LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE VII EN DÉTAIL
Vers le foyer : au retour ou au départ
Porteur de subsistance (ū́rj), gagnant le bien, très sage, d'un œil doux et bienveillant, je viens aux maisons, plein de bonne volonté, saluant ; soyez tranquilles, n'ayez pas peur de moi.
Ces maisons [sont] bienveillantes, riches en subsistance (ūrjas-), riches en lait, dressées, remplies de ce qui est agréable ; qu'elles nous reconnaissent à notre arrivée.
À qui pense l'absent (adhi-i), en qui réside une abondante bienveillance ; ce sont ces maisons que nous appelons ; qu'elles nous reconnaissent à notre arrivée.
Invoquées [sont] celles aux grandes richesses, compagnes, savourant ensemble les douceurs ; soyez sans faim, sans soif ; vous, maisons, n'ayez pas peur de nous.
Lire les 3 versets restants de VII.60 (62)
Invoquées ici [sont] les vaches, invoqués les chèvres et les moutons ; de même, la douce boisson de nourriture [est] invoquée dans nos maisons.
Pleines d'agrément, bien pourvues, pleines de boisson rafraîchissante (írā), joyeuses (hasāmudá), sans soif, sans faim soyez ; ô maisons, n'ayez pas peur de nous.
Demeurez précisément ici ; ne partez pas après ; parez-vous de toutes les formes ; je viendrai avec ce qui est excellent ; devenez plus abondantes grâce à moi.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.60 (62) sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ
Pour le succès de quelqu'un
Lire l'hymne de comparaison VII.8 (9) (1 verset)
Avance de ce qui est excellent vers ce qui est meilleur ; que Brihaspati soit ton précurseur. Fais alors que cet homme, sur l'étendue de cette terre, soit hors de portée des ennemis, avec tous ses héros.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.8 (9) sur Wikisource ↗
La personne qui revient doit annoncer sa bienveillance
Le verset 1 présente l'orateur apportant la subsistance et saluant les maisons d'un œil doux. L'injonction surprenante s'adresse aux maisons elles-mêmes : demeurez paisibles et ne craignez rien. La demeure devient ainsi partenaire des retrouvailles, non un simple réceptacle passif. Whitney relève une version pāippalāda fort différente où l'orateur s'avance également avec joie vers les maisons. Cette variante modifie les termes et l'ordre, mais conserve la scène réciproque de l'approche.
Le Kauśikasūtra plus tardif employait cet hymne lorsqu'une personne absente un temps revenait et se tenait devant sa maison. Cet usage rituel s'accorde étroitement avec l'ouverture du texte. Pourtant, la portée émotionnelle du verset se trouve déjà dans ses mots : l'orateur ne présume pas d'un accueil spontané. Il offre sa bienveillance et sollicite d'être reconnu. La prospérité s'amorce comme un lien rétabli après l'éloignement, la nourriture et la sécurité franchissant ensemble le seuil.
Une maison comblée possède la mémoire et les vivres
Les versets 2 et 3 qualifient les maisons de riches en subsistance et en lait, garnies de choses plaisantes, capables de reconnaître ceux qui approchent. L'absent avait pensé à ces demeures durant son voyage. Abondance matérielle et attachement mémoriel se renforcent l'un l'autre. Le poème n'énumère point des biens superflus ; il cite les provisions permettant aux occupants de vivre sans éprouver la faim et préservant la familiarité du lieu. La reconnaissance mutuelle compte autant que l'approvisionnement.
Whitney consigne des divergences entre les variantes du verset 3, selon que les maisons reconnaissent ceux qui arrivent ou ceux qui les connaissent. Cette nuance infime réoriente la relation. La demeure identifie-t-elle le voyageur, ou bien celui-ci en fait-il déjà partie intégrante ? L'une et l'autre lectures font du retour un acte partagé. Un mot-clé moderne tel que la prospérité risque d'occulter cette finesse affective si l'adresse directe faite au foyer est perdue de vue.
Le foyer est une économie vivante
Le verset 4 invite les maisons à être exemptes de faim ou de soif et leur répète de ne pas craindre. Le verset 5 appelle le bétail, les chèvres, les brebis et la boisson nourricière. Le verset 6 réitère la plénitude, le réconfort, l'allégresse et l'affranchissement du besoin. Un foyer prospère constitue donc un réseau de personnes, d'animaux, de réserves et de subsistance quotidienne. Le poème envisage la maison comme une maisonnée active, non comme une simple construction.
La leçon pāippalāda du verset 4 insiste sur des maisons sans cesse combles, tandis qu'une autre variante souligne qu'elles soient pleines de personnes. La distinction est sensible : la plénitude peut désigner les réserves, les occupants, ou l'ensemble. Ce qui demeure constant, c'est le vœu que la demeure ne s'épuise pas au fil du voyage. Le texte revient sans cesse sur l'appétit, car un accueil privé d'eau et de nourriture sonnerait bien creux.
Le verset final connaît également le départ
Le verset final enjoint aux maisons de rester et de ne point suivre l'orateur quand il s'éloigne, puis promet de revenir avec ce qui est excellent pour les rendre encore plus abondantes. Le poème embrasse ainsi à la fois l'arrivée et un nouveau départ. L'usage rituel ultérieur de ce verset au moment de se mettre en route éclaire ce mouvement. Le retour au foyer n'est pas un instant figé ; c'est un cycle au sein duquel un lieu doit être entretenu et réalimenté.
Whitney relève un ordonnancement des versets dans la tradition pāippalāda qui place le sixième verset plus tôt, montrant que même l'enchaînement de la plénitude et du retour variait selon les témoins. L'avantage couplé retranscrit l'élan positif consistant à rentrer chez soi avec un surcroît de biens. Sa pratique réservée aux membres, structurée en six phases, constitue une création symbolique moderne originale. L'analyse détaillée révèle un souhait plus profond : qu'une demeure et ses habitants se reconnaissent mutuellement par-delà le temps et demeurent capables d'accueillir.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lecture méthodique : franchir le seuil dans les deux sens
Lisez VII.60.1–3 comme une arrivée. L'orateur s'approche avec douceur, les maisons sont riches en lait et la personne qui revient demande à être reconnue. Lisez les versets 4–6 pour découvrir l'économie matérielle qui soutient cet accueil : l'absence de faim et de soif, le bétail, la boisson et la gaieté. Lisez enfin le dernier verset comme un nouveau départ. L'orateur demande aux maisons de rester tout en promettant de revenir avec ce qui est excellent. Les notes rituelles ultérieures de Whitney situent l'hymne tant à l'entrée qu'au départ, mais le poème lui-même ouvrait déjà la voie à ce cycle. Le retour prospère au foyer est une relation entretenue à travers l'absence, et non un simple transfert ponctuel de richesse.
