LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE IX À LA LOUPE
Accompagnement du don d'un taureau
Le brillant taureau aux mille, riche en lait, portant toutes les formes dans ses ventres, désirant accomplir (? çikṣ) ce qui est excellent pour celui qui le donne, le sacrificateur ; lui, le roux de Brihaspati, a tendu ⌊ā-tan⌋ le fil (tántu).
Lui qui, au commencement, est devenu la contrepartie (pratimā́) des eaux, prévalant (prabhū́) pour toute chose, semblable à la terre divine, père des petits (vatsá), maître des [vaches] inviolables ; qu'il nous établisse (kṛ) dans une prospérité mille fois répétée.
Mâle (púmāṅs), [pourtant] gravide, imposant (sthávira), riche en lait, le taureau porte un tronc (kábandha) de biens (vásu) ; lui, sacrifié à Indra, qu'Agni Jātavedas l'emporte par les chemins parcourus par les dieux.
Père des veaux, maître des [vaches] inviolables, père aussi de vastes gouffres (gárgara) ; veau, arrière-faix, lait frais, colostrum, caillé, ghi ; telle [est] sa semence.
Lire les 20 versets restants de IX.4
La part des dieux [fut] cette charge, la sève des eaux, des plantes, du ghi ; le puissant (çakrá) a choisi une gorgée de soma ; une grande pierre est devenue ce qui [était son] corps.
Tu portes un récipient rempli de soma, façonneur (tvástṛ) de formes, géniteur de bétail ; que propices pour toi soient ces parties honteuses (? prajanū́) qui sont ici ; pour nous, ô hache, affermis celles qui sont là-bas.
Le beurre sacrificiel, il le porte ; le ghi [est] sa semence ; la prospérité mille fois répétée, c'est ainsi qu'ils nomment le sacrifice ; le taureau, se vêtant de la forme d'Indra ; qu'il vienne à nous, ô dieux, propice, étant donné.
La force d'Indra, les deux bras de Varuṇa, les deux épaules des Açvins, des Maruts cette bosse ; ceux qui sont sages, poètes, qui sont habiles (manīṣín), l'appellent Brihaspati rassemblé.
Riche en lait, tu t'étends jusqu'au peuple (víç) des dieux ; toi, ils t'appellent Indra, toi, Sarasvant ; il donne mille [vaches] d'une seule venue, celui qui fait offrande (ā-hu) d'un taureau à un Brahmane.
Brihaspati, Savitar t'ont conféré la vigueur (váyas) ; de Tvashṭar, de Vāyu fut issue ton âme (ātmán) ; l'esprit dans l'atmosphère, je fais offrande (hu) de toi ; que le ciel et la terre soient tous deux ton barhís.
Lui qui s'avance en s'exprimant avec grandeur parmi les vaches, semblable à Indra parmi les dieux ; de ce taureau, que le fidèle (brahmán) loue ensemble les membres avec excellence.
Ses côtés appartenaient à Anumati ; ses flancs (? anūvṛ́j) appartenaient à Bhaga ; de ses genoux (aṣṭhīvánt), Mitra a dit : ceux-ci sont entièrement à moi.
Sa croupe appartenait aux Ādityas ; ses deux cuisses appartenaient à Brihaspati ; sa queue [était] celle du vent céleste ; par elle, il secoue les herbes.
Ses intestins (gúdā) appartenaient à Sinīvālī ; ils ont appelé sa peau celle de Sūryā ; ils ont appelé ses pieds (pl.) ceux de celui qui se tient debout (utthātṛ́), lorsqu'ils préparèrent (kalpay-) le taureau.
Sa poitrine (kroḍá) appartenait à Jāmiçaṅsa ; son récipient [fut] maintenu comme étant celui de Soma, quand tous les dieux, réunis, distribuèrent (vi-kalpay-) le taureau.
Ces ergots (kúṣṭhikā) [étaient] à Saramā ; ils assignèrent les sabots aux tortues (kūrmá) ; le contenu de ses entrailles, ils le réservèrent pour les vers, les çavartás.
De ses cornes, il repousse le démon ; de son œil, il terrasse la ruine ; de ses oreilles, il entend ce qui est excellent ; lui qui est le maître inviolable des vaches.
Par un sacrifice centuple, il sacrifie ; les feux ne le brûlent pas ; tous les dieux vivifient celui qui fait offrande d'un taureau à un Brahmane.
Ayant donné un taureau aux Brahmanes, on élargit son esprit ; on contemple (ava-paç) la prospérité des [vaches] inviolables dans sa propre étable.
Qu'il y ait des vaches, qu'il y ait une descendance, qu'il y ait aussi sa propre force ; que les dieux approuvent tout cela pour le donateur d'un taureau.
Que ce robuste (pípāna), véritable Indra, accorde une richesse manifeste ; que celui-ci [accorde] une vache bonne laitière, constamment suitée ; qu'il donne (duh) une volonté inspirée par-delà le ciel.
De forme rougeâtre, nébuleux (? nabhasá), dispensateur de vigueur, impétuosité d'Indra, omniforme, il est venu à nous, nous assignant durée de vie et descendance ; et, par d'abondantes richesses, qu'il s'attache à (abhi-sac) nous.
Ici, dans cette étable, ô rapprochement (upapárcana), sois proche de nous ; à [nous] toute semence que possède le taureau ; à [nous], ô Indra, ton héroïsme.
Ce jeune mâle, nous le disposons ici vers vous ; avec lui, allez (fém.) batifolant selon vos désirs ; ne nous délaissez pas lors de la mise bas, vous les bien pourvues ; et, par d'abondantes richesses, attachez-vous à nous.
Traduction de Whitney-Lanman telle que publiée (1905) · Lire IX.4 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ
Prière à Dhātar pour obtenir des bénédictions
Lire l'hymne comparatif VII.17 (18) (4 versets)
Que Dhātar nous dispense (dhā) des richesses, [lui] étant le maître (īç), seigneur de la création mouvante ; qu'il nous accorde la plénitude.
Que Dhātar accorde à son dévot une vie prolongée et inépuisable ; puissions-nous obtenir la faveur du dieu qui dispense tout.
Que Dhātar attribue tous les biens désirables au dévot désireux d'une descendance dans sa demeure ; que pour lui les dieux enveloppent l'immortalité (amṛ́ta), tous les dieux, Aditi, d'un commun accord.
Que Dhātar, Rāti, Savitar goûtent ceci, que Prajāpati, Agni notre seigneur des trésors le goûtent ; que Tvashṭar, Vishṇu, partageant (rā) de concert avec la descendance, octroient la richesse à celui qui sacrifie.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.17 (18) sur Wikisource ↗
Les sept premiers versets magnifient un seul animal
L'ouverture qualifie le taureau de brillant, riche en lait et capable d'apporter le bien à son donateur. Le vers 2 demande qu'il établisse le bénéficiaire dans une prospérité mille fois répétée. Le vers 3 qualifie paradoxalement l'animal mâle de gravide de biens, tandis que le vers 4 désigne les veaux, le lait, le caillé et le ghi comme sa semence. Ces images ne décrivent pas un fait biologique au sens strict. Elles font d'un seul reproducteur la figure de tout le rendement futur d'un troupeau.
Le vers 7 indique que le beurre sacrificiel et le ghi appartiennent à la force génératrice du taureau, et il qualifie de nouveau le sacrifice de prospérité mille fois répétée. La répétition relie la fertilité animale, la production de nourriture et la valeur rituelle. Une lecture moderne qui n'y verrait qu'un « sortilège de richesse » ignorerait le fondement matériel du vœu : l'élevage du bétail et les produits laitiers faisaient subsister les maisonnées. Le registre cosmique amplifie un fait économique déjà bien visible sur une exploitation.
Le taureau devient le corps des dieux
Le vers 8 assigne la force d'Indra, les bras de Varuṇa, les épaules des Aśvin et la bosse des Marut au taureau. Un passage ultérieur fait correspondre encore d'autres parties du corps à des êtres et des puissances divines. Il s'agit d'un système de correspondances servant à élever le don. Un animal concret devient un monde de relations, de sorte que son offrande peut être conçue comme un acte bien plus vaste qu'un simple transfert de bétail.
Whitney note que la Pāippalāda conserve cet hymne dans un ordre différent, comprenant une inversion entre ses quatrième et cinquième vers ainsi que des réorganisations ultérieures. La succession des mentions du corps et du don n'était pas figée dans tous les témoins. Pourtant, l'intention demeure limpide : le poème rend le taureau digne d'offrande en le décrivant comme constitué de multiples présences divines. Son envergure symbolique soutient la portée sociale du don.
Le destinataire fait partie intégrante du mécanisme
Le vers 9 affirme qu'une personne donne mille têtes de bétail d'une seule venue en offrant un taureau à un Brahmane. Le vers 18 réaffirme l'importance du donateur, et le vers 19 déclare que donner un taureau à des Brahmanes élargit l'esprit et permet de voir la prospérité dans sa propre étable. Il ne s'agit pas de souhaits privés détachés d'un destinataire. Le bienfait du poème transite par un don public accordé à un spécialiste rituel reconnu.
Le vers 20 demande du bétail, une descendance et la force propre du donateur ; il est demandé aux dieux d'approuver ces biens pour la personne qui accomplit le don. Cette formulation ne signifie pas qu'un bienfaiteur a acheté un rendement garanti. Elle décrit une économie religieuse dans laquelle la générosité, la richesse en bétail et la faveur divine sont verbalement unies. Une lecture avertie doit maintenir le destinataire visible, car sans ce transfert, cet hymne n'a pas de raison d'être.
La prospérité se poursuit au-delà de la première transaction
Vers la fin, il est demandé au taureau d'accorder une richesse visible, une vache bonne laitière constamment suitée, la vie et une descendance. Le don n'est paradoxal que si la richesse se mesure au nombre immédiat d'animaux conservés. L'hymne conçoit la prospérité comme une continuité reproductrice, un crédit social et une reconnaissance divine consécutifs à une offrande précieuse. Le taureau quitte les mains de l'un tandis que la maisonnée du donateur espère s'agrandir.
Le bienfait associé mentionne délibérément la prospérité associée au don d'un taureau, ce qui reste plus fidèle au texte qu'une promesse d'argent instantané. Le rituel pour les membres en six phases est une écriture symbolique contemporaine originale ; il ne met pas en scène de sacrifice animal et ne prétend pas reproduire une donation védique. L'apport historique réside dans l'asymétrie de l'échange : un animal tangible est remis à une autre personne, et le retour espéré est tout un avenir de troupeaux, de descendants et de force.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lecture guidée : compter le don deux fois
Lisez IX.4.2, qui demande une prospérité mille fois répétée, puis IX.4.9, qui affirme qu'un taureau offert à un Brahmane équivaut à mille têtes de bétail d'une seule venue. Ces vers emploient le nombre différemment : l'un appelle de ses vœux un accroissement futur, l'autre magnifie la valeur d'un don unique. Poursuivez avec les vers 19–20, où le donateur est représenté voyant le bétail prospérer dans sa propre étable et recevant descendance et force. La séquence ainsi travaillée montre que le poème ne décrit pas la découverte d'un taureau comme talisman. Son économie commence par le don d'un animal et imagine la maisonnée s'épanouir par la suite. Cette nuance est essentielle au sens du bienfait.
