De longues pattes et une couronne font du Stolas de 1863 par Le Breton une chouette élancée ; l'esprit 36 de l'Ars Goetia associe astronomie, plantes et pierres précieuses à ce prince.
- Vedette 1863
- Stolas
- Ars Goetia
- N° 36 · Prince
- Légions
- Dictionnaire 26 · Goetia 26
Ce qu'énonce l'article Stolas de Collin de Plancy
Stolas est un grand prince des enfers qui se montre sous la forme d'un hibou et peut prendre figure humaine devant l'exorciste. Le dictionnaire lui attribue trois domaines de savoirs liés : l'astronomie, les vertus des plantes et la valeur des pierres précieuses. Vingt-six légions le reconnaissent pour général. Cette notice se distingue par sa sobriété, sans anecdote ni digression éditoriale par rapport à la description du catalogue.
Les trois champs d'instruction s'élèvent du ciel à la flore vivante, puis au règne minéral. Cette échelle verticale ordonne le court article sans que Collin de Plancy ne théorise les liens entre ces disciplines. Désigner Stolas comme général en conclusion adjoint une qualification militaire à son rang princier, sans prolonger pour autant le récit.
Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton


Le Breton dote le hibou de très longues pattes, d'un large disque facial et d'une petite couronne flottant au-dessus de la tête. Le corps se tient de face et remplit presque tout le champ vertical, tandis que des ailes sombres encadrent un poitrail pâle. L'anatomie étirée rend cet oiseau familier singulier, sans pour autant lui adjoindre d'outils liés à l'astronomie, aux herbes ou aux gemmes.
Le portrait privilégie la première forme animale et confère son rang par la couronne. L'édition imprimée de la Goetia débute par un corbeau plutôt que par un hibou avant de prendre une forme humaine, tandis que son sceau propose une troisième représentation, purement abstraite. L'image familière du hibou relève ainsi spécifiquement de la formulation textuelle et du programme visuel du dictionnaire français.
Stolas et l'esprit 36 de l'Ars Goetia
Les deux récits qualifient Stolas de prince, mentionnent une métamorphose d'oiseau en forme humaine, enseignent l'astronomie ainsi que la connaissance des herbes et des pierres précieuses, et dénombrent vingt-six légions. Leurs fonctions et leur suite concordent étroitement en dépit de la divergence aviaire.
Le Dictionnaire parle d'un hibou, qualifie les fidèles de légions d'un général et évoque la valeur des pierres. L'édition de la Goetia mentionne un grand corbeau et décrit les vertus des herbes et des pierres précieuses. Cette simple substitution d'oiseau marque profondément l'art ultérieur tout en laissant la fonction intacte.
Comparaison pratique: comment un seul oiseau transforme l'icône
Retirez la légende et demandez-vous quelle source identifierait l'oiseau. La face ronde, le regard frontal et la couronne correspondent au hibou du Dictionnaire, alors qu'ils n'évoquent pas visuellement le corbeau de la Goetia. Rétablissez les textes et la divergence cesse d'être mystérieuse pour devenir traçable. Les mêmes détails sur l'astronomie, les herbes, les pierres et les légions entourent deux oiseaux distincts.
Le portrait constitue un témoignage précieux de l'apparence de Stolas dans l'édition de 1863, et non la preuve que chaque source antérieure ou ultérieure décrivait un hibou. Le sceau de la Goetia demeure utile pour repérer l'esprit 36, mais ne fournit aucune réponse ornithologique. Dans la mesure où les domaines d'enseignement et le total de vingt-six légions ne changent pas, cette variante aviaire peut être isolée sans obscurcir la large concordance entre les notices.
