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Atharvaveda · Malédictions et ennemis

Un troupeau entre le voleur et le tigre : Atharvaveda IV.3

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda IV.3 protège un troupeau en énumérant des menaces que les lecteurs contemporains distinguent d'ordinaire : le tigre, le loup, le voleur, le serpent et le sorcier. Il les imagine d'abord s'écartant sur des routes lointaines, puis décrit avec véhémence la neutralisation des yeux, de la gueule et des griffes d'un tigre. Le voleur figure aux côtés des prédateurs parce que la préoccupation concrète de l'officiant demeure la perte de bétail. Cet hymne constitue l'expression historique de cette inquiétude, et non un traité zoologique ou la preuve matérielle de la présence d'un voleur. Le témoin Pāippalāda omet un vers et modifie l'ordre de plusieurs autres.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

IV.3

ATHARVAVEDA · LIVRE IV EN LUMIÈRE

Contre les bêtes sauvages et les voleurs

  1. D'ici se sont avancés trois: le tigre, l'homme (púruṣa), le loup; puisque, holà! vont les rivières, holà! l'arbre divin de la forêt, holà! que les ennemis s'inclinent.

  2. Par un chemin lointain (pára) que le loup s'en aille, par un très lointain aussi le voleur; par un lointain la corde dentée, par un lointain que se hâte (ṛṣ) le malveillant.

  3. Tant tes (deux) yeux que ta bouche, ô tigre, nous broyons; puis l'ensemble de tes vingt griffes (nakhá).

  4. Le tigre en premier d'entre [les créatures] pourvues de dents nous broyons, sur cela aussi le voleur, puis le serpent, le sorcier, puis le loup.

Lire les 3 versets restants de IV.3
  1. Quel que soit le voleur qui viendra aujourd'hui, qu'il s'en aille brisé; qu'il aille par la dérive (apadhvaṅsá) des chemins; qu'Indra le frappe de la foudre.

  2. Détruites (mūrṇá) [sont] les dents de la bête (mṛgá); enfoncées aussi [sont ses] côtes; qu'en disparition soit pour toi la godhā́; que vers le bas s'en aille (ayat) la bête embusquée (? çaçayú).

  3. Ce que tu contractes (sam-yam), puisses-tu ne pas le détendre (vi-yam); puisses-tu étendre ce que tu ne contractes pas; né d'Indra, né du soma es-tu, broyeur de tigres (-jámbhana) d'Atharvan.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire IV.3 sur Wikisource ↗

IV.36

ATHARVA-VÉDA · LIVRE IV ÉGALEMENT CITÉ

Contre les démons et autres ennemis

Lire l'hymne de comparaison IV.36 (10 versets)
  1. Qu'il les consume par sa force réelle, Agni Vāiçvānara, le taureau; quiconque nous outragera et cherchera à nous nuire, de même quiconque se montrera mesquin envers nous.

  2. Quiconque cherchera à nous faire du tort sans que nous lui en fassions, et quiconque cherche à nous nuire sciemment, entre les deux défenses d'Agni Vāiçvānara je le place.

  3. Ceux qui chassent en criant d'accord (? āgará), en poussant des clameurs opposées (? pratikroçá), au jour de la nouvelle lune, mangeurs de chair, cherchant à nuire à autrui, tous ceux-là je les subjugue par ma puissance.

  4. Je subjugue les piçācas par ma puissance; je m'approprie leurs biens; je frappe à mort tous les insulteurs; que mon dessein s'accomplisse avec succès.

  5. Les dieux qui s'élancent (hās) avec lui, ils mesurent leur vitesse à celle du soleil, avec ces bêtes (paçú) qui se trouvent dans les cours d'eau, sur les montagnes, je suis en parfaite concorde.

  6. Je suis un tourment (tápana) pour les piçācas, tel un tigre pour les possesseurs de bétail; comme des chiens apercevant un lion, ils ne trouvent point de cachette (nyáñcana).

  7. Je ne saurais composer avec les piçācas, ni avec les voleurs, ni avec les êtres sauvages (? vanargú); les piçācas disparaissent du village dans lequel j'entre.

  8. Quel que soit le village où pénètre ce mien pouvoir redoutable, les piçācas en disparaissent; [là] ils ne trament point le mal.

  9. Ceux qui m'irritent en faisant du vacarme, telles des mouches autour d'un éléphant, je les tiens en piètre estime, comme des acariens (?) sur un homme (jána).

  10. Que la perdition lui mette le licou, tel un cheval pris dans son licou (-abhi-dhā́nī); l'insensé (malvá) qui s'emporte contre moi ne sera point délié de ses entraves.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire IV.36 sur Wikisource ↗

L'ouverture établit une catégorie commune de menaces

Le vers 1 regroupe le tigre, l'être humain et le loup comme des silhouettes s'avançant au loin. L'identité de « l'homme » n'est pas précisée, mais le vers suivant nomme un voleur et envoie le loup ainsi que le voleur sur des routes éloignées. Cette association met en lumière l'intérêt structurant du poème. Un prédateur peut s'emparer du bétail par la chasse; un humain peut le dérober par le vol. Du point de vue du propriétaire du troupeau, l'un comme l'autre engendrent disparition et insécurité. Les images de la rivière et de l'arbre de la forêt au début sont d'un abord difficile dans les notes de Whitney; il convient donc de ne pas surévaluer leur signification rituelle exacte. La demande spatiale la plus explicite exige que les visiteurs dangereux aillent ailleurs avant d'atteindre le bétail.

L'anatomie du prédateur devient une cible

Le troisième vers s'adresse à un tigre et imagine ses yeux, sa gueule et ses vingt griffes broyés. Le vers 4 y ajoute les dents, puis englobe voleur, serpent, sorcier et loup dans une même défaite. Ce sont des paroles sévères visant aussi bien les animaux que les humains. Leur précision anatomique ne relève pas d'un constat zoologique neutre; elle nomme les capacités par lesquelles un prédateur capture sa proie. Retirer les yeux, la bouche, les dents ou les griffes dans le poème revient à rendre l'animal incapable de prélever sur le troupeau. L'effet est forgé verbalement. Le texte ne documente pas un acte accompli contre un animal déterminé, et un article contemporain doit conserver la voix historique sans la transformer en instruction pratique.

Le voleur réapparaît sous les traits d'une personne sur la route

Le vers 5 demande que tout voleur arrivant aujourd'hui s'en retourne brisé, sur une route qui s'effondre, tandis qu'Indra le frappe de son foudre. Cette fois, la menace humaine est isolée au lieu d'être fondue dans la liste des animaux. Son évocation de la route reprend le souhait antérieur de voir le loup et le voleur emprunter des chemins lointains. L'hymne persiste à tracer une frontière autour du troupeau en détournant d'éventuels intrus. Le vers 6 devient bien plus obscur; Whitney examine plusieurs leçons incompatibles sur les animaux et leurs mouvements. Cette incertitude invite à décrire la tendance générale d'un bétail menacé, d'une approche déviée et d'assaillants neutralisés plutôt qu'à échafauder un scénario précis pour chaque vocable difficile.

Un hymne villageois ultérieur regroupe les menaces différemment

IV.36 nomme également les voleurs aux côtés des piśācas et d'autres entités redoutées, mais il conçoit la disparition des esprits hors du village dans lequel entre l'énonciateur investi de pouvoir. IV.3 est axé sur le bétail exposé aux prédateurs et à un voleur potentiel. Whitney précise que le Kauśikasūtra emploie IV.3 pour la prospérité et la sécurité des vaches, ce qui représente une application tardive appropriée. La Pāippalāda omet le cinquième vers et ordonne le reste ainsi: 1–3, 7, 6, 4. Le vers particulièrement direct relatif à un voleur qui viendrait aujourd'hui en est donc absent. Les témoins préservent des formes de protection du bétail qui se recoupent sans être identiques. Le texte reçu de Śaunaka rend le vol commis par l'homme particulièrement explicite.

Une même route, deux sortes de périls

Lisez IV.3.2, où loup et voleur sont tous deux renvoyés par des chemins lointains, en regard de IV.3.5, qui isole le voleur arrivant aujourd'hui. Le premier traite le prédateur et le voleur comme des menaces parallèles pour le bétail; le second resserre l'inquiétude sur une venue humaine. Comparez avec IV.36.7, où les voleurs apparaissent aux côtés des piśācas dans un village plutôt qu'auprès d'un troupeau. Ce changement de décor explique pourquoi les catégories se recoupent tout en étant organisées différemment dans les deux hymnes. Le terme « aujourd'hui » dans le vers postérieur confère à la liste plus vaste de prédateurs une urgence humaine immédiate plutôt qu'un paysage intemporel.

Textes sources et études

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