sa place dans le catalogue par un jeu de lignes autonome.

Caym et l'esprit 53 de l'Ars Goetia

La Goetia débute elle aussi par une grive ou un oiseau, le métamorphose en un homme muni d'une épée, place sa voix au milieu de cendres incandescentes, lui attribue le talent de la dispute et la prescience de l'avenir, lui fait interpréter le cri des bêtes et le bruit des eaux, et lui accorde trente légions. Camio, Caim et Caym ne sont que des variations orthographiques autour d'un même fonds hérité.

Le Dictionnaire érige le débatteur en modèle suprême des enfers, y adjoint l'épisode luthérien, identifie l'oiseau à un merle et lui ajoute une aigrette et une queue de paon. La Goetia étend les voix perçues à d'autres créatures ainsi qu'à des charbons ardents, sans retenir l'anecdote de réception luthérienne. Aucune des deux sources n'impose au portrait d'amalgamer l'oiseau et le glaive ; ce choix relève de la seule initiative de l'illustrateur.

Comparaison pratique : comment deux états deviennent un emblème unique

Dressez un tableau à deux colonnes intitulé « état aviaire » et « état humain ». Le merle relève de la première colonne ; l'épée et la prise de parole au sein du brasier appartiennent à la seconde. Le Breton réunit l'oiseau et l'épée dans un même cadre mais écarte le corps humain et le brasier. L'image bien connue qui circule aujourd'hui constitue donc une synthèse visuelle, et non l'illustration littérale d'une seule phrase continue.

Ce léger décalage livre un précieux indice documentaire. Il montre un illustrateur choisissant des attributs pour frapper le regard et rythmer sa page, tandis que la prose préserve la métamorphose et sa succession chronologique. Lire de concert le portrait et la notice permet de reconstituer cette chronologie qu'une gravure isolée fait disparaître.

Notices des sources textuelles et iconographiques primaires

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