En 1863, Le Breton installe Amduscias couronné au milieu d'instruments de cuivre, donnant un corps à la musique invisible ; l'Ars Goetia 67 orthographie ce duc Amdusias.
- Vedette 1863
- Amduscias
- Ars Goetia
- N° 67 · Duc
- Légions
- Dictionnaire 29 · Goetia 29
Ce que dit l'article Amduscias de Collin de Plancy
Amduscias est un grand duc qui a la forme d'une licorne, mais peut se montrer sous les traits d'un être humain lorsqu'il est appelé. Sur commande, il produit des concerts dont on entend les trompettes et autres instruments sans voir les exécutants. Les arbres s'inclinent à sa voix, et vingt-neuf légions lui obéissent. L'article relie la métamorphose, le son incorporel et les végétaux en mouvement dans une succession condensée d'effets.
Le son fait le lien entre les musiciens invisibles et les arbres qui ploient. La notice ne précise jamais que les arbres s'agitent au rythme de la musique ; elle impute ce mouvement à la seule voix d'Amduscias. Maintenir ces propositions distinctes évite de réunir trois merveilles contiguës en une seule scène de concert imaginaire.
Analyse du portrait de 1863 par Louis Le Breton


Le Breton dessine un humanoïde couronné à tête de licorne, assis, les bras et les jambes nus, parmi des trompettes et d'autres cors de cuivre. La longue corne torsadée forme la diagonale principale, tandis que les instruments épars matérialisent la fonction musicale sous forme d'objets visibles, bien qu'aucun interprète n'apparaisse. Ni arbre ni végétation inclinée ne figurent dans la composition.
La gravure condense la métamorphose et le concert en un seul emblème : tête de licorne, corps humain et instruments se côtoient au même instant. Les cuivres délaissés préservent l'action invisible décrite par la notice sans montrer qui en joue, mais ils ne sauraient rendre le délai évoqué par la Goetia ni la distinction entre la musique et la voix qui courbe les arbres. Le sceau distinct d'Amdusias est quant à lui totalement dépourvu d'éléments musicaux et n'intervient qu'en tant que symbole d'inventaire.
Amduscias et le 67e esprit de l'Ars Goetia
La Goetia commence également par une licorne, mentionne la possibilité d'une forme humaine, décrit des trompettes et d'autres instruments, fait plier les arbres, accorde des familiers, confère le rang de duc et dénombre vingt-neuf légions.
Le Dictionnaire affirme que des concerts surviennent à la demande et que les arbres s'inclinent à la voix, alors que la Goetia remarque que les sons d'instruments ne se font pas entendre immédiatement et y adjoint de bons familiers. La forme française Amduscias et la graphie Amdusias de la Goetia ne diffèrent que d'une consonne, mais partagent manifestement le même profil.
Comparaison pratique : musique, voix et chronologie
Établissez une séquence à trois temps. Premièrement, la licorne prend forme humaine. Deuxièmement, on entend des instruments bien que les musiciens restent invisibles ; la Goetia signale ici un délai. Troisièmement, les arbres plient ; la notice française relie cet effet à la voix. La gravure condense les deux premières étapes en un être humain à tête de licorne entouré de cors inoccupés, tout en omettant les arbres. Elle ne prouve donc pas que la musique et le mouvement des arbres se produisent en même temps.
Cet exercice permet de reconstituer la chronologie à partir d'une image qui fusionne déjà plusieurs propositions. Les instruments de cuivre visibles incarnent un concert invisible, et les membres humains réunissent les deux états corporels au lieu d'isoler la seule licorne. Le texte, le portrait et le sceau conservent chacun des éléments distincts : aucune des deux illustrations n'apporte la précision chronologique, la voix inclinant les arbres, les familiers ou le compte des vingt-neuf légions. La composition frappe l'esprit précisément parce qu'elle concentre la métamorphose et le son en un emblème visuel saturé.
