LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
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ATHARVA-VEDA · LIVRE II À LA LOUPE
Pour le bien-être et la longue vie d'un nourrisson
Donnant la durée de vie, ô Agni, choisissant la vieillesse ; baigné de ghee devant, baigné de ghee derrière, ô Agni, ayant bu le doux et agréable (cā́ru) ghee de la vache, protège (rakṣ) ensuite cet [enfant] comme un père ses fils.
Enveloppez-le, revêtez-le pour nous de splendeur ; faites qu'il meure de vieillesse ; [accordez-lui] une longue vie ; Brihaspati a pourvu (pra-yam) le roi Soma de ce vêtement afin qu'il [s']enveloppe.
Tu as revêtu ce vêtement pour ton bien-être ; tu es devenu le protecteur des gens (?) contre la malédiction ; vis cent automnes nombreux, et amasse autour de toi une abondance de richesses.
Viens, tiens-toi sur la pierre ; que ton corps devienne pierre ; que tous les dieux fassent durer ta vie cent automnes.
Lire le verset restant 1 de II.13
Celui-ci, dont nous prenons le vêtement pour être porté pour la première fois, que tous les dieux le favorisent ; celui-ci, grandissant d'une bonne croissance, que de nombreux frères naissent après lui, ⌊[après toi,]⌋ comme d'heureuse naissance.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Consulter II.13 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE I ÉGALEMENT CITÉ
Pour un accouchement sans heurts
Lire l'hymne comparatif I.11 (6 versets)
Lors de cette naissance, ô Pūshan, qu'Aryaman, en invocateur efficace (vedhás), profère váṣaṭ pour toi ; que la femme, bien formée, soit délassée ; que ses jointures s'écartent afin d'enfanter.
Quatre [sont] les directions du ciel, quatre aussi de la terre : les dieux ont réuni le fœtus ; qu'ils la délivrent afin qu'elle enfante.
Que Pūshan (?) l'ouvre ; nous écartons la yóni ; toi, sūṣaṇā, détends ; toi, biṣkalā, relâche.
Non pas comme retenu (ā́hata) dans la chair, ni dans la graisse, ni comme dans les moelles, que le placenta taché et visqueux (?) descende, pour que le chien le mange ; que le placenta tombe.
Je disjoins ton conduit urinaire, disjoins la yóni, disjoins les [deux] aines, sépare à la fois la mère et l'enfant, sépare le garçon du placenta ; que le placenta descende.
Comme le vent, comme l'esprit, comme volent les oiseaux, vole ainsi, ô [enfant] de dix mois, avec le placenta ; que le placenta descende.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.11 sur Wikisource ↗
ATHARVA-VÉDA · LIVRE IV ÉGALEMENT CITÉ
Pour diverses bénédictions
Lire l'hymne de comparaison IV.39 (10 versets)
Sur la terre ils ont rendu hommage (sam-nam) à Agni ; il a prospéré (ṛdh) ; de même que sur la terre ils ont rendu hommage à Agni, que les adorateurs me rendent hommage.
La terre [est] la vache laitière ; d'elle Agni [est] le veau ; qu'elle, avec Agni pour veau, traie pour moi la nourriture (íṣ), le rafraîchissement, [mon] désir, la longévité d'abord, la progéniture, la prospérité, la richesse : salut !
Dans l'atmosphère ils ont rendu hommage à Vāyu ; il a prospéré ; de même que dans l'atmosphère ils ont rendu hommage à Vāyu, que les adorateurs me rendent hommage.
L'atmosphère est la vache laitière ; d'elle Vāyu est le veau ; qu'elle, avec Vāyu pour veau, traie pour moi etc. etc.
Dans le ciel ils ont rendu hommage à Āditya ; il a prospéré ; de même que dans le ciel ils ont rendu hommage à Āditya, que les adorateurs me rendent hommage.
Le ciel est une vache laitière; d'elle Āditya est le veau; qu'elle, avec Āditya pour veau, traite pour moi etc. etc.
Dans les directions cardinales ils ont rendu hommage à la lune (candrá); elle a prospéré; de même que dans les directions cardinales ils ont rendu hommage à la lune, que de même ceux qui rendent hommage me rendent hommage.
Les directions cardinales sont des vaches laitières; d'elles la lune est le veau; qu'elles, avec la lune pour veau, traitent pour moi etc. etc.
Agni se meut (car), entré dans le feu, fils des voyants, protecteur contre l'imprécation; avec l'hommage rendu, avec hommage, je te fais offrande; ne traitons pas faussement la part des dieux.
Purifié par le cœur, par l'esprit, ô Jātavedas connaissant toutes les voies (vayúna), ô dieu; sept bouches sont tiennes, ô Jātavedas; à elles je fais offrande, jouis donc de l'oblation.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire IV.39 sur Wikisource ↗
Un enfant est désormais présent
II.13 s'adresse à l'enfant après son arrivée. Son souhait tourné vers l'avenir rassemble une communauté de soins autour d'une nouvelle vie vulnérable. I.11, en revanche, s'exprime au moment même du passage de la naissance. Leur différence de temporalité modifie la portée émotionnelle et sociale de chaque requête.
II.13 parle de la vie continue d'un enfant après la naissance; I.11 se concentre sur le passage de la naissance. Ce contraste ne se résume pas à deux étapes d'un unique déroulement rituel. Un nouveau-né devient le destinataire d'un espoir futur dès lors que la crise immédiate de la venue au monde est passée.
Bénédiction après la scène de naissance
Une bénédiction pour un nourrisson imagine une vie qui se poursuit, et non un simple moment de survie. Cet avenir dépend dans l'existence ordinaire de personnes attentives et d'une responsabilité partagée. La parole symbolique du poème rend ces espoirs audibles; il ne s'agit pas d'une promesse clinique quant à la santé de l'enfant.
II.13 aux côtés de I.11
L'hymne précédent sur l'enfantement reste proche d'une crise corporelle. II.13 peut s'adresser à une relation continue entre l'enfant et son entourage. Un poème s'ancre dans un événement; l'autre dans la durée. Lus ensemble, ils marquent une transition tant dans la vulnérabilité que dans les soins. La vie d'un nouveau-né doit être entretenue par la nourriture, l'abri et l'attention humaine; le temps futur de la bénédiction rend ces dépendances ordinaires manifestes, même lorsqu'elle s'exprime en poésie rituelle. I.11 constitue une limite voisine utile car il s'exprime encore depuis l'incertitude de la venue au monde. L'espoir de II.13 porte plus loin, mais il demeure une expression de sollicitude plutôt que la preuve qu'un avenir désiré est assuré.
IV.39 formule un vœu d'abondance plus vaste
Le nourrisson auquel s'adresse II.13 a besoin de soins maintenant et pour les années à venir. IV.39 est un poème différent, consacré à la nourriture, à la descendance et à la prospérité. Ses vers pairs répétés conçoivent la terre, l'atmosphère, le ciel et les directions cardinales comme des vaches laitières, avec des veaux divins nommés extrayant la nourriture, le rafraîchissement, la vie, la progéniture et la richesse. Cette imagerie fait nourrir un foyer par le cosmos tout entier. C'est le fondement textuel direct de ce bienfait associé, tandis que II.13 demeure une bénédiction ciblée pour un nourrisson.
Whitney décrit IV.39 comme étant en partie de la prose, avec un schéma répété dans les vers 1–8 et deux vers métriques à la fin. Un passage similaire de la Taittirīya est dépourvu des vers pairs atharvavédiques qui demandent concrètement la subsistance issue de la traite. Cette différence dépasse un simple choix de mots: la séquence atharvavédique offre au lecteur un cycle récurrent d'hommage suivi de nourriture. L'avenir de l'enfant peut être comparé à ce cycle sans prétendre que II.13 le récite.
La répétition transforme un monde en foyer
IV.39.2 commence par la terre et Agni, tandis que les paires suivantes emploient l'atmosphère et Vāyu, le ciel et Āditya, puis les directions cardinales et la lune. Le même inventaire de nourriture, de vie, de descendants et de richesses est demandé à chaque échelle. La méthode du poème procède par accumulation de correspondances. Elle demande au vaste monde d'agir comme une vache généreuse pour un modeste foyer humain. Cette image sociale et matérielle diffère de l'adresse directe de II.13 à un enfant particulier.
Les deux vers de clôture de IV.39 reviennent à l'offrande et à Agni, et Whitney n'est pas certain de la raison de leur ajout. Cette jonction compte pour la lecture de la structure. La pratique contemporaine réservée aux membres est une écriture symbolique originale; elle ne reproduit ni un rite de naissance ni les sacrifices ultérieurs où IV.39 apparaissait. Maintenir la distinction entre les poèmes apporte un éclairage plus net: l'un bénit un nourrisson présent, tandis que l'autre imagine la subsistance et les générations susceptibles de soutenir une famille au-delà de cet instant.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lecture commentée: un enfant et un cosmos nourricier
Lisez II.13 comme une adresse à un enfant déjà né. Lisez ensuite IV.39.1–2: la terre est honorée et devient une vache laitière dont le veau est Agni, accordant nourriture, vie, progéniture et richesse. Suivez les paires répétées à travers l'atmosphère, le ciel et les directions cardinales. Les mêmes nécessités domestiques sont sollicitées auprès de parties de plus en plus vastes du monde. Remarquez enfin les deux vers de clôture, que Whitney traite comme un ajout complexe au schéma d'ensemble. Le bienfait associé provient de la liste de subsistance de IV.39; II.13 fournit une scène humaine dans laquelle le besoin continu de nourriture et de descendants prend une consistance émotionnelle concrète.
