LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE XIX EN LUMIÈRE
Aux astérismes lunaires : pour des bénédictions
Cherchant la faveur des êtres prodigieux au nombre de vingt-huit (?), brillant ensemble dans le ciel, toujours en mouvement, se hâtant dans la création (bhúvana), j'honore (sapary) par des chants les jours, le firmament (nā́ka).
Faciles à invoquer pour moi [soient] les Kṛittikās et Rohiṇī ; que Mṛigaçiras soit excellent, [et] qu'Ārdrā apporte la santé (çám) ; soient les deux Punarvasus la douceur, Pushya ce qui est agréable, les Āçleshās la lumière (bhānú), les Maghās le progrès (áyana) ⌊pour moi⌋.
Que les premières Phalgunīs et Hasta soient ici de bon augure (púṇyam) ; que Chitrā soit propice, et Svāti aisé (sukhá) pour moi ; que les deux Viçākhās soient libéralité (rā́dhas), Anurādhā facile à invoquer, Jyeshṭhā un bon astérisme, Mūla indemne.
Que les premières Ashāḍhās me donnent de la nourriture ; que les suivantes apportent le rafraîchissement ; qu'Abhijit me donne ce qui est auspicieux ; que Çravaṇa [et] les Çravishṭhās procurent une belle prospérité.
Lire le verset restant 1 de XIX.7
Que Çatabhishaj [m'apporte] amplement ce qui est grand ; que les doubles Proshṭhapadās [m'apportent] une bonne protection (suçárman) ; que Revatī et les deux Açvayuj m'apportent la fortune ; que les Bharaṇīs m'apportent la richesse.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.7 sur Wikisource ↗
ATHARVA-VÉDA · LIVRE XIX ÉGALEMENT CITÉ
Pour le bien-être : aux astérismes, etc.
Lire l'hymne de comparaison XIX.8 (7 versets)
Quels que soient les astérismes dans le ciel, dans l'atmosphère, dans les eaux, sur la terre, ceux qui sont dans les montagnes, dans les directions cardinales, ceux que la lune s'en va préparer (pra-kḷp), que tous ceux-là me soient propices.
Que ceux de la série des vingt-huit, propices, secourables, m'attribuent ensemble l'acquisition (yóga) ; je m'avance vers l'acquisition et la possession (kṣéma) ; je m'avance vers la possession et l'acquisition ; hommage soit rendu au jour et à la nuit.
Que tout aille bien pour moi au coucher du soleil (?), bien au petit matin, bien au soir, bien le jour ; que tout aille bien pour moi avec les bêtes, bien avec les oiseaux ; toi dont l'invocation est aisée, ô Agni, étant allé avec le bien-être vers un mortel, reviens en jouissant de ce bien.
La médisance, les mauvais commérages, le reproche, les éternuements à leur sujet (?), ô Savitar, chasse-les (suva) pour moi les mains vides (?), avec tout le reste.
[Chasse] au loin le mauvais éternuement d'alentour ; puissions-nous jouir (bhaj) d'un éternuement propice (púṇya) ; que le chacal au vilain museau et le púṇyaga urinent sur [lui] pour toi.
Ces choses (fém.), ô Brahmaṇaspati, qui s'en vont en se dispersant sur le vent, toi, ô Indra, en les rassemblant, rends-les-moi des plus propices.
Que le bien-être soit nôtre ; que l'intrépidité soit nôtre ; hommage soit rendu au jour et à la nuit.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.8 sur Wikisource ↗
Un hymne qui traverse le ciel en nommant chaque étoile
XIX.7 s'ouvre en s'adressant à un ensemble lumineux dans le ciel et sollicite sa faveur. Whitney estime par conjecture que le nombre initial s'élève à vingt-huit, s'appuyant sur la série elle-même et un hymne suivant, tandis que sa note fait état d'une leçon ardue dans le manuscrit. Ce poème de cinq versets nomme ensuite les astérismes par groupes successifs plutôt que d'exposer une cosmogonie. Sa structure est celle d'une litanie: chaque segment relie des noms aux bénédictions espérées, invitant les demeures ordonnées du ciel à devenir propices à l'orateur. La suite stellaire commence par les Kṛttikā et comprend Abhijit, ce qui explique le compte de vingt-huit établi par Whitney. Cet agencement historique requiert l'attention avant qu'un lecteur actuel n'y projette une autre liste de nakshatra ou une application contemporaine de calcul des heures propices. Le poème sollicite la bienveillance des figures nommées; il ne dresse pas le thème natal d'un individu.
Les bénédictions sont précises, non une chance uniforme
Le deuxième verset recherche l'aisance de l'invocation, la santé, l'agrément, la lumière et le progrès à mesure que défilent les noms. Le troisième aborde la bonne fortune et la protection avec une autre suite d'astérismes. Le verset 4 demande aux premières Ashāḍhā la nourriture et aux secondes le rafraîchissement, puis à Abhijit ce qui est propice, et à Śravaṇa ainsi qu'aux Śraviṣṭhā la prospérité. Le verset final parvient à la protection, à la fortune et à la richesse. Cette variété compte: l'hymne n'est pas une simple affirmation selon laquelle une demeure lunaire donnée serait favorable à toute entreprise. Il distribue des espoirs distincts au long d'un cortège de noms. Interpréter la liste comme une assurance générale ferait perdre les requêtes précises qui confèrent à chaque verset son relief.
XIX.8 change la portée de l'appel
L'hymne suivant, XIX.8, demande que les astérismes du ciel, de l'atmosphère, des eaux, de la terre, des montagnes et des directions cardinales soient propices. Son deuxième verset lie leur secours à l'acquisition et à la garde vigilante, puis salue le jour et la nuit; son troisième demande le bien-être à travers les moments du jour. La séquence nommée de XIX.7 n'est donc pas la seule manière dont ce recueil envisage la faveur céleste. XIX.8 étend les astérismes en une supplique embrassant le monde et ajoute une ampleur temporelle plus explicite. Comparer les deux permet de clarifier la distinction entre énumérer des stations précises du ciel et solliciter un bien-être d'ensemble où qu'elles soient. Dans l'ancien article de cosmogonie, I.32 et X.7 interrogeaient les origines et le soutien cosmique, un problème intellectuel distinct; cette mise au point réécrite suit plutôt la source de fortune cartographiée.
Le créneau de l'étoile choisie est contemporain
Le bienfait associé, « Fortune sous des astérismes lunaires favorables », et La Fenêtre stellaire choisie relèvent d'un cadre éditorial et d'un rituel contemporains. XIX.7 formule des espoirs de bénédictions, mais ne garantit pas qu'un pratiquant puisse choisir un moment précis pour assurer un résultat. Il est absent du témoin de Paippalāda d'après Whitney, et plusieurs leçons de son énumération exigent un arbitrage éditorial. Ces réalités textuelles importent davantage qu'une assurance moderne relative à un timing propice rigoureux. L'hymne historique fournit une succession de destinataires désignés et de requêtes différenciées; XIX.8 propose une supplique plus vaste. Le travail rituel contemporain peut s'inspirer de cet ordre céleste, mais le rite particulier du site et tout résultat promis sont des inventions, non la restitution de ces versets.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Suivre la nourriture, la sécurité et l'ensemble du ciel
Lisez attentivement XIX.7.4: on y demande de la nourriture aux premières Ashāḍhā, un rafraîchissement aux secondes, un sort propice à Abhijit, et la prospérité à Śravaṇa ainsi qu'aux Śraviṣṭhā. Le verset répartit des espoirs différents au sein d'une séquence de noms. Lisez à présent XIX.8.1–3, où les astérismes du ciel, des eaux, de la terre et des directions sont priés de favoriser le requérant par l'acquisition, la préservation et les moments du jour. Le premier hymne ordonne une litanie de noms singuliers; le second élargit le champ géographique et le cadre temporel. Aucun ne fournit d'algorithme moderne pour élire une heure faste. Cette mise en parallèle montre comment le thème de la fortune céleste peut reposer sur des bases historiques sans prétendre à une certitude divinatoire.
