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Atharvaveda · Fortune et succès

Des actes héroïques dans un brin de darbha : Atharvaveda XIX.33

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda XIX.33 loue une amulette d'herbe darbha qui protège la vie, repousse les rivaux, purifie les difficultés et rend possible l'action héroïque. Le cinquième vers formule ce double bienfait, mais les cinq vers du poème dessinent une séquence plus ample : la plante est précieuse, vigoureuse, rituellement disposée et portée pour rayonner publiquement. Ses revendications extraordinaires reposent sur le fait de confier à un modeste objet matériel de vastes relations. Telle est la logique occulte de l'hymne, et non la preuve que l'herbe accomplit des miracles physiques.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

XIX.33

ATHARVAVEDA · LIVRE XIX EN LUMIÈRE

Pour diverses bénédictions : avec une amulette de darbhá

  1. D'une valeur mille fois répétée, pourvu de cent nœuds, riche en lait, feu des eaux, consécration (rājasū́ya) des plantes ; que ce darbhá ici présent nous protège de toutes parts ; puisse l'amulette divine nous unir à une durée de vie [prolongée].

  2. Arraché au ghee, riche en miel, riche en lait, affermissant la terre, inébranlable, ébranlant [les autres choses], repoussant et abattant les rivaux ; élève-toi, ô darbhá, avec l'énergie (indriyá) des grands êtres.

  3. Tu traverses la terre avec force ; tu reposes, magnifique (cā́ru), sur le foyer sacrificiel lors du sacrifice ; les voyants t'ont porté [comme] purificateur ; purifie-nous de nos tourments.

  4. Un roi perçant (tīkṣṇá), d'une puissance redoutable, pourfendeur de démons, appartenant à tous les hommes (-carṣaṇí), force des dieux, vigueur redoutable [est] cela ; je l'attache à toi en vue de la vieillesse et du bien-être.

Lire le verset restant 1 de XIX.33
  1. Avec le darbhá, tu accompliras des exploits héroïques ; paré du darbhá, ne chancelle pas de ton fait ; surpassant (ati-sthā) les autres par ton éclat, brille comme le soleil vers les quatre orients.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.33 sur Wikisource ↗

XIX.46

ATHARVA-VÉDA · LIVRE XIX ÉGALEMENT CITÉ

Avec et pour une amulette nommée ástṛta « invaincue ».

Lire l'hymne de comparaison XIX.46 (7 versets)
  1. Prajāpati t'a d'abord lié [comme] invaincu (ástṛta), en vue de l'héroïsme; c'est cela que je lie pour toi en vue de la durée de vie, de l'éclat, de la force et de la puissance : que l'invaincue te défende.

  2. Debout, défends cet homme sans relâche, ô invaincue; que les Paṇis, les sorciers, ne t'endommagent point; comme Indra abat les barbares, [ainsi] renverse ceux qui nous combattent; subjugue et disperse (ví) tous nos rivaux : que l'invaincue te défende.

  3. Celui que même cent assaillants, lançant leurs traits (pra-hṛ), frappant violemment, n'ont point soumis (stṛ), c'est à lui qu'Indra a confié la vue, le souffle, ainsi que la vigueur : que l'invaincue te défende.

  4. Par la protection (várman) d'Indra nous t'entourons, lui qui devint le roi souverain des dieux; que tous les dieux te mènent à nouveau en avant; que l'invaincue te défende.

  5. En cette amulette [se trouvent] cent et un actes d'héroïsme; mille souffles en cette invaincue; tel un tigre, attaque (abhi-sthā) tous [nos] rivaux; quiconque luttera contre toi, qu'il devienne inférieur (ádhara) : que l'invaincue te défende.

  6. Tirée du ghee, riche en miel, riche en lait, dotée de mille souffles, aux cent matrices (? -yóni), dispensatrice de vigueur, apportant le bien-être et le ravissement, riche en réconfort et riche en lait, que l'invaincue te défende.

  7. Afin que tu sois supérieur, exempt de rivaux, pourfendeur de rivaux, afin que tu sois le maître de tes semblables, puisse Savitar te rendre ainsi : que l'invaincue te défende.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.46 sur Wikisource ↗

Une petite plante reçoit un grand prix

Le verset 1 qualifie le darbha de valeur au décuple de mille, aux multiples nœuds, riche en lait et consacré parmi les plantes. Il sollicite une protection de tous côtés ainsi qu'une vie plus longue. Les images accumulent des qualités qu'un brin au sens littéral ne peut posséder dans une mesure ordinaire. Ses nœuds suggèrent la croissance et la persistance ; le lait suggère la nourriture ; la consécration lui confère un statut rituel. La valeur est ici produite à travers un ensemble dense de correspondances.

Whitney signale une variante de la Pāippalāda dans le mot désignant sa valeur et une autre dans la désinence. De telles divergences n'effacent pas le rôle fondamental de l'amulette, mais modifient précisément la façon dont sa valeur et son pouvoir d'action sont formulés. Un article qui la qualifierait simplement de porte-bonheur ne parviendrait pas à montrer pourquoi cette plante, plutôt que n'importe quelle autre, est devenue le vecteur de souhaits de protection et d'ambition.

L'amulette défend tout autant qu'elle repousse

Le verset 2 décrit le darbha comme issu du ghee, riche en miel et en lait, établi dans la terre, immobile mais incitant les autres au mouvement. Il repousse également les rivaux vers le bas. Les oppositions sont délibérées : l'enracinement peut devenir force ; la nourriture peut devenir lutte. La vertu de la plante ne consiste pas seulement à faire obstacle au mal. On l'imagine capable de modifier la position relative d'une personne face à ses adversaires.

Le verset 3 voit l'herbe se propager sur la terre et reposer sur le foyer sacrificiel, puis lui demande de purifier les êtres humains des difficultés. Whitney note un arbitrage textuel dans cette ligne concernant une forme soutenue par le commentateur plutôt que par la majorité des manuscrits. La formulation antique exacte demeure débattue, mais la structure est assez limpide : une plante aperçue dans le paysage devient un objet purificateur au sein de l'espace rituel. Son parcours du sol au foyer confère une assise à son pouvoir.

La force d'un roi est liée jusqu'à la vieillesse

Le verset 4 qualifie la puissance attachée d'aiguisée comme un roi et de redoutable parmi les hommes, puis l'oriente vers le bien-être et la vieillesse. L'héroïsme dans cet hymne n'est pas seulement un élan d'offensive. C'est une force qui protège une vie assez longtemps pour vieillir. L'attachement de l'amulette rend une vertu publique transportable : une personne porte sur son corps les espérances du poème.

La formulation relative à la force d'un roi modifie également le registre social. Celui qui la porte n'est pas littéralement couronné par un brin d'herbe. Le verset établit une analogie entre la vigueur personnelle et la puissance royale afin que le courage puisse être imaginé comme quelque chose que l'on rassemble et préserve. Il serait trompeur de promettre que le port d'un quelconque charme moderne confère l'autorité. Historiquement, le verset fait de l'amulette le point de rencontre entre le rang social et l'endurance corporelle.

Le dernier vers fait face aux quatre directions

Le verset 5 demande que le porteur accomplisse des actes héroïques sans chanceler et brille tel le soleil vers les quatre points cardinaux, surpassant les autres en splendeur. L'image spatiale vient compléter la protection totale invoquée plus tôt. La personne avait d'abord besoin de vie et de défense ; à présent, le poème imagine une vaste visibilité et de l'accomplissement. C'est là la source du bienfait associé, l'accomplissement héroïque, tandis que les versets précédents explicitent quel type d'appui une telle action requiert selon le poème.

Whitney relève une nuance significative dans le verbe d'action entre son texte émendé, les manuscrits et la Pāippalāda. Ces détails interdisent d'affirmer l'existence d'une formulation parfaitement figée. La pratique rituelle réservée aux membres qui l'accompagne est une écriture symbolique originale, et non un mode antique de préparation du darbha. L'enseignement réside dans le changement d'échelle opéré par l'hymne : un unique brin d'herbe est investi des espoirs de toute une existence et d'une réputation visible dans toutes les directions.

Lecture méthodique : de la racine à l'horizon

Lisez XIX.33.1 pour la valeur de la plante et sa protection tous azimuts. Lisez le verset 3 pour son déploiement sur la terre et son passage sur le foyer sacrificiel, où elle est priée de purifier la détresse. Lisez le verset 4 comme l'instant où sa force est liée à une personne pour une longue vie, puis le verset 5 pour les actes héroïques et la splendeur solaire dans les quatre directions. La progression s'opère de la plante matérielle vers l'objet rituel, puis vers le porteur et enfin vers l'horizon public. Comparez avec XIX.46.1, où une autre amulette est liée pour l'héroïsme et la protection. Toutes deux rendent la force transportable, mais XIX.33 ancre sa revendication dans l'imagerie d'une herbe nommée.

Textes sources et études

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