L'Astaroth couronné de Le Breton chevauche un dragon et tient une vipère en 1863, conférant au texte le corps absent du sceau distinct de l'Ars Goetia 29.
- Vedette 1863
- Astaroth
- Ars Goetia
- N° 29 · Duc
- Légions
- Dictionnaire 40 · Goetia 40
Ce que dit la notice d'Astaroth selon Collin de Plancy
Collin de Plancy qualifie Astaroth de grand-duc puissant et élabore sa notice à partir de plusieurs types de sources. Le personnage monte un dragon infernal, tient une vipère, préside à l'occident, répond sur les choses cachées et le temps, enseigne les arts libéraux et commande quarante légions. L'article dépasse ensuite la simple notice de catalogue pour aborder une explication de la chute des anges, une mise en garde contre une odeur fétide, des cas de possession rapportés et une tradition faustienne anglaise où Astaroth apparaît sous la forme d'un serpent aux couleurs éclatantes.
La notice change sans cesse d'échelle : le rang et la fonction deviennent une dispute théologique miniature, puis un avertissement sensoriel, puis une histoire de réception. Ce mouvement illustre la méthode du dictionnaire. Il absorbe le catalogue concis de Weyer dans l'encyclopédie plus vaste de Collin de Plancy, où description héritée, commentaire sceptique, folklore et postérité littéraire peuvent occuper le même article alphabétique.
Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton


Le Breton transforme la description du catalogue en une scène héraldique condensée. Un cavalier couronné et ailé chevauche une bête aux allures de dragon et brandit la vipère comme attribut visible. La couronne et le torse redressé rendent son rang immédiatement lisible, tandis que la monture et le serpent créent deux puissantes diagonales. La gravure retient le cavalier angélique plutôt que le serpent faustien ultérieur, fixant ainsi l'un des multiples corps possibles de la notice comme portrait public mémorable.
Le portrait est figuratif et narratif : il montre un corps, un costume, un geste et une monture. Le sceau d'Astaroth dans la Goetia est un signe linéaire distinct imprimé avec l'esprit 29. Les juxtaposer révèle deux actes d'identification différents plutôt que deux versions d'une même image. La gravure indique au spectateur à quoi ressemble le personnage ; le sceau marque l'entrée au sein d'un catalogue rituel.
Astaroth et l'esprit 29 de l'Ars Goetia
Les deux textes conservent la monture draconique, la vipère, la connaissance du passé et de l'avenir, la révélation des secrets, l'enseignement des sciences libérales et une escorte de quarante légions. Leur étroite concordance met en évidence une lignée de catalogue partagée plutôt qu'une invention nouvelle du XIXe siècle.
Le Dictionnaire ajoute la présidence de l'occident, l'amitié des grands seigneurs, l'association au mercredi, la discussion sur la justice divine, l'avertissement relatif à l'odeur et à l'anneau d'argent, les récits de possession et le serpent de Faust. Le passage de la Goetia est plus court et place la mise en garde concernant le souffle dans son propre cadre cérémoniel. Collin de Plancy transforme la même notice de base en un dossier encyclopédique enrichi de commentaires et d'anecdotes.
Comparaison détaillée : quel Astaroth la gravure choisit-elle ?
Placez le portrait de 1863 aux côtés des deux descriptions en prose et notez uniquement les traits visibles. Les ailes, la couronne, le cavalier, la bête et la vipère appartiennent tous à la figure de catalogue commune au Dictionnaire et à la Goetia. L'anneau d'argent, l'odeur insupportable, la direction occidentale, le discours théologique, les arts libéraux et les quarante légions ne peuvent être représentés directement. Le serpent du Faust anglais exigerait quant à lui une image entièrement différente.
Le résultat explique pourquoi la gravure paraît définitive tout en restant sélective. Elle illustre une seule phrase descriptive et laisse la majeure partie de l'argumentation de l'article hors cadre. Le sceau apporte une strate supplémentaire sans trancher le choix : ses traits ne dessinent pas le serpent et ne transcrivent pas les ajouts anecdotiques relevés par le texte.
