L'Amon de 1863 par Le Breton réunit une tête de chouette et une queue de serpent, figeant la métamorphose entre le loup cracheur de flammes et la forme humaine commune au 7e esprit de l'Ars Goetia.
- Vedette 1863
- Amon
- Ars Goetia
- N° 7 · Marquis
- Légions
- Dictionnaire 40 · Goetia 40
Ce que dit l'article Amon de Collin de Plancy
Amon ou Aamon est un puissant marquis qui paraît d'abord sous la forme d'un loup crachant des flammes avec une queue de serpent. Sa transformation humaine ne retient que le corps de l'homme : une tête semblable à celle d'une chouette et des dents canines acérées maintiennent le caractère composite. Il connaît le passé et l'avenir et réconcilie les amis fâchés, avec quarante légions sous son commandement. Collin de Plancy y adjoint ensuite un parallèle égyptien avec Amon ou Amoun, passant du catalogue de grimoire à l'histoire des religions.
Les deux volets de la notice répondent à des démarches distinctes. Le premier transmet le rang, le corps, les fonctions et la troupe hérités des nomenclatures démonologiques. Le second associe ce nom à une divinité suprême égyptienne d'apparence humaine bleue. Ce rapprochement témoigne des habitudes comparatistes du XIXe siècle, mais ne prouve en rien que le marquis de la Goetia et la divinité égyptienne soient historiquement identiques.
Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton


Le Breton se concentre sur le corps métamorphosé. Une silhouette musclée, partiellement humaine, est accroupie vers l'avant sous une tête de rapace nocturne pourvue de cornes, tandis qu'une épaisse queue de serpent s'enroule derrière elle. La posture basse et la gueule ouverte donnent à la créature l'air d'être prête à bondir. La flamme s'efface au profit de l'anatomie, laissant les dents, les serres, la fourrure et les écailles porter la description de l'hybride.
La gravure associe des caractéristiques nommées à des étapes différentes au lieu d'exposer séparément les formes de loup et d'homme. Le sceau d'Amon dans la Goetia ne renferme aucun portrait animalier ; c'est le signe imprimé attribué au numéro 7. La juxtaposition de ces pièces permet au lecteur de confronter la synthèse d'un illustrateur à l'identifiant abstrait d'un inventaire.
Amon et le 7e esprit de l'Ars Goetia
Les deux sources qualifient Amon de marquis, débutent par un loup doté d'une queue de serpent, poursuivent par une silhouette humaine à tête d'oiseau, relient le souffle au feu, lui attribuent la science du passé et de l'avenir et lui conservent quarante légions. La réconciliation des amis brouillés est également partagée.
La Goetia prête en outre à Amon le pouvoir de fomenter des querelles, créant une double faculté de division et de concorde. Sa tête transformée y est décrite comme celle d'un corbeau, tandis que le texte français et l'illustration de Le Breton retiennent la chouette. Le Dictionnaire ajoute la comparaison égyptienne et qualifie Amon d'esprit particulièrement solide ou fidèle parmi les princes infernaux.
Comparaison pratique : corbeau, chouette et la question d'une tête redessinée
Concentrez-vous sur la tête métamorphosée. L'imprimé de la Goetia mentionne un corbeau ; le dictionnaire français indique une chouette ; la gravure propose des yeux arrondis et une silhouette ornée d'aigrettes qui appuient la lecture de la chouette. Tout le reste du corps sous le cou peut demeurer semblable tandis qu'un seul vocable d'oiseau, traduit ou hérité, altère la nature du portrait. Le sceau ne permet pas de trancher, car il ne figure aucun des deux oiseaux.
Cette comparaison concrète met en lumière une véritable variante textuelle au lieu de la fondre sous la désignation vague de « tête d'oiseau ». La chouette de Le Breton relève spécifiquement de la présentation de 1863 et reflète la solution graphique adoptée par cette édition. Elle ne se substitue nullement à la leçon du corbeau conservée par la tradition de la Goetia.
