LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE VII EN DÉTAIL
Pour l'aide d'Indra
Avec Indra, avec fureur puissions-nous terrasser ceux qui jouent le rôle d'ennemis, frappant les Vritras irrésistiblement.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.93 (98) sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ
À Indra : pour obtenir du secours
Lire l'hymne de comparaison VII.92 (97) (1 verset)
Que cet Indra, salvateur et bienfaisant, tienne éloignée de nous toute haine; puissions-nous demeurer dans les faveurs de cet être vénérable, ainsi que dans son excellente bienveillance.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.92 (97) sur Wikisource ↗
Avec Indra, avec fureur
Le vers s'ouvre en plaçant les fidèles « avec Indra » et « avec fureur ». Ces formules remplissent des fonctions distinctes. La première revendique une alliance divine, tandis que la seconde reconnaît une intensité émotionnelle au sein du groupe qui s'exprime. Le souhait suivant est de surmonter ceux qui « jouent les ennemis », une expression qui formule l'opposition selon le seul regard des officiants plutôt que de nommer un agresseur avéré. Aucune bataille précise ni aucun adversaire concret n'y est consigné. La brièveté de l'hymne accentue le rapport entre allégeance et animosité : avant même que le moindre récit ne prenne forme, l'officiant a déjà choisi son camp et réclamé la force d'Indra à son profit. C'est pourquoi un exposé général sur les multiples visages d'Indra manquerait le propos singulier de VII.93.
Vṛtra en guise de précédent
La formule finale en vient à frapper les Vṛtras. Le pluriel rappelle le paradigme mythique d'Indra triomphant des forces d'obstruction, mais il peut aussi faire apparaître les ennemis comme des incarnations récurrentes d'un adversaire divin. Ce procédé confère de la majesté sans fournir de précision historique. Le poème n'explique ni qui sont ces adversaires ni quelle faute ils ont commise. Il invite une victoire mythique à cautionner un succès humain espéré. De telles analogies abondent dans la poésie religieuse véhémente, mais elles demeurent de purs rapprochements rhétoriques. Les interpréter comme la preuve que les ennemis étaient monstrueux reviendrait à effacer la limite entre les dires de l'officiant et nos connaissances objectives. Le vers puise son énergie dans la condensation de tout ce passage au sein d'une conclusion incisive.
Un hymne d'un seul verset dans une brève suite
VII.91, VII.92 et VII.93 se présentent comme des appels à Indra d'un seul verset voisins dans la disposition de Śaunaka, bien que leurs requêtes varient. VII.91 souhaite que la haine soit subjuguée et demande l'absence de peur ; VII.92 souhaite que la haine soit maintenue au loin ; VII.93 demande explicitement de terrasser les ennemis avec fureur. L'ordre compose une progression instructive allant de la sécurité à l'éloignement, puis à la victoire agressive, mais il ne prouve pas que ces trois versets aient été composés sous la forme d'une trilogie dramatique figée. Whitney note que tous trois sont absents du témoin de la Pāippalāda. Cette absence a son importance car elle limite toute affirmation d'une séquence atharvavédique universelle. Nous pouvons analyser la juxtaposition selon Śaunaka tout en gardant visible la limite propre aux témoins.
Une formulation parallèle et des confins incertains
Whitney signale un parallèle à VII.93 dans d'autres recueils védiques et note plusieurs termes divergents. La forme du texte imprimé pour « puissions-nous être » est contestée entre les leçons des manuscrits et la tradition phonétique, tandis qu'un texte parallèle modifie le mot traduit par « fureur ». Whitney envisage même une leçon moins spécifique au mythe pour le terme final, à savoir « adversaires » plutôt que Vṛtras. Ce ne sont pas des notes de bas de page purement décoratives. Une variation dans le terme émotionnel ou dans le nom de l'ennemi final peut modifier la netteté avec laquelle le mythe est introduit dans le conflit humain. Le souhait central de l'emporter grâce à Indra demeure, mais les affirmations précises sur la psychologie du verset et l'image de l'ennemi doivent reconnaître l'incertitude textuelle transmise.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Une comparaison développée
Lisez VII.93.1 en regard de VII.92.1. VII.92 demande à Indra, généreux en secours, d'éloigner la haine et d'accorder sa faveur aux locuteurs. VII.93 demande que les locuteurs, avec Indra et la fureur, terrassent ceux qui se posent en ennemis. Le premier définit la sécurité comme une mise à distance de l'hostilité ; le second s'oriente vers la victoire sur sa source présumée. Tous deux sont brefs et ne désignent aucun adversaire précis, de sorte que leur différence réside dans l'orientation et la voix, non dans une issue documentée. Whitney signale que VII.93 possède un parallèle avec des variantes dans d'autres textes védiques et que les deux hymnes sont absents de la Pāippalāda. La limite du témoin restreint ce contraste à l'ordonnancement reçu.
