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Atharvaveda · Malédictions et ennemis

Atharvaveda IV.37 : l'herbe à cornes de chèvre et les esprits menaçants

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda IV.37 s'adresse aux Apsaras, aux Gandharvas et à d'autres êtres redoutés par le biais d'une plante nommée et d'une succession d'expulsions. Ses douze vers alternent entre senteur, paysage, musique et force. Cet hymne témoigne d'une conception antique de la menace, non d'un diagnostic médical contemporain.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

IV.37

ATHARVAVEDA · LIVRE IV EN LUMIÈRE

Contre divers ennemis surhumains : avec une herbe

  1. Par toi jadis les Atharvans abattirent les démons, ô herbe; par toi tua Kaçyapa; par toi Kaṇva, Agastya.

  2. Par toi nous expulsons (cat) les Apsaras, les Gandharvas; ô herbe aux cornes de chèvre, chasse le démon; fais tout disparaître par [ton] odeur.

  3. Que les Apsaras s'en aillent vers le cours d'eau, vers le souffle mugissant (?) des eaux : Guggulū, Pīlā, Naladī, Āukṣagandhi, Pramandanī : partez donc, ô Apsaras; vous avez été reconnues.

  4. Là où [sont] les açvatthas, les nyagródhas, de grands arbres pourvus de cimes : partez vers ces lieux, ô Apsaras; vous avez été reconnues.

Lire les 8 versets restants de IV.37
  1. Là où [sont] vos escarpolettes, vertes et blanchâtres; là où les cymbales [et] les luths résonnent ensemble, partez vers ces lieux, ô Apsaras; vous avez été reconnues.

  2. Voici venue cette herbe puissante (vīryàvant) parmi les herbes, parmi les plantes; que l'arāṭakī́ aux cornes de chèvre, aux cornes aiguisées, repousse au loin.

  3. Du Gandharva dansant çà et là, pourvu d'une huppe, seigneur des Apsaras, je fends les testicules, je lie fermement (?) le membre.

  4. Terribles sont les projectiles (hetí) d'Indra, cent lances de fer; qu'avec eux il repousse les Gandharvas dévoreurs d'oblations, dévoreurs d'ávakā.

  5. Terribles sont les projectiles d'Indra, cent lances d'or; qu'avec eux il repousse les Gandharvas dévoreurs d'oblations, dévoreurs d'ávakā.

  6. Ceux qui se nourrissent d'ávakā, brûlants, jetant une lueur (?) dans les eaux, tous les piçācas, ô herbe, massacre-les et maîtrise-les.

  7. L'un comme un chien, l'autre comme un singe, un garçon tout velu, s'étant rendu agréable à regarder en apparence, le Gandharva s'attache (sac) aux femmes; nous le faisons disparaître d'ici par notre puissante (vīryàvant) incantation (bráhman).

  8. Vos épouses, en vérité, sont les Apsaras; ô Gandharvas, vous êtes [leurs] époux; fuyez, ô êtres immortels; ne vous attachez point aux mortels.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire IV.37 sur Wikisource ↗

IV.36

ATHARVA-VÉDA · LIVRE IV ÉGALEMENT CITÉ

Contre les démons et autres ennemis

Lire l'hymne de comparaison IV.36 (10 versets)
  1. Qu'il les consume par sa force réelle, Agni Vāiçvānara, le taureau; quiconque nous outragera et cherchera à nous nuire, de même quiconque se montrera mesquin envers nous.

  2. Quiconque cherchera à nous faire du tort sans que nous lui en fassions, et quiconque cherche à nous nuire sciemment, entre les deux défenses d'Agni Vāiçvānara je le place.

  3. Ceux qui chassent en criant d'accord (? āgará), en poussant des clameurs opposées (? pratikroçá), au jour de la nouvelle lune, mangeurs de chair, cherchant à nuire à autrui, tous ceux-là je les subjugue par ma puissance.

  4. Je subjugue les piçācas par ma puissance; je m'approprie leurs biens; je frappe à mort tous les insulteurs; que mon dessein s'accomplisse avec succès.

  5. Les dieux qui s'élancent (hās) avec lui, ils mesurent leur vitesse à celle du soleil, avec ces bêtes (paçú) qui se trouvent dans les cours d'eau, sur les montagnes, je suis en parfaite concorde.

  6. Je suis un tourment (tápana) pour les piçācas, tel un tigre pour les possesseurs de bétail; comme des chiens apercevant un lion, ils ne trouvent point de cachette (nyáñcana).

  7. Je ne saurais composer avec les piçācas, ni avec les voleurs, ni avec les êtres sauvages (? vanargú); les piçācas disparaissent du village dans lequel j'entre.

  8. Quel que soit le village où pénètre ce mien pouvoir redoutable, les piçācas en disparaissent; [là] ils ne trament point le mal.

  9. Ceux qui m'irritent en faisant du vacarme, telles des mouches autour d'un éléphant, je les tiens en piètre estime, comme des acariens (?) sur un homme (jána).

  10. Que la perdition lui mette le licou, tel un cheval pris dans son licou (-abhi-dhā́nī); l'insensé (malvá) qui s'emporte contre moi ne sera point délié de ses entraves.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire IV.36 sur Wikisource ↗

Une plante reçoit une histoire de victoires sur les ennemis

Le premier vers ne présente pas l'herbe comme un remède ordinaire. Il affirme que d'anciens Atharvans et des voyants désignés l'ont utilisée contre les démons, inscrivant l'officiant dans une lignée héritée de paroles et de plantes opérantes. Le vers 2 la qualifie de cornue comme une chèvre et demande à son odeur de chasser les Apsarases et les Gandharvas. La description physique de la plante et son odeur participent du raisonnement : un objet perceptible est requis pour faire partir une présence invisible.

Whitney note que l'épithète peut refléter la forme d'un fruit, mais l'identification du commentaire ne fait pas l'unanimité. Cette incertitude importe, car l'action verbale est plus claire qu'un nom botanique moderne. Le poème attribue à l'herbe un rôle d'expulsion, puis réitère cette injonction sur plusieurs registres. Traiter la plante comme une espèce pharmaceutique fixe et déterminée réduirait la portée d'un texte dont l'objet réside dans la relation entre une chose nommée, des entités menaçantes et un requérant en quête de soulagement.

Les vers médians relocalisent ces êtres

Les vers 3–5 ordonnent aux Apsarases d'aller ailleurs : vers un cours d'eau, de grands arbres, des balançoires, des cymbales et des luths. Le poème fait plus que commander une absence. Il décrit des lieux et des plaisirs associés à ces êtres et les y renvoie. Nommer plusieurs Apsarases au vers 3 rend également la menace spécifique. Certains noms sont rattachés à des substances parfumées ; Whitney relève que le commentateur interprète plutôt cette liste comme des offrandes sacrificielles. La même séquence peut donc s'entendre comme l'identification d'entités ou la désignation de matières rituelles.

Le vers 6 qualifie l'herbe cornue d'arrivée puissante qui refoule ce qui tourmente l'officiant. Les lignes suivantes montent en intensité pour évoquer la violence corporelle et les projectiles de fer et d'or d'Indra. Ces images relèvent d'une rhétorique combative au sein d'un hymne historique d'expulsion. Elles n'établissent nullement qu'une personne actuelle est habitée par un esprit, pas plus qu'elles ne fournissent une explication fiable d'une détresse mentale ou physique. La structure progresse d'une redirection des êtres vers l'invocation d'une force implacable à leur encontre.

Le dénouement sépare ces êtres des existences humaines

Le vers 11 dépeint un Gandharva adoptant plusieurs formes et s'attachant aux femmes, avant que l'incantation n'énonce qu'il doit disparaître. Le vers 12 ordonne aux Gandharvas et à leurs compagnes Apsarases de s'éloigner et d'éviter les mortels. La clôture formule ainsi une séparation nette : des entités pourvues de leurs propres partenaires ne doivent pas s'imposer aux foyers humains. C'est là une visée bien plus précise que de prétendre que le poème promeut généralement le bien-être. Il conceptualise une catégorie d'intrusion et une mise à l'écart délibérée.

IV.36, dont Whitney signale l'emploi avec IV.37 parmi les hymnes d'expulsion, fournit une comparaison voisine pertinente. Ensemble, ils illustrent comment un corpus rituel peut articuler plusieurs formes d'apostrophes protectrices. Des commentaires rituels ultérieurs ont également relié IV.37 à la possession. Cette preuve témoigne d'un usage historique de l'hymne, tandis que le texte lui-même demeure un poème complexe mêlant herbe, senteur, entités nommées et éloignement. Le bénéfice réservé aux membres qui lui est associé condense ce souhait d'expulsion ; son travail rituel en six phases est une composition symbolique moderne et originale.

Les témoins modifient l'ordonnancement du poème

La Pāippalāda conserve la plus grande partie d'IV.37 dans un ordre différent et à l'état fragmentaire ; Whitney rapporte qu'elle ne possède pas le vers 9. Ce vers manquant est le pendant à la lance d'or des lances de fer du vers 8. Dans la recension de Śaunaka, cette quasi-répétition donne à l'assaut d'Indra un caractère dédoublé et cumulatif. Un témoin dépourvu du second verset sur les lances présente un dénouement martial moins développé, même si le poème repousse toujours les êtres menaçants.

Whitney signale aussi des incertitudes dans la division des vers 3–5 ainsi que plusieurs leçons difficiles. Ce sont là des limites significatives face à toute prétention d'un rituel originel unique et inaltéré. Le refrain prescrivant le départ des entités demeure central, mais sa place et les noms qui l'entourent varient. Une lecture attentive suit ce mouvement récurrent au lieu de faire comme si chaque mot sanskrit ou identité végétale était tranché. La question pratique de l'hymne est de déterminer le lieu où une présence redoutée doit se trouver, et sa réponse est : loin du requérant humain.

Lecture guidée : une issue hors du foyer

Commencez par IV.37.2, où l'odeur de l'herbe aux cornes de chèvre est appelée à faire disparaître les Apsarases et les Gandharvas. Dans les vers 3–5, observez la réorientation répétée vers les cours d'eau, les arbres, les balançoires et la musique. Le vers 6 confère à la plante une poussée plus vigoureuse ; les vers 8–9 ajoutent les projectiles jumelés de fer et d'or d'Indra. Enfin, le vers 12 ordonne à ces êtres de laisser les mortels tranquilles. La séquence construit une progression, de la reconnaissance à l'éviction, et non une explication médicale de symptômes. L'absence du vers 9 dans la Pāippalāda abrège le temps fort des projectiles jumelés. Le bénéfice réservé aux membres, « chasser les esprits menaçants », formule le résultat qu'imaginait l'hymne lui-même, tandis que la pratique rituelle contemporaine constitue une réflexion nouvellement écrite sur les limites.

Textes sources et études

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Rituel réservé aux membres : Chasser les esprits menaçants

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