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Atharvaveda · Fortune et succès

Quelle récompense l'Aurore offre-t-elle ? Atharvaveda XIX.12

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda XIX.12 ne comporte qu'un seul vers, mais son souhait condensé relie l'aurore, un prix fixé par les dieux, cent hivers de vie et une communauté riche en héros. Le qualifier de sortilège pour remporter un prix n'est exact que si l'on garde à l'esprit, aux côtés de ce terme, les autres accomplissements désirés. Whitney note que ses deux moitiés proviennent de passages rigvédiques différents et que l'ouverture reste difficile à traduire. La structure même du vers représente la part la plus fascinante de sa promesse.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

XIX.12

ATHARVAVEDA · LIVRE XIX EN LUMIÈRE

Pour le succès et une longue vie

  1. L'aurore, avec noblesse, fait rouler les ténèbres ensemble [et] au loin sur la trace de sa sœur ; puissions-nous par là remporter le prix (vā́ja) fixé par les dieux ; puissions-nous nous réjouir, en vivant cent hivers, riches en héros.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.12 sur Wikisource ↗

VI.97

ATHARVAVEDA · LIVRE VI ÉGALEMENT CITÉ

Pour la victoire

Lire l'hymne comparatif VI.97 (3 versets)
  1. Vainqueur (abhibhū́) est le sacrifice, vainqueur Agni, vainqueur Soma, vainqueur Indra ; afin que je surmonte (abhi-as) tous les combattants, puissions-nous ainsi, présentateurs d'offrandes à Agni, rendre hommage par cette oblation.

  2. Qu'il y ait svadhā́, ô Mitra et Varuṇa, êtres inspirés ; engraissez (pinv) ici de miel notre domaine, riche d'une nombreuse lignée ; chassez au loin la ruine ; écartez de nous tout péché commis.

  3. Soyez transportés d'ardeur derrière ce héros redoutable ; attachez-vous, ô compagnons, aux pas d'Indra, conquérant des troupes, conquérant des vaches, armé du foudre, vainqueur dans la course (ájman), foudroyant avec force.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.97 sur Wikisource ↗

L'aurore dissipe les ténèbres dans une ligne difficile

La première moitié présente l'aurore avec noblesse, chassant les ténèbres le long de la trace d'une sœur. La scène crée une transition de la nuit vers un chemin visible. Pourtant, Whitney affirme que le sens est difficile et douteux, et même son premier mot est une émendation éditoriale suivant un parallèle rigvédique plutôt que la lecture de la plupart des manuscrits atharvavédiques. Cela limite le degré de précision qu'un interprète peut revendiquer au sujet de cette image.

Cette incertitude ne rend pas le demi-vers dépourvu de sens. Il commence toujours par une arrivée et un retrait, un changement de conditions sous lesquelles une épreuve ou une vie peut suivre son cours. L'image matinale est un seuil. Un prix ne peut être remporté qu'après qu'un chemin s'ouvre et que les obstacles deviennent visibles. Il s'agit d'une déduction issue de la disposition du vers, non d'une affirmation selon laquelle le poème fournirait explicitement une méthode pour remporter une compétition.

Le prix s'inscrit au sein d'ambitions plus vastes

La seconde moitié demande de remporter un prix institué par les dieux et de se réjouir pendant cent hivers, riche en héros. Le terme traduit par prix peut aussi porter les associations d'émulation et de subsistance rencontrées ailleurs dans la poésie védique. Ses compagnons immédiats sont ici la longévité et un groupe robuste, non un trophée ou une récompense monétaire. Une issue favorable est imaginée comme ce avec quoi une communauté peut vivre au fil du temps.

La formule des cent hivers mesure une vie longue et pérenne. L'expression finale riche en héros place les personnes au cœur du bienfait. Un individu peut rechercher la victoire, mais le souhait formulé grammaticalement englobe des compagnons ou des descendants. L'échelle sociale importe pour la lecture occulte : le poème associe l'accomplissement à la durée. Si le prix coûte son avenir à la communauté, la propre fin du vers ne considérerait pas cela comme un succès complet.

Les deux moitiés avaient des origines textuelles antérieures distinctes

Whitney identifie la première moitié comme correspondant au Rigveda X.172.4 et la seconde au Rigveda VI.17.15. Le vers atharvavédique est absent de la recension Pāippalāda. Cela signifie que nous ne pouvons comparer deux témoins continus de l'Atharvaveda pour obtenir une unité stable de quatre lignes. Nous avons plutôt un vers assemblé dont les moitiés peuvent être rattachées à des contextes antérieurs distincts.

Cette construction modifie l'interprétation. L'image de l'aurore n'a pas nécessairement été composée à l'origine pour introduire cette demande de prix, même si la ligne ainsi unie invite désormais à cette lecture. Un éditeur ou une tradition a fait fonctionner deux moitiés ensemble pour former une bénédiction. La simplicité apparente d'un hymne d'un seul vers dissimule une histoire de sélection et de combinaison. Une lecture attentive doit expliquer ce fait de composition plutôt que de le qualifier d'incantation de victoire intemporelle.

Le succès et la longévité vont de pair

Le vers est compté parmi les hymnes de paix ou de bon augure dans l'usage ultérieur, selon Whitney. Ce cadre convient à son mélange d'accomplissement et de survie. Un prix n'a pas besoin d'être interprété comme une domination sur chaque rival ; le langage appelle de ses vœux une issue qui puisse coexister avec les années et un cercle florissant de personnes. La nature exacte du prix reste ouverte, ce qui aide à expliquer pourquoi ce court vers a pu voyager.

Le bienfait associé préserve le souhait explicite de l'emporter. Le rituel pour membres en six phases est une création moderne purement symbolique et ne reproduit aucun rite védique ni ne modifie les règles d'un concours. L'éclairage le plus profond de ce court texte réside dans son refus de s'arrêter au moment de la victoire : l'orateur souhaite être en vie et bien pourvu longtemps après. Aurore, épreuve et longue vie ne forment un arc complet que lorsqu'ils sont lus ensemble.

Lecture élaborée : un vers, deux origines

Divisez XIX.12 en son point médian. Dans la première moitié, l'aurore éloigne les ténèbres ; Whitney relie ce passage au Rigveda X.172.4 et prévient que la formulation atharvavédique est ardue. Dans la seconde moitié, l'orateur demande le prix des dieux et cent hivers avec des héros ; Whitney relie cela au Rigveda VI.17.15. Lisez à nouveau les moitiés réunies. La nouvelle unité passe de conditions qui s'éclaircissent à la victoire et à l'endurance, mais cette séquence est le fruit de leur réunion. La comparaison montre pourquoi un bienfait d'une seule ligne peut être fidèle à une expression tout en restant incomplet pour expliquer l'ensemble du vers.

Textes sources et études

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