LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE VI EN DÉTAIL
Pour la sagesse
Viens donc en premier à nous, ô sagesse (medhā́), avec les vaches, avec les chevaux, toi accompagnée des rayons du soleil ; tu es pour nous digne d'adoration.
J'appelle d'abord, pour l'aide des dieux, la sagesse emplie de bráhman, animée par le bráhman, louée par les voyants, bue par (?) les étudiants védiques.
La sagesse que connaissent les Ribhus, la sagesse que connaissent les Asuras, l'excellente sagesse que connaissent les voyants, nous la faisons entrer en moi.
La sagesse que connaissent les voyants créateurs d'êtres, doués de sagesse, de cette sagesse-là, rends-moi aujourd'hui pourvu, ô Agni.
Lire le verset restant 1 de VI.108
La sagesse au soir, la sagesse au matin, la sagesse vers midi, la sagesse par les rayons du soleil, par le sortilège (vácas), nous la faisons entrer en nous.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.108 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ
Pour l'abondance du grain
Lire l'hymne comparatif III.24 (7 versets)
Riches en lait [sont] les herbes, riche en lait ma parole (vácas) ; en conséquence, de celles qui sont riches en lait j'en apporte par milliers.
Je connais celui qui est riche en lait ; il a rendu le grain abondant ; le dieu qui a pour nom « assembleur », c'est lui que nous appelons, où qu'il soit dans la maison de celui qui ne sacrifie point.
Ces cinq directions qui existent, les cinq races (kṛṣṭí) issues de Manu (mānavī́), puissent-elles rassembler ici la fertilité (sphātí), comme les flots [amènent] les alluvions lorsqu'il a plu.
Telle une source aux cent cours d'eau, aux mille cours d'eau, inépuisable, ainsi ce grain qui est le nôtre, en mille flots, inépuisable.
Ô toi aux cent mains, rassemble ; ô toi aux mille mains, amoncelle ; de ce qui est fait et de ce qui doit être fait, apporte ici la graisse en abondance.
Trois mesures des Gandharvas, quatre de la maîtresse de maison ; de celles-ci, quelle que soit la plus riche en graisse, c'est avec celle-là que nous te touchons.
Celui qui apporte (upohá) et celui qui amasse (samūhá) [sont] tes (deux) distributeurs, ô Prajāpati ; qu'ils apportent ici la graisse, une abondance considérable et inépuisable.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.24 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ
Pour le succès au sein de l'assemblée
Lire l'hymne comparatif VII.12 (13) (4 versets)
Que l'assemblée (sabhā́) et le rassemblement (sámiti), les deux filles de Prajāpati, en parfait accord, me soient favorables ; que celui avec qui je me réunirai désire me venir en aide (? upa-çikṣ) ; puissé-je tenir des propos agréables parmi ceux qui se sont rassemblés, ô Pères.
Nous connaissons ton nom, ô assemblée ; en vérité, jeu (naríṣṭā) est ton nom ; quels que soient ceux qui siègent dans ton assemblée, qu'ils parlent d'une même voix avec moi.
De ceux qui siègent ensemble, je m'approprie l'éclat, le discernement (vijñā́na) ; de toute cette assemblée (saṁsád), fais de moi, ô Indra, le détenteur de la fortune (bhagín).
Votre esprit qui s'est égaré, qui est attaché ici ou là, nous le faisons revenir vers ce lieu ; qu'en moi repose votre esprit.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.12 (13) sur Wikisource ↗
VI.108 aborde directement l'apprentissage
VI.108 invoque la sagesse comme une présence susceptible de venir au locuteur. La strophe 2 l'associe à la parole sacrée et aux étudiants védiques ; la strophe 3 sollicite la sagesse connue des êtres habiles et des voyants ; la strophe 5 la recherche au soir, au matin et à midi. Le résultat visé par l'hymne est la capacité intellectuelle et la mémoire, non l'argent. Whitney fait remarquer que le parallèle de la Paippalāda conserve les strophes 1, 2 et 5, une forme plus concise que la suite de cinq strophes du texte de Śaunaka. Cet écart rappelle que même l'hymne d'apprentissage doit être lu comme un témoignage spécifique. Une bourse moderne peut faciliter les études, mais on ne saurait l'assimiler à la sagesse elle-même.
III.24 décrit ce qui fait subsister un foyer
L'hymne aux céréales imagine des plantes gorgées de sève, des fleuves d'abondance et une fontaine de grains généreux. Dans la strophe 5, le moissonneur aux cent mains rassemble les provisions. Un étudiant a besoin de nourriture, d'un logement et de matériel autant que de temps pour étudier ; le poème offre donc une analogie pour le soutien matériel. Pourtant, son objet est l'abondance agricole, et non des frais d'inscription réglés à un établissement. Cette comparaison devient constructive lorsqu'elle récuse l'idée réductrice qu'une bourse relèverait du simple hasard : elle fournit les conditions concrètes permettant la poursuite des études. Elle ne fixe nullement le coût de la scolarité ni le montant d'une allocation. Le budget moderne demeure étranger au texte védique.
La sélection exige un autre cadre
VII.12 demande à l'assemblée et à la réunion d'être favorables à l'orateur et de lui prêter une oreille attentive. Un jury d'attribution peut être comparé à ce cadre social, mais le poème antique a pour objet la parole devant un public réuni, non un concours pour l'obtention d'une bourse. Un étudiant peut être talentueux sans pour autant obtenir de financement ; un comité peut allouer des fonds sans garantir la sagesse future. Telles sont les divergences entre VI.108, III.24 et VII.12. Le premier recherche le savoir, le deuxième les ressources matérielles, et le troisième un accueil bienveillant. Les lire de concert confère de l'épaisseur à l'intention moderne tout en respectant les visées propres à chaque hymne. Cela évite en outre de considérer un refus comme la preuve d'un manque de mérite ou de sagesse chez l'étudiant.
L'avantage du financement est inventé
Le travail rituel ci-joint demande qu'une bourse prenne en charge les dépenses de l'utilisateur. Cette finalité financière spécifique a été conçue pour le recueil moderne. Les passages anciens ne prédisent aucune attribution, ne détaillent aucune dépense et n'incitent nullement un évaluateur à choisir un candidat donné. Leur intérêt réside dans la mise en évidence de la complexité du vœu : une personne désire la capacité d'étudier, les moyens matériels d'y subvenir et une décision institutionnelle favorable. Les métaphores de l'Atharvaveda sur le savoir et les céréales conservent toute leur portée historique sans se transformer en politique éducative contemporaine. Un article scrupuleux maintient le montant et les critères de la bourse dans le monde d'aujourd'hui, et la sagesse de l'hymne dans son univers dévotionnel et rituel d'origine.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lecture pratique : compétent mais non financé
Un étudiant dispose d'un solide projet de recherche. VI.108 offre un parallèle pour la quête de sagesse, mais ne prouve aucunement qu'une somme d'argent lui soit due. L'abondance de grain de III.24 illustre pourquoi la nourriture et les moyens de subsistance sont indispensables à la poursuite des études. VII.12 trouve sa pertinence lorsqu'un jury évalue le dossier. Si l'étudiant reçoit des éloges mais n'obtient qu'une modeste aide qui ne couvre pas son hébergement, le jugement favorable a bien eu lieu, alors que l'objectif du sortilège de couvrir l'intégralité des dépenses n'est pas atteint. Si l'aide couvre les frais, elle réunit les conditions d'étude, mais n'octroie pas la sagesse par enchantement. La comparaison dissocie l'aptitude, le soutien matériel et la sélection.
