LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE I À LA UNE
Soleil, rivières et bétail
Les mères suivent leur chemin, sœurs de ceux qui accomplissent le sacrifice, mêlant le lait au miel.
Ceux qui se trouvent là-bas auprès du soleil, ou ceux avec qui le soleil s'associe, qu'ils favorisent notre sacrifice.
J'invoque les eaux célestes où s'abreuvent nos vaches; aux fleuves (síndhu), une oblation doit être offerte.
Au sein des eaux se trouve l'ambroisie (amṛ́ta), dans les eaux réside le remède; et par les louanges (práçasti) des eaux, vous devenez des chevaux vigoureux (vājín), vous devenez des vaches vigoureuses.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.4 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE I À LA UNE
Régénération, joie et remède
Puisque vous êtes des eaux bienfaisantes, conduisez-nous vers la régénération (ū́rj), vers la vision d'une grande joie.
Ce qui est votre saveur la plus propice (rása), faites-nous-en part ici, telles des mères attentives.
Nous voulons vous satisfaire en vue de ce à la possession duquel vous nous animez, ô eaux, et nous engendrez.
Des eaux, qui ont la maîtrise des choses désirables et règnent sur les êtres humains (carṣaṇí), je demande un remède.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.5 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE I À LA UNE
Remèdes et eaux venus de multiples lieux
Que les eaux divines soient pour nous salut pour le secours, pour le breuvage; qu'elles coulent vers nous salut [et] santé.
Au sein des eaux, m'a dit Soma, sont tous les remèdes, et Agni (le feu) salutaire pour tous.
Ô eaux, accordez un remède, une protection (várūtha) pour mon corps, et un long regard vers le soleil.
Salut pour nous les eaux des plaines, et salut soient celles des marais; salut pour nous les eaux obtenues en creusant, et salut celles apportées dans un vase; propices à nous soient celles de la pluie.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.6 sur Wikisource ↗
ATHARVA-VÉDA · LIVRE XIX ÉGALEMENT CITÉ
Pour diverses bénédictions : avec une amulette d'udumbára
Lire l'hymne de comparaison XIX.31 (14 versets)
Avec une amulette d'udumbára, pour le dévot désireux de prospérité : que Savitar fasse abonder (sphātí) tout le bétail dans mon étable.
Quel que soit notre feu de maître de maison qui préside au bétail : que l'amulette virile (vṛ́ṣan) d'udumbára m'unisse à la prospérité.
Riche en fumier, riche en fruits, que le svadhā́ et la réjouissance (írā) soient dans la prospérité de notre maison, que Dhātar me les accorde par l'ardeur (téjas) de l'[amulette] d'udumbára.
Ce qui [est] à deux pieds comme ce qui est à quatre pieds, quelles que soient les nourritures, quelles que soient les saveurs (rása), j'en saisis (grah) l'abondance, portant l'amulette d'udumbára.
J'ai saisi toute (pári-) la prospérité du bétail, des quadrupèdes, des bipèdes, et les grains qui s'y trouvent ; le lait du bétail, la sève (rása) des herbes, que Bṛihaspati, que Savitar me les confirment.
Que je sois le maître souverain du bétail ; que le seigneur de la prospérité (puṣṭá-) m'accorde la prospérité ; que l'amulette d'udumbára me confirme les possessions (dráviṇa).
À moi l'amulette d'udumbára, avec à la fois descendance et richesses : l'amulette vivifiée par Indra est venue à moi en même temps que la splendeur.
L'amulette céleste, terrassant les rivaux, conquérant les richesses, en vue de remporter les richesses : qu'elle [me] confirme l'abondance de bétail, de nourriture, [et] la corpulence grasse des vaches.
De même qu'au commencement toi, ô arbre de la forêt, tu naquis avec la prospérité, de même que Sarasvatī m'assigne l'opulence des richesses.
Les richesses, l'onctuosité du lait et le grain, que Sarasvatī, que Sinīvālī et cette amulette d'udumbára me les apportent.
Tu es le maître souverain et viril (vṛ́ṣan) des amulettes ; en toi le seigneur de la prospérité a engendré la prospérité ; en toi [sont] ces puissances (vā́ja), [sont] toutes les possessions ; ici même, ô [amulette] d'udumbára, chasse par la force (sah) loin de nous le ladre, la misère et la faim.
Chef de troupe es-tu, toi qui t'élèves en chef de troupe ; étant ointe (abhisic), oins-moi de splendeur ; éclat es-tu, maintiens sur moi l'éclat ; richesse es-tu, assigne-moi la richesse.
Prospérité es-tu, d'une pleine prospérité oins-moi (añj) tout entier ; étant le sacrificateur du foyer, fais de moi un maître de maison ; ô [amulette] d'udumbára, place ici en nous et confirme-nous une richesse pourvue de tous les héros ; je t'attache en vue d'une abondance de biens.
Cette amulette d'udumbára est liée, héroïque, à un héros ; qu'elle nous procure un gain riche en miel, et puisse-t-elle nous confirmer une richesse pourvue de tous les héros.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.31 sur Wikisource ↗
Trois invocations aux eaux
I.4 s'ouvre sur les Eaux personnifiées comme Mères et sœurs de ceux qui accomplissent le sacrifice. Son deuxième verset situe les eaux près du Soleil ; son troisième invoque les eaux célestes où le bétail s'abreuve. Le quatrième recherche la vigueur pour les chevaux et les bovins. Le mouvement relie la portée cosmique des Eaux aux animaux dont dépend le foyer.
I.5 modifie la supplique. Il sollicite rafraîchissement et joie, compare le don des Eaux à la sollicitude d'une mère, puis demande la force génératrice et un remède. Les deux hymnes partagent un destinataire commun sans formuler la même demande.
Remèdes au sein d'I.6
I.6 débute en demandant aux Eaux de secourir ceux qui les boivent. Au verset 2, Soma déclare que les remèdes et Agni résident au sein des Eaux ; le verset 3 appelle de ses vœux un remède et une longue vie sous le Soleil. Il s'agit là d'affirmations au sein d'une adresse rituelle, où se rencontrent présence divine, bénédiction et bien-être corporel. Elles n'établissent nullement un effet médical moderne particulier.
Le catalogue d'I.6
Le verset final élargit l'adresse au lieu de se conclure sur une unique source privilégiée. Il bénit l'eau des plaines et des marais, l'eau puisée en creusant, l'eau transportée dans un vase et la pluie. La liste va du paysage à la manipulation humaine, rendant la supplique assez large pour inclure l'eau ordinaire du foyer.
La traduction de Whitney garde visible la bénédiction réitérée. Lisez-la en regard du soleil et du bétail de I.4 et des demandes de rafraîchissement et de remède de I.5 : les hymnes voisins s'adressent aux mêmes Eaux tout en modifiant la forme de leur vœu.
L'image du foyer est la plus nette dans l'hymne à l'udumbara
Les hymnes aux eaux dans I.4–6 sollicitent la bénédiction par le rafraîchissement, le remède et la vigueur. XIX.31 emprunte une voie plus spécifique pour obtenir un foyer fructueux : une amulette d'udumbara est appelée à remplir l'étable, à garder le bétail prospère et à faire entrer dans la maison les fruits, le fumier, la nourriture et la vigueur. Le terme prospérité dans ce poème est indissociable de l'élevage et de la récolte. L'eau reste pertinente en tant qu'élément de la vie agricole, mais les deux groupes d'hymnes nomment des agents distincts.
XIX.31.3 dépeint une maison riche en fumier et en fruits, et demande à Dhātar d'accorder la prospérité par l'intermédiaire de l'amulette. Les versets 4–5 étendent le vœu aux êtres à deux pieds et à quatre pieds, au grain, au lait et à la sève des herbes. C'est bien plus qu'une promesse poétique d'abondance. Le texte énumère les relations qui permettent de nourrir un foyer : la fertilité du sol, le bétail, les récoltes et les personnes qui en dépendent. Cet inventaire donne au bienfait associé son ancrage historique.
Une amulette matérielle et l'eau courante n'accomplissent pas la même tâche
I.4 invoque les eaux célestes où s'abreuve le bétail et réclame des vaches et des chevaux vigoureux, tandis que XIX.31 attribue la prospérité à un morceau de bois d'udumbara porté sur soi. L'hymne aux eaux imagine un mouvement vers le bénéficiaire ; l'hymne à l'amulette imagine l'abondance rassemblée et retenue autour d'un foyer. Whitney signale que la Pāippalāda conserve aussi XIX.31 et vient appuyer un mot controversé au verset 2. Le détail du témoin textuel est important, car même un texte d'amulette familier présente des variations verbales de surface.
Le bienfait couplé réside dans un foyer fécond et un bétail florissant, et non dans une traduction brute des hymnes aux eaux. Son rituel moderne en six phases relève d'une écriture symbolique originale. Cet article de fond prend les poèmes sur l'eau comme élément de comparaison et XIX.31 comme ancrage direct. Le lecteur peut ainsi observer comment deux types d'imagerie atharvavédique (l'élément fluide et l'objet attaché) abordent la même inquiétude pratique : la pérennité des subsistances du foyer.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lecture guidée : du bétail abreuvé à l'étable bien garnie
Lisez I.4.3–4 : les eaux célestes sont invoquées là où boit le bétail, et le dernier verset demande des vaches et des chevaux vigoureux. Lisez ensuite XIX.31.1, où l'amulette d'udumbara est appelée à faire prospérer chaque bête d'une étable. Poursuivez par XIX.31.3–5 : les fruits, le fumier, les hommes, les quadrupèdes, le grain, le lait et la sève des plantes composent un inventaire domestique bien plus complet. La préoccupation partagée concerne la subsistance, mais la logique rituelle diverge. L'eau avance vers l'énonciateur ; une amulette de bois liée concentre la prospérité autour d'une demeure établie. Cette différence explique pourquoi le sortilège associé relève de XIX.31, alors que les hymnes à l'eau demeurent une comparaison significative et distincte.
