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Atharvaveda · Fortune et succès

Hymnes pour une longue vie dans l'Atharvaveda

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda I.35 relie l'or à la longue vie; II.28 et III.31 recherchent pareillement le bien-être et la durée. Il s'agit d'espérances historiques, et non de méthodes de longévité.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

I.35

ATHARVAVEDA · LIVRE I À LA UNE

Pour une longue vie, etc. : avec une amulette d'or

  1. L'or que les descendants de Dakṣa, bienveillants, ont attaché pour Çatānīka, cet or je l'attache pour toi, en vue de la vie (ā́yus), de l'éclat, de la force, pour une longue vie de cent automnes.

  2. Ni les démons, ni les piçācás ne le terrassent, car ceci est la force première-née des dieux ; quiconque porte l'or des descendants de Dakṣa s'assure une longue vie parmi les vivants.

  3. L'éclat des eaux, la lumière, la force et la puissance, ainsi que les pouvoirs héroïques (vīryà) des arbres des forêts, nous les maintenons en lui, tout comme en Indra les pouvoirs d'Indra (indriyá) ; cet or, lui qui en est capable, le portera.

  4. Des saisons d'étés (? sámā), des mois, nous te [remplissons] ; du lait de l'année je [te] remplis ; qu'Indra et Agni, que tous les dieux t'approuvent, sans nourrir d'inimitié.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.35 sur Wikisource ↗

II.28

ATHARVA-VEDA · LIVRE II À LA LOUPE

Pour la longue vie d'une personne donnée (un enfant ?)

  1. Pour toi seule, ô vieillesse, que celui-ci grandisse ; que les autres morts, qui sont au nombre de cent, ne lui nuisent point ; comme une mère prévenante protège son fils en son giron, que Mitra le préserve de la détresse causée par un ami (mitríya).

  2. Que Mitra ou le secourable (? riçā́dās) Varuṇa, d'un commun accord, fassent de lui un homme qui meurt de vieillesse ; ainsi Agni le sacrificateur (hótar), connaissant les voies (vayúna), décrète toutes les naissances des dieux.

  3. Tu es le maître (īç) du bétail terrestre, de celui qui est né comme de celui qui doit naître ; que le souffle ne quitte point celui-ci, ni l'expiration ; que les amis ne frappent point (vadh) celui-ci, ni les ennemis.

  4. Que le ciel père, que la terre mère, d'un même accord, fassent de toi un être qui meurt de vieillesse ; afin que tu vives dans le giron d'Aditi, gardé par le souffle et l'expiration, durant cent hivers.

Lire le verset restant 1 de II.28
  1. Celui-ci, ô Agni, guide-le pour une durée de vie, pour la splendeur, vers une chère descendance, ô Varuṇa, Mitra, ô roi ! Comme une mère, ô Aditi, accorde-lui (yam) un refuge ; ô vous tous, dieux, faites qu'il atteigne la vieillesse.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Consulter II.28 sur Wikisource ↗

III.31

ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE

Pour la prospérité et une longue vie

  1. Les dieux se sont détournés de la vieillesse ; toi, ô Agni, [tu t'es détourné] de l'avare ; moi, de tout mal [je me suis détourné], loin du yákṣma, vers l'union (sám) avec la durée de vie.

  2. Le purificateur [s'est détourné] du malheur (ā́rti), le puissant (çakrá) de l'iniquité ; moi, loin de, etc., etc.

  3. Les animaux (paçú) du village [se sont séparés] de ceux de la forêt ; les eaux se sont éloignées (sṛ) de la soif ; moi, loin de, etc., etc.

  4. Séparés [l'un de l'autre] vont ici ciel-et-terre (imé), au loin les routes, vers l'une et l'autre direction ; moi, loin de, etc., etc.

Lire les 7 versets restants de III.31
  1. Tvashṭar attelle (yuj) pour sa fille un char nuptial (vahatú) ; à cette nouvelle, toute cette création (bhúvana) s'éloigne ; moi, loin de, etc., etc.

  2. Agni réunit les souffles ; la lune est réunie au souffle : moi, loin de, etc., etc.

  3. Par le souffle, les dieux ont mis en mouvement (sam-īray) le soleil, à l'héroïsme universel : moi, loin de, etc., etc.

  4. Par le souffle de ceux qui vivent longtemps, des créateurs de vie (āyuṣkṛ́t), vis ; ne meurs point : moi, loin de, etc., etc.

  5. Avec le souffle de ceux qui respirent, respire ; sois exactement ici ; ne meurs point : moi, loin de, etc., etc.

  6. Élève-toi avec la durée de vie ; unis-toi à la durée de vie ; élève-toi avec la sève des herbes : moi, loin de, etc., etc.

  7. Ici, avec la pluie de Parjanya, nous nous sommes dressés immortels : moi, loin de, etc., etc.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.31 sur Wikisource ↗

VII.61(63)

ATHARVAVEDA · LIVRE VII EN DÉTAIL

Pour le succès de l'ascèse

  1. Puisque, ô Agni, par une ascèse jointe à l'ascèse, nous accomplissons une ascèse supplémentaire (?), puissions-nous être chers à ce qui a été entendu, vivre longtemps et être très sages.

  2. Ô Agni, nous accomplissons l'ascèse, nous accomplissons une ascèse supplémentaire, nous qui entendons les choses entendues, doués d'une longue vie et très sages.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.61 (63) sur Wikisource ↗

VI.108

ATHARVAVEDA · LIVRE VI ÉGALEMENT CITÉ

Pour la sagesse

Lire l'hymne comparatif VI.108 (5 versets)
  1. Viens donc en premier à nous, ô sagesse (medhā́), avec les vaches, avec les chevaux, toi accompagnée des rayons du soleil ; tu es pour nous digne d'adoration.

  2. J'appelle d'abord, pour l'aide des dieux, la sagesse emplie de bráhman, animée par le bráhman, louée par les voyants, bue par (?) les étudiants védiques.

  3. La sagesse que connaissent les Ribhus, la sagesse que connaissent les Asuras, l'excellente sagesse que connaissent les voyants, nous la faisons entrer en moi.

  4. La sagesse que connaissent les voyants créateurs d'êtres, doués de sagesse, de cette sagesse-là, rends-moi aujourd'hui pourvu, ô Agni.

  5. La sagesse au soir, la sagesse au matin, la sagesse vers midi, la sagesse par les rayons du soleil, par le sortilège (vácas), nous la faisons entrer en nous.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.108 sur Wikisource ↗

L'or et le désir de durer

Les souhaits de longévité réapparaissent dans l'Atharvaveda à travers des objets et des situations d'énonciation variés. L'hymne à l'or recourt à un emblème visible ; d'autres suppliques portent leur sollicitude sur une personne sans placer cette matière au centre. L'or peut porter l'un des souhaits de longévité, mais le corpus n'enferme pas la vie prolongée dans un objet unique.

I.35 intègre l'or à une prière de longévité ; II.28 et III.31 prolongent l'intérêt du recueil pour la survie à travers d'autres requêtes. Cette répétition compte, car la longévité n'est pas une formule unique enfermée dans un objet isolé. Plusieurs poèmes reviennent sur cet avenir incertain selon des angles divers.

Les requêtes de longévité multiplient les images

La récurrence des vœux de vie témoigne d'un souci pour les êtres vulnérables, mais chaque texte rattache ce désir à un contexte et à un matériau différents. Une bénédiction peut associer un objet pérenne à une durée espérée, mais ce lien relève du vœu énoncé par le poème. Les sources n'attestent aucun mécanisme par lequel une amulette modifierait la durée de vie. Les prières plus larges transposent la même espérance humaine dans d'autres décors, matières et registres d'adresse.

I.35 aux côtés de II.28 et III.31

Le poème I.35, centré sur l'objet, diffère de II.28, centré sur la personne, ainsi que de la vision plus globale de la santé de III.31. Cette mise en parallèle permet de distinguer un emblème matériel de suppliques plus amples tournées vers l'individu. La ressemblance des aspirations pour la vie ne transforme pas ces hymnes en une seule et même démarche rituelle. Dès que l'objet en or s'efface, le vœu de longue vie demeure, mais son vecteur change. Il s'agit d'une évolution textuelle, non d'une propriété universelle du métal.

Étude et durée de vie convergent dans VII.61

VII.61 est une apostrophe en deux versets adressée à Agni qui relie la discipline, la tradition orale reçue, la sagesse et la longévité. Le vocabulaire récurrent de l'ascèse ou de la ferveur spirituelle ne saurait être assimilé à la simple possession d'une amulette de longue vie. Les fidèles accomplissent et poursuivent leur discipline tout en demandant à rester chers à la parole transmise et à vivre longtemps en personnes éclairées. La promesse de sagesse et de longue vie par l'étude rigoureuse constitue une reformulation moderne de cette alliance.

Whitney signale que seule une fraction du premier verset a subsisté dans la Pāippalāda et que la première moitié présente des difficultés de lecture. Des usages ultérieurs comptent un rite consacré à l'étude sacrée et à l'initiation d'un étudiant védique. Le lien du poème avec l'étude est ainsi étayé tant par les allusions répétées à l'écoute que par les contextes rituels consignés, mais la portée exacte de son terme composé désignant une pratique accrue ne saurait être surévaluée. Le verset offre le modèle d'une persévérance soutenue, non une prescription thérapeutique chiffrée.

La vie est l'aboutissement d'une vocation continue

Les hymnes de longévité décrits dans l'article, qu'ils s'appuient sur l'or ou soient tournés vers la personne, demandent qu'une existence soit prolongée ou protégée. VII.61 confère à cette longue vie une orientation intellectuelle particulière : on y aspire à écouter, à comprendre et à demeurer sage au fil des années. Les deux versets se répètent au lieu de développer un récit. Cette récurrence elle-même rappelle le retour régulier et discipliné au même labeur. L'ascèse doit être expliquée ici comme une démarche spirituelle historique, sans être réduite à un simple calendrier moderne d'efficacité personnelle.

Le travail rituel en six phases réservé aux membres constitue une création symbolique originale. Son titre évoque de longues études, sans pour autant reproduire la cérémonie d'initiation étudiante plus tardive relevée par Whitney. La comparaison de VII.61 avec VI.108, hymne à la sagesse plus élaboré, met en lumière une autre nuance : VI.108 invite la sagesse à faire son entrée au matin, à midi et au soir ; VII.61 lie la sagesse à une rigueur durable et à l'étendue de la vie. Tous deux honorent la connaissance, mais l'un insiste sur sa venue et sa réapparition quotidienne, tandis que l'autre unit l'entendement à une longue trajectoire d'exercices.

Lecture approfondie : deux formes de savoir durable

Lisez VII.61.1-2 et relevez le vocabulaire récurrent de l'ascèse à côté des mentions de longévité et de grande sagesse. Le premier verset demande à ce que l'on soit cher à ce qui a été entendu ; le second dépeint des fidèles continuant d'écouter. Comparez à présent avec VI.108.3-5, qui invite la sagesse à entrer et répète cette invocation au matin, à midi et au soir. Les deux poèmes font de l'apprentissage bien plus qu'un éclair de mémoire. VII.61 ajoute une longue existence à cette aspiration et met au centre une discipline continue, tandis que VI.108 dramatise l'arrivée renouvelée de la sagesse. Les poèmes consacrés aux amulettes d'or peuvent préserver la vie sans cette vocation intellectuelle explicite, raison pour laquelle le bénéfice rituel associé revient à VII.61.

Textes sources et études

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