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Atharvaveda · Fortune et succès

Atharvaveda XIX.8 : acquérir et conserver ce que l'on possède

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda XIX.8 demande le bien-être aux astérismes et, dans son deuxième verset, oscille entre acquisition et possession. Ce langage jumelé est bien plus proche de l'action d'acquérir et de préserver des biens que des interrogations de X.7 sur le Skambha et la structure de la création. XIX.7, l'hymne voisin consacré aux astérismes, offre une comparaison utile : il sollicite des bénédictions particulières, tandis que XIX.8 énonce un cycle d'obtention et de conservation. Aucun des deux hymnes ne garantit la propriété ni n'empêche la perte.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

XIX.8

ATHARVAVEDA · LIVRE XIX EN LUMIÈRE

Pour le bien-être : aux astérismes, etc.

  1. Quels que soient les astérismes dans le ciel, dans l'atmosphère, dans les eaux, sur la terre, ceux qui sont dans les montagnes, dans les directions cardinales, ceux que la lune s'en va préparer (pra-kḷp), que tous ceux-là me soient propices.

  2. Que ceux de la série des vingt-huit, propices, secourables, m'attribuent ensemble l'acquisition (yóga) ; je m'avance vers l'acquisition et la possession (kṣéma) ; je m'avance vers la possession et l'acquisition ; hommage soit rendu au jour et à la nuit.

  3. Que tout aille bien pour moi au coucher du soleil (?), bien au petit matin, bien au soir, bien le jour ; que tout aille bien pour moi avec les bêtes, bien avec les oiseaux ; toi dont l'invocation est aisée, ô Agni, étant allé avec le bien-être vers un mortel, reviens en jouissant de ce bien.

  4. La médisance, les mauvais commérages, le reproche, les éternuements à leur sujet (?), ô Savitar, chasse-les (suva) pour moi les mains vides (?), avec tout le reste.

Lire les 3 versets restants de XIX.8
  1. [Chasse] au loin le mauvais éternuement d'alentour ; puissions-nous jouir (bhaj) d'un éternuement propice (púṇya) ; que le chacal au vilain museau et le púṇyaga urinent sur [lui] pour toi.

  2. Ces choses (fém.), ô Brahmaṇaspati, qui s'en vont en se dispersant sur le vent, toi, ô Indra, en les rassemblant, rends-les-moi des plus propices.

  3. Que le bien-être soit nôtre ; que l'intrépidité soit nôtre ; hommage soit rendu au jour et à la nuit.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.8 sur Wikisource ↗

XIX.7

ATHARVA-VÉDA · LIVRE XIX ÉGALEMENT CITÉ

Aux astérismes lunaires : pour des bénédictions

Lire l'hymne de comparaison XIX.7 (5 versets)
  1. Cherchant la faveur des êtres prodigieux au nombre de vingt-huit (?), brillant ensemble dans le ciel, toujours en mouvement, se hâtant dans la création (bhúvana), j'honore (sapary) par des chants les jours, le firmament (nā́ka).

  2. Faciles à invoquer pour moi [soient] les Kṛittikās et Rohiṇī ; que Mṛigaçiras soit excellent, [et] qu'Ārdrā apporte la santé (çám) ; soient les deux Punarvasus la douceur, Pushya ce qui est agréable, les Āçleshās la lumière (bhānú), les Maghās le progrès (áyana) ⌊pour moi⌋.

  3. Que les premières Phalgunīs et Hasta soient ici de bon augure (púṇyam) ; que Chitrā soit propice, et Svāti aisé (sukhá) pour moi ; que les deux Viçākhās soient libéralité (rā́dhas), Anurādhā facile à invoquer, Jyeshṭhā un bon astérisme, Mūla indemne.

  4. Que les premières Ashāḍhās me donnent de la nourriture ; que les suivantes apportent le rafraîchissement ; qu'Abhijit me donne ce qui est auspicieux ; que Çravaṇa [et] les Çravishṭhās procurent une belle prospérité.

  5. Que Çatabhishaj [m'apporte] amplement ce qui est grand ; que les doubles Proshṭhapadās [m'apportent] une bonne protection (suçárman) ; que Revatī et les deux Açvayuj m'apportent la fortune ; que les Bharaṇīs m'apportent la richesse.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.7 sur Wikisource ↗

X.7

ATHARVA-VÉDA · LIVRE X ÉGALEMENT CITÉ

Mystique : sur le skambhá ou charpente de la création

Lire l'hymne de comparaison X.7 (44 versets)
  1. En quel membre de lui se situe la pénitence ? En quel membre de lui est déposé le droit (ṛtá) ? Où se situe [son] vœu (vratá), où est sa foi ? En quel membre de lui la vérité est-elle établie ?

  2. De quel membre de lui flamboie Agni ? De quel membre souffle (pū) Mātariçvan ? De quel membre la lune prend-elle la mesure, mesurant le membre du grand Skambha ?

  3. En quel membre de lui se situe la terre ? En quel membre se situe l'atmosphère ? En quel membre le ciel est-il fixé ? En quel membre se situe ce qui est au-delà du ciel ?

  4. Vers quel but, désireux d'atteindre, Agni flamboie-t-il vers le haut ? Vers quel but, désireux d'atteindre, souffle Mātariçvan ? Vers quel but, désireux d'atteindre, vont les révolutions (āvṛ́t), que ce Skambha [me] le dise : qui donc est-il en vérité ?

  5. Où vont les demi-mois, où vont les mois, en accord avec l'année ? Où vont les saisons, où vont ceux des saisons, que ce Skambha [me] le dise : qui donc est-il en vérité ?

  6. Vers quel but, désirant l'atteindre, courent en accord les deux jeunes filles (yuvatí) de forme diverse, le jour et la nuit ? Vers quel but, désirant l'atteindre, vont les eaux, que ce Skambha [me] le dise : qui donc est-il en vérité ?

  7. En quoi, les ayant établis, Prajāpati a-t-il maintenu tous les mondes, que ce Skambha [me] le dise : qui donc est-il en vérité ?

  8. Ce qui était le plus haut, le plus bas, et ce qui était au milieu, que Prajāpati a créés, de toutes formes, dans quelle mesure Skambha y est-il entré ? Ce qui n'y est pas entré, combien cela représentait-il ?

  9. Dans quelle mesure Skambha est-il entré dans l'existant ? Quelle part de lui s'étend le long de ce qui existera ? L'unique membre qu'il a rendu mille fois grand, dans quelle mesure Skambha y est-il entré ?

  10. Là où les hommes connaissent à la fois les mondes et les réceptacles (kóça), les eaux, le bráhman, au sein desquels [se trouvent] tant le non-existant que l'existant, que ce Skambha [me] le dise : qui donc est-il en vérité ?

  11. Là où la pénitence, s'avançant à grands pas, maintient le vœu supérieur (vratá), là où tant le droit que la foi, les eaux, le bráhman, sont rassemblés, ce Skambha, etc., etc.

  12. En qui la terre, l'atmosphère, en qui le ciel est fixé, où le feu, la lune, le soleil, le vent se tiennent établis (ā́rpita), ce Skambha, etc., etc.

  13. Dans le membre duquel tous les trente-trois dieux sont réunis, ce Skambha, etc., etc.

  14. Où sont les voyants premiers-nés, les versets, le chant, la formule sacrificielle, la grande (mahī́) ; en qui l'unique voyant est fixé, ce Skambha, etc., etc.

  15. Où l'immortalité (amṛ́ta) et la mort sont rassemblées dans l'homme (púruṣa), dont l'océan, les vaisseaux (nāḍī́) sont réunis dans l'homme, ce Skambha, etc., etc.

  16. Dont les quatre directions sont (sthā) les veines abondantes (? prapyasá), où le sacrifice s'est avancé à grands pas, ce Skambha, etc., etc.

  17. Quiconque connaît le bráhman dans l'homme connaît le plus élevé ; quiconque connaît le plus élevé, et quiconque connaît Prajāpati, quiconque connaît le bráhmaṇa suprême, connaît aussi en conséquence (anu-sam-vid) le Skambha.

  18. Dont la tête [était] Vāiçvānara, [dont] l'œil était les An̄giras, dont les membres étaient les démons familiers (yātú), que ce Skambha [me] le dise : qui donc est-il en vérité ?

  19. Dont ils appellent le bráhman la bouche, le fouet de miel également la langue, dont ils appellent le virā́j le pis, ce Skambha, etc., etc.

  20. À partir de qui ils ont façonné les versets, à partir de qui ils ont extrait par raclage la formule sacrificielle, dont les chants [sont] les poils (lóman), les Atharvans et les An̄giras la bouche, ce Skambha, etc., etc.

  21. La branche du non-existant, se dressant, les hommes la reconnaissent d'une certaine façon comme la chose la plus haute ; les êtres inférieurs qui adorent (upa-ās) ta branche la considèrent aussi [comme ?] la chose existante.

  22. Là où à la fois les Ādityas, les Rudras et les Vasus sont réunis ; là où ce qui est et ce qui doit être, [et] tous les mondes sont établis, que ce Skambha [me] le dise : qui donc est-il en vérité ?

  23. Dont les trente-trois dieux défendent sans cesse le trésor (nidhí) : ce trésor que vous défendez, ô dieux, qui le connaît à présent ?

  24. Là où les dieux connaissant le bráhman adorent le bráhman suprême, quiconque en vérité les connaît face à face (pratyákṣam), celui-là peut être un Brahmane (brahmán), un connaisseur.

  25. Grands (bṛhánt) de nom [sont] ces dieux qui sont nés du non-existant ; cet unique membre de Skambha, les hommes l'appellent le non-existant au-delà.

  26. Là où le skambhá, générant vers l'extérieur, a déployé l'ancien, cet unique membre du skambhá, ils le reconnaissent également [comme] l'ancien.

  27. Dans le membre duquel les trente-trois dieux se sont partagé séparément les membres (gā́tra), ces trente-trois dieux en vérité, seuls (éka) les connaisseurs du bráhman les connaissent.

  28. Les hommes connaissent l'embryon d'or [comme] le plus haut, qu'on ne peut surpasser par la voix (anatyudyá) ; le skambhá au commencement a répandu cet or au sein du monde.

  29. Dans le skambhá les mondes, dans le skambhá la pénitence, dans le skambhá le droit est fixé ; toi, ô skambhá, je te sais manifestement [comme] entièrement fixé en Indra.

  30. En Indra les mondes, en Indra la pénitence, en Indra le droit est fixé ; toi, ô Indra, je te sais manifestement [comme] entièrement établi dans le skambhá.

  31. Nom par nom il appelle à haute voix, avant le soleil, avant l'aube ; dès que le bouc (? ajá) fut venu à l'existence, il parvint à cette autocratie au-delà de laquelle il n'existe rien d'autre.

  32. Dont la terre est le modèle (pramā́) et l'atmosphère le ventre ; qui fit du ciel sa tête, à ce bráhman suprême soit rendu hommage.

  33. Dont le soleil est l'œil, ainsi que la lune qui redevient neuve ; qui fit d'Agni sa bouche, à ce bráhman suprême soit rendu hommage.

  34. Dont le vent [était] souffle inspiré et expiration, [dont] les An̄giras étaient l'œil ; qui rendit les régions de l'espace prespatientes (? prajñā́na), à ce bráhman suprême soit rendu hommage.

  35. Le skambhá soutient ici à la fois le ciel et la terre ; le skambhá soutient la vaste atmosphère ; le skambhá soutient les six vastes directions ; dans le skambhá est entrée cette existence tout entière (bhúvana).

  36. Lui qui, né du labeur, de la pénitence, a pleinement atteint tous les mondes ; qui a fait du soma son bien propre, à ce bráhman suprême soit rendu hommage.

  37. Comment le vent ne cesse-t-il pas (il) ? Comment l'esprit ne se repose-t-il pas (ram) ? Pourquoi (kím) les eaux, cherchant à atteindre la vérité, ne s'arrêtent-elles à aucun moment ?

  38. Un grand monstre (yakṣá) au milieu de la création (bhúvana), s'est avancé (? krāntá) dans la pénitence sur le dos de la mer ; en lui sont fixés (çri) tous les dieux qui existent, comme les branches d'un arbre tout autour du tronc.

  39. Vers lequel avec les deux mains, avec les deux pieds, avec la parole, avec l'ouïe, avec la vue ; vers lequel les dieux rendent (pra-yam) continuellement hommage, lui le non-mesuré dans ce qui est mesuré, que ce skambhá [me] le dise : qui donc est-il en vérité ?

  40. Frappées au loin sont ses ténèbres ; il est séparé du mal ; en lui sont toutes les trois lumières qui sont en Prajāpati.

  41. Celui qui connaît le roseau doré (vetasá) dressé dans la mer, celui-là en vérité est en secret Prajāpati.

  42. Une certaine paire de jeunes filles, de forme diverse, tissent, s'y adonnant, la toile à six chevilles ; l'une tire les fils (tántu), l'autre [les] place ; elles ne les arrachent pas (apa-vṛj), elles n'en viennent pas à bout.

  43. D'elles, comme de deux femmes dansant en rond, je ne discerne pas (vi-jñā) laquelle est au-delà ; un homme (púmāṅs) la tisse, [la] noue ; un homme l'a portée çà et là sur le firmament (nā́ka).

  44. Ces chevilles ont soutenu le ciel ; des chants ils ont fait des navettes pour le tissage.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire X.7 sur Wikisource ↗

Le ciel est appelé de toutes les directions

XIX.8 s'ouvre sur la mention des astérismes dans le ciel, l'atmosphère, les eaux, la terre, les montagnes et les points cardinaux. La course de la Lune s'ajoute à ce vaste tour d'horizon avant que le fidèle ne demande que tout lui soit favorable. Cette ouverture est importante pour le thème de la possession, car le verset suivant ne débute pas par un bien isolé ; il inscrit l'acquisition au sein d'un univers fait d'orientations et de moments propices. La série de vingt-huit astérismes du poème correspond à un système céleste historique, et non à un inventaire moderne. Le verset 1 élargit le champ du soutien espéré, mais il ne nomme aucun objet précis à obtenir ni aucun lieu où conserver des biens précieux.

Le verset 2 transforme l'acquisition en un cycle

Le deuxième verset demande aux vingt-huit d'accorder le yoga, que Whitney traduit par acquisition, puis l'associe de manière répétée au kṣema, la possession ou la sauvegarde. Le commentaire distingue le fait d'obtenir ce qui n'est pas encore acquis de la protection de ce qui a déjà été obtenu. C'est là le mouvement central du texte pour ce bienfait couplé. L'alternance répétée entre l'acquisition et la possession suggère que la prospérité ne s'achève pas à l'instant où une chose est obtenue. Celle-ci doit également demeurer disponible. Le verset se termine par un hommage au jour et à la nuit, prolongeant la préoccupation au-delà d'un seul instant de chance. Il ne propose toutefois aucune méthode pour prémunir les biens modernes contre le vol ou les dégradations.

L'hymne voisin distribue différentes bénédictions

XIX.7 célèbre les astérismes lunaires les uns après les autres. Son quatrième verset demande la nourriture, le rafraîchissement et la prospérité ; son cinquième verset réclame protection, chance et richesse auprès d'étoiles nommées. XIX.8 reprend ce cadre céleste mais condense le résultat dans le couple plus abstrait de l'obtention et de la conservation. Cette nuance est significative. XIX.7 distribue les qualités entre les astérismes nommés ; XIX.8.2 traite d'un rapport récurrent entre une acquisition nouvelle et sa possession durable. Les versets suivants de XIX.8 élargissent le vœu au bien-être de jour comme de nuit, écartent les dénigrements de mauvais augure ainsi que les éternuements, et se concluent par l'intrépidité. Certaines formulations des versets 3–5 étant incertaines, l'argument d'une acquisition sûre repose principalement sur le verset 2.

Skambha et la limite du témoin

X.7 cherche à savoir où se trouvent la vérité, le feu, la terre, l'atmosphère et le ciel dans le Skambha, l'axe cosmique. Il s'agit d'une interrogation métaphysique et non d'une demande de biens domestiques ; un article sur la possession ne devrait donc pas en reprendre le titre. Whitney note que la version Paippalāda ne conserve que XIX.8.4–6 ; le verset décisif sur l'acquisition est absent de ce témoin. Cela restreint les affirmations sur la transmission élargie du verset sans pour autant rendre inutilisable la leçon de Śaunaka. Le bienfait couplé paraphrase le mouvement propre d'acquisition et de possession de XIX.8. Son rituel en six étapes pour les membres relève d'une écriture symbolique contemporaine originale. Aucun de ces textes anciens ne promet l'acquisition et la conservation d'un achat, d'un héritage ou d'une collection en particulier.

Étude de cas : obtenir et conserver sont deux choses distinctes

Comparez XIX.7.5, où des astérismes nommés sont sollicités pour obtenir la chance, la protection et la richesse, avec XIX.8.2, où le fidèle passe de l'acquisition à la possession avant d'inverser cet ordre. Le premier passage offre un ensemble réparti de bénédictions ; le second cherche à vérifier si un gain peut être conservé. XIX.8.7 se termine par le bien-être et l'absence de crainte, mais il ne garantit pas une propriété inaltérable. X.7.2–3 demande au contraire quels membres du Skambha soutiennent le feu, la lune, la terre et le ciel ; ces interrogations d'ordre cosmique ne fournissent pas de possessions. Dans la mesure où la recension Paippalāda ne contient pas XIX.8.2, le couple précis de l'obtention et de la conservation caractérise le texte de Śaunaka retenu ici.

Textes sources et études

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