LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE X EN DÉTAIL
Préparation et emploi des foudres d'eau
Vous êtes la force d'Indra; vous êtes la puissance d'Indra; vous êtes la vigueur d'Indra; vous êtes l'héroïsme d'Indra; vous êtes la virilité d'Indra; pour une union conquérante (yóga), avec des unions-brahman je vous unis.
La force d'Indra etc. etc.; pour une union conquérante, avec des unions-kṣatrá je vous unis.
La force d'Indra etc. etc.; pour une union conquérante, avec des unions-Indra je vous unis.
La force d'Indra etc. etc.; pour une union conquérante, avec des unions-Soma je vous unis.
Lire les 46 versets restants de X.5
La force d'Indra etc. etc.; pour une union conquérante, avec des unions-eau je vous unis.
La force d'Indra etc. etc.; pour une union conquérante; que toutes les existences se tiennent à mon service (upa-sthā); unies à moi vous êtes, ô eaux.
Vous êtes la part d'Agni, semence (? çukrám) des eaux, ô eaux célestes; mettez en nous la splendeur; selon l'ordonnance (dhā́man) de Prajāpati je vous établis pour ce monde.
Vous êtes la part d'Indra, semence des etc. etc.
Vous êtes la part de Soma, semence des etc. etc.
Vous êtes la part de Varuṇa, semence des etc. etc.
Vous êtes la part de Mitra-et-Varuṇa, semence des etc. etc.
Vous êtes la part de Yama, semence des etc. etc.
Vous êtes la part des Pères, semence des etc. etc.
Vous êtes la part du dieu Savitar, semence des etc. etc.
Ce qui en vous, ô eaux, est la part des eaux au sein des eaux, participant de la nature de la formule sacrificielle, sacrifiant aux dieux, cela désormais je le relâche; que je ne fasse point refluer cela sur moi-même; cela, nous le relâchons contre celui qui nous hait, que nous haïssons; puisse-je le frapper à mort (vadh), puisse-je le terrasser, par ce sortilège (bráhman), par cet acte, par cette arme (mení).
Ce qui en vous, ô eaux, est l'onde des eaux au sein des eaux, etc. etc.
Ce qui en vous, ô eaux, est le petit (vatsá) des eaux au sein des eaux, etc. etc.
Ce qui en vous, ô eaux, est le taureau des eaux au sein des eaux, etc. etc.
Ce qui en vous, ô eaux, est l'embryon d'or des eaux au sein des eaux, etc. etc.
Ce qui en vous, ô eaux, est la pierre tachetée céleste des eaux au sein des eaux, etc. etc.
Ceux qui en vous, ô eaux, sont les feux des eaux au sein des eaux, participant de la formule sacrificielle, sacrifiant aux dieux, je les lâche à présent ; puissé-je ne point les faire couler sur moi-même pour me laver ; nous les lâchons contre celui qui nous hait, etc. etc.
Quelque fausseté que nous ayons proférée depuis une période de trois ans, que les eaux me protègent de toute cette difficulté, de la détresse.
Je vous envoie vers l'océan ; allez en votre propre repaire ; indemnes, aux années accomplies (?) ; et que rien de quelque nature que ce soit ne nous afflige (am).
Exempte de souillure (-riprá) [sont] les eaux ; [qu'elles emportent] loin de nous la souillure, loin de nous le péché, le malheur (duritá), elles dont l'aspect est faste ; qu'elles emportent au loin les songes néfastes, au loin l'ordure.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par la terre (-sáṁçita), illuminée par Agni ; à la suite de la terre, je m'élance en enjambant ; de la terre nous privons de sa part celui qui nous hait, celui que nous haïssons ; qu'il ne vive point ; que le souffle le quitte.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par l'atmosphère, illuminée par Vayu ; à la suite de l'atmosphère, je m'élance en enjambant ; de l'atmosphère nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par le ciel, illuminée par le soleil ; à la suite du ciel, je m'élance en enjambant ; du ciel nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par les orients, illuminée par l'esprit ; à la suite des orients, je m'élance en enjambant ; des orients nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par les régions, illuminée par le vent ; à la suite des régions, je m'élance en enjambant ; des régions nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par les versets (ṛ́c-), illuminée par le chant (sā́man-) ; à la suite des versets, je m'élance en enjambant ; des versets nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par le sacrifice, illuminée par le bráhman ; à la suite du sacrifice, je m'élance en enjambant ; du sacrifice nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par les herbes, illuminée par le sóma ; à la suite des herbes, je m'élance en enjambant ; des herbes nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par l'eau, illuminée par Varuṇa ; à la suite des eaux, je m'élance en enjambant ; des eaux nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par le labour, illuminée par la nourriture ; à la suite du labour, je m'élance en enjambant ; du labour nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
L'enjambée de Vishṇu es-tu, terrassant les rivaux, aiguisée par le souffle, illuminée par l'homme (púruṣa-) ; à la suite du souffle, je m'élance en enjambant ; du souffle nous privons de sa part celui qui, etc. etc.
À nous [est] ce qui est conquis, à nous ce qui a jailli vers le haut ; j'ai résisté (abhi-sthā) à tous les combattants, aux avares ; à présent j'enveloppe (ni-veṣṭ) la splendeur, l'éclat, le souffle, la durée de vie de celui d'un tel lignage, fils d'une telle mère ; à présent je le fais choir (pad) vers le bas.
Je tourne selon la révolution du soleil (āvṛ́t), selon sa rotation vers la droite ; qu'elle m'accorde (yam) des biens ; [qu'elle] m'accorde la splendeur du Brahman.
Je me tourne vers les orients pleins de lumière ; qu'ils m'accordent des biens, qu'ils, etc. etc.
Je me tourne vers les sept voyants ; qu'ils m'accordent, etc. etc.
Je me tourne vers le bráhman ; qu'il m'accorde, etc. etc.
Je me tourne vers les Brahmanes ; qu'ils m'accordent, etc. etc.
Celui que nous traquons, nous l'abattrons d'armes mortelles ; par notre sortilège (bráhman), nous l'avons fait choir (pad) dans la gueule béante du très-haut.
Le projectile s'est refermé sur lui avec les deux défenses de Vāiçvānara ; que cette oblation (ā́huti) le dévore, le combustible divin très puissant.
Le lien du roi Varuṇa es-tu ; lie donc un tel, d'un tel lignage, fils d'une telle mère, dans la nourriture, dans le souffle.
Quelle que soit celle de tes nourritures, ô Seigneur de la terre (bhū́), qui réside sur la terre (pṛthivī́), octroie-nous-en, ô seigneur de la terre, ô Prajāpati.
Les eaux célestes, je les ai honorées ; à la sève nous avons été mêlés ; riche de lait, ô Agni, suis-je venu ; unis-moi ici à la splendeur.
Unis-moi, ô Agni, à la splendeur, à la descendance, à la durée de vie ; puissent les dieux me reconnaître comme tel ; puisse Indra le savoir, avec les voyants.
Ce qu'aujourd'hui, ô Agni, le couple profère en malédictions, quelle que soit la dureté de langage que produisent les récitants : le trait qui naît de la fureur de l'esprit, de cela transperce au cœur les sorciers.
Écrase au loin les sorciers par la chaleur ; écrase au loin, ô Agni, le démon par la flamme ; écrase au loin par le brûlement les faux adorateurs ; écrase au loin ceux qui brillent grandement et se nourrissent de vies.
Moi, en pleine connaissance, je projette sur cet homme, pour lui fendre la tête, la foudre à quatre pointes (-bhṛṣṭí) des eaux ; qu'elle broie tous ses membres : qu'à cela tous les dieux donnent leur assentiment en ma faveur.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire X.5 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ
Contre les ennemis
Lire l'hymne comparatif VII.114 (119) (2 versets)
J'ôte de tes entrailles (vakṣáṇā), j'ôte de ton cœur, de l'aspect de ton visage, j'ôte tout ton éclat.
Que loin d'ici s'en aillent les angoisses, loin les regrets (? anudhyā́), et loin les imprécations; qu'Agni frappe les démones; que Soma frappe les insulteuses.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.114 (119) sur Wikisource ↗
Les eaux sont d'abord associées à la victoire
Les versets 1 à 6 nomment à plusieurs reprises les eaux comme la force d'Indra et les associent à un dessein conquérant. Les versets 15 à 21 libèrent des aspects de l'eau contre celui qui hait les orateurs, tout en demandant que les eaux ne refluent pas vers leur propre camp. Cette dernière requête constitue une précaution d'orientation au sein de la logique du poème. Elle conçoit une force qui doit impérativement être dirigée au loin. L'eau n'est pas ici une simple substance purificatrice. Sa vague, son jeune rejeton, son taureau, son embryon, sa pierre et ses feux sont invoqués comme de redoutables puissances hostiles. Cette vaste imagerie forme la toile de fond sur laquelle apparaît ultérieurement la cible individuelle du verset 36.
Les enjambées divisent le monde face à l'ennemi
Les versets 25 à 35 qualifient chaque passage d'enjambée de Viṣṇu pour terrasser un rival et progressent à travers la terre, l'atmosphère, le ciel, le sacrifice, les herbes, l'eau, le labour et le souffle. Chaque domaine devient un espace dont l'ennemi se trouve retranché. La répétition dépouille l'adversaire de sa place dans les strates successives du monde. Le verset 35 s'achève sur le souffle, accentuant la transition vers l'énumération explicite au verset 36 de ce que l'orateur entend ôter à un individu précis. Le poème n'énonce aucun diagnostic médical moderne ni aucune déperdition réelle de force vitale. Il s'appuie sur le déploiement cosmique pour asseoir sa prétention à une domination totale sur un opposant.
Le vers 36 resserre l'invocation autour du lignage
L'orateur affirme à présent que ce qui est conquis appartient à son camp, prétend avoir résisté à des combattants, et enferme la splendeur, l'éclat, le souffle et la durée de vie d'une personne désignée par son lignage et sa mère. Il s'agit d'une manière stéréotypée de spécifier un adversaire, et non d'une preuve que cette personne est historiquement identifiable à partir du texte conservé. Whitney note une incertitude quant à savoir si le verset 36 se rattache aux enjambées ou constitue sa propre division. Cette incertitude doit rester visible. Le verset intensifie l'exclusion antérieure en rassemblant prestige et vie en une seule liste, puis en exigeant que la cible tombe vers le bas. Cette revendication rhétorique demeure invérifiée.
Un hymne plus court extrait la splendeur différemment
VII.114.1 prétend également s'emparer de la splendeur d'une autre personne, mais il nomme le cœur, les entrailles et le visage. X.5.36 enveloppe la splendeur avec le souffle et la durée de vie après une immense séquence d'eaux et d'enjambées cosmiques. L'un imagine une extraction à partir de sites corporels; l'autre enferme des qualités autour d'un ennemi désigné. La recension Pāippalāda contient les premières divisions principales de X.5, mais seulement des portions de sa dernière division ailleurs, de sorte que chaque lecteur n'a pas hérité de la même progression complète. Un travail aquatique contemporain fondé sur l'hymne est une création nouvelle; les lignes anciennes ne peuvent promettre à quiconque une perte de santé ou de statut.
Un travail magique moderne distinct
X.5.36 enferme la splendeur, le souffle et la durée de vie d'un adversaire dans un discours hostile. La Vantardise Atténuée réoriente l'objectif vers la confiance et le discernement du praticien: la lumière réfléchie illustre la proéminence changeante, tandis que les deux bannières demeurent intactes. Le souhait historique d'épuisement des forces est analysé ci-dessus, et non proposé comme le bienfait de ce rituel moderne.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Une comparaison développée
Comparez X.5.35 et 36. La dernière enjambée est affûtée par le souffle et s'élance depuis le souffle contre le rival; le verset suivant nomme la splendeur, l'éclat, le souffle et la durée de vie comme des éléments à clore autour d'un adversaire particulier. Cette contiguïté relie l'exclusion cosmique à l'épuisement corporel, même si la division éditoriale du verset 36 demeure incertaine. Comparez ensuite VII.114.1, où la splendeur est ôtée du cœur et du visage. Les deux sont des revendications coercitives, mais X.5 intègre cette saisie dans une vaste séquence d'eaux et d'enjambées que VII.114 ne possède pas. Les versets adjacents condensent une immense enjambée spatiale en une revendication portant sur le souffle d'un individu; ce changement d'échelle constitue le pivot interprétatif.
