Le texte de 1863 sur Pursan lui accorde une monture d'ours, pourtant Le Breton ne grave qu'un buste barbu aux longs cheveux et au profil léonin ; l'esprit 20 de l'Ars Goetia s'orthographie Purson.
- Vedette 1863
- Pursan
- Ars Goetia
- N° 20 · Roi
- Légions
- Dictionnaire 22 · Goetia 22
Ce qu'énonce l'article Pursan de Collin de Plancy
Pursan ou Curson est un grand roi infernal au corps humain et à tête de lion. Il porte une couleuvre, monte parfois un ours et marche sans cesse précédé d'une trompette. Le dictionnaire lui attribue la connaissance entière du présent, du passé et de l'avenir, la découverte des choses cachées et des trésors, une forme humaine aérienne, ainsi que la paternité de bons esprits familiers. Vingt-deux légions reçoivent ses ordres.
La notice associe le cortège royal à la découverte occulte. La trompette, l'ours, le mufle de lion et la couleuvre rendent son arrivée éclatante à l'oreille comme au regard ; la prescience temporelle et les trésors enfouis dirigent l'attention vers ce qui demeure dissimulé. En faire le père de bons esprits familiers transforme sa suite en généalogie plutôt qu'en simple dénombrement de légions.
Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton


Le Breton resserre Pursan en un buste cadré de près, doté d'un visage large, d'épais sourcils, d'une longue chevelure semblable à une crinière et d'une barbe fournie au-dessus d'un col ouvragé. Le résultat évoque un portrait d'apparat bien plus qu'une procession. Nul ours, serpent, trompette, couronne ou corps humain complet n'apparaît, si bien que l'image isole la tête léonine ou humaine des nombreux attributs mentionnés dans la notice.
Ce cadrage serré rend délibérément ambiguë la frontière entre « corps d'homme avec une tête de lion » et un imposant visage d'homme barbu. La chevelure et la barbe suggèrent une crinière sans se muer en un portrait littéral de lion. Le sceau goétique de Purson propose un dessin linéaire distinct à côté de l'entrée 20, tandis que la prose s'avère indispensable pour réintégrer la monture, le serpent, la musique, la prescience temporelle, les trésors et les familiers omis.
Pursan et l'esprit 20 de l'Ars Goetia
La Goetia partage le rang royal, l'humain à tête de lion, l'ours, la vipère, les trompettes, la connaissance du temps, les trésors cachés, les réponses sur les mystères terrestres et divins, les familiers et les vingt-deux légions. Les bases des deux catalogues concordent étroitement.
Le Dictionnaire emploie Pursan et Curson, décrivant la monture d'ours comme occasionnelle et l'humain métamorphosé comme aérien. La Goetia standardise le nom en Purson dans son index et élargit la catégorie des choses secrètes. Le buste barbu de Le Breton délaisse l'ours optionnel, le serpent, la trompette, la couronne et le corps entier.
Comparaison raisonnée : comment un cortège devient un buste
Séparez la description française entre tête et procession. Le corps d'homme et la tête léonine étayent le visage crinié de la gravure ; l'ours occasionnel, le serpent tenu en main, la trompette incessante, le trésor et la suite réclament une mise en scène narrative plus vaste. Le Breton choisit de ne retenir que la tête. La monture d'ours familière appartient ici à la confrontation textuelle, et non à l'image sélectionnée de 1863.
Ce buste illustre un parti pris d'omission. Il retient suffisamment de l'homme à tête de lion pour identifier Pursan, tout en écartant la monture optionnelle et chaque accessoire du cortège. Le sceau goétique apporte une numérotation stable mais n'éclaire en rien la fréquence d'apparition de l'ours absent. La lecture conjointe de l'image et des textes enrichit donc un portrait volontairement épuré, au lieu de prêter à la gravure des attributs qu'elle a laissés hors champ.
