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Atharvaveda · Malédictions et ennemis

Une pierre sur la matrice : Atharvaveda VII.35

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda VII.35 est une unité de trois versets dont le premier invoque Jātavedas contre des rivaux et pour la bonne fortune royale, tandis que les deux suivants s'adressent à une femme et imaginent bloquer sa fertilité au moyen d'une pierre. La jonction est malaisée. Whitney lui-même doute que les trois versets aient appartenu originellement à un même ensemble, bien que la division reçue les maintienne unis. Lire honnêtement cette rupture révèle la manière dont une parole corporelle coercitive peut côtoyer une formule de rang public dans ce témoin textuel.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

VII.35(36)

ATHARVAVEDA · LIVRE VII EN DÉTAIL

Contre une (femme) rivale

  1. Accable par la puissance [nos] autres rivaux; rejette en arrière, ô Jātavedas, ceux qui ne sont pas nés; comble cette royauté vers la bonne fortune; que tous les dieux se réjouissent derrière lui.

  2. Ces cent veines qui sont tiennes, et les mille conduits, de tous ceux qui t'appartiennent j'ai scellé l'ouverture d'une pierre.

  3. De la partie supérieure de ta matrice je fais la partie inférieure; qu'il n'y ait pour toi ni descendance, ni enfantement; je te rends stérile (asū́), sans descendance; je fais d'une pierre ton couvercle.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.35 (36) sur Wikisource ↗

VII.34(35)

ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ

À Agni : contre les ennemis

Lire l'hymne de comparaison VII.34 (35) (1 verset)
  1. Ô Agni, repousse mes rivaux déjà nés; rejette en arrière, ô Jātavedas, ceux qui ne sont pas nés; foule aux pieds ceux qui veulent [me] combattre; puissions-nous être sans faute pour toi devant Aditi.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.34 (35) sur Wikisource ↗

Une ouverture qui semble appartenir au passage voisin

Le verset 1 reprend une ouverture consacrée au feu et aux rivaux très proche de VII.34. Il demande à Jātavedas d'éloigner les rivaux nés et de refouler ceux à naître, puis s'oriente vers la bonne fortune d'un royaume et la faveur des dieux. C'est un registre politique, et non encore une adresse directe à la femme des versets 2 et 3. D'autres parallèles védiques partagent cette première moitié tout en différant dans leur suite. Selon Whitney, la version Pāippalāda du premier verset de VII.35 modifie sa finale. L'ouverture possède donc un historique de rattachement à des dénouements variés, et l'on ne saurait la forcer à présager l'atteinte corporelle qui lui succède.

Un corps numéroté devient un passage scellé

Le verset 2 mentionne cent veines et mille conduits, puis conçoit d'en couvrir toutes les ouvertures avec une pierre. Les nombres confèrent au corps une impression de complexité et d'abondance, tandis que la pierre inverse cette profusion en en scellant les passages. Il s'agit d'un acte de coercition imaginé contre la capacité reproductrice d'une femme, et non d'une prière bienveillante pour la santé. Le verset n'explique pas l'anatomie selon des concepts modernes, et il serait trompeur de lire ses chiffres comme une réalité biologique mesurée. Sa rhétorique relève de la totalisation : chaque voie envisagée par l'énonciateur doit être obstruée. La pierre procure un objet matériel, dur et visible, à ce vœu d'entrave.

Le troisième verset explicite l'intention

Le verset 3 renverse la matrice par la parole, refuse toute progéniture et tout enfantement, et réitère la présence de la pierre comme couvercle. Le passage des multiples canaux imaginés du verset 2 à l'ordre direct asséné sur la matrice dissipe le moindre doute quant à l'intention hostile. Whitney signale une divergence de manuscrits entre les variantes d'une ligne portant sur la naissance ou sur un fils, mais la cible générale de la fertilité demeure sans équivoque. La voix de l'énonciateur revendique un pouvoir sur le corps d'autrui. Les lecteurs modernes n'ont nul besoin d'adhérer à cette prétention pour comprendre le texte historique. Le poème n'offre par ailleurs aucune preuve que quiconque soit devenu stérile après sa récitation.

La discontinuité fait partie des éléments de preuve

Whitney qualifie la discordance entre le verset 1 et les versets 2 et 3 de si prononcée qu'il est malaisé de concevoir cet ensemble comme un unique hymne originel cohérent. Pourtant, les manuscrits de référence ne divergent pas quant à sa division transmise. Cette tension est enrichissante : l'histoire textuelle sait conserver une combinaison disparate plutôt qu'un plan d'auteur parfaitement harmonisé. VII.34 permet d'isoler la formule partagée du premier verset, tandis que les versets ultérieurs de VII.35 révèlent sa réaffectation, dans un usage plus tardif, au sein d'un rite hostile visant les femmes. Un rituel contemporain adossé à cette page est une adaptation inventée. Il ne doit jamais être présenté comme l'exacte pratique antique ni comme la preuve d'un effet quelconque sur la fécondité.

Un travail magique moderne distinct

L'imagerie de la pierre et de la matrice inversée de VII.35 vise à porter préjudice à la fertilité ; l'analyse précédente rend cette intention explicite. Racines Séparées est une alternative récemment composée, utilisant des plantes entières et autonomes pour explorer la rivalité et les limites personnelles. Elle ne formule aucune requête sur la fécondité d'autrui et laisse l'avenir de chaque personne libre.

Une comparaison développée

Lisez l'unique verset de VII.34 aux côtés de VII.35.1 : chacun commence par implorer le feu d'écarter les rivaux. VII.34 s'achève avec des combattants soumis à l'énonciateur et l'innocence devant Aditi ; VII.35.1 se conclut par la fortune royale. Ensuite, VII.35.2-3 pivote pour obturer d'une pierre les ouvertures reproductrices d'une femme. La comparaison met en évidence une entrée en matière commune et mobile, ainsi qu'un troublant changement de cible au sein de l'unité transmise en trois versets. Cette disparité est un témoignage à analyser, et non un défaut à occulter. L'image de la pierre fait des versets ultérieurs une coercition corporelle, bien plus précise et déconcertante que la formule modulable contre les rivaux placée à leur début.

Textes sources et études

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