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Diagrammes manuscrits · édition imprimée de 1657

Clm 30010 : Un recueil de figures de Munich

Ouvrages de référence indigo, une page vierge ouverte et une loupe.

Le manuscrit Clm 30010 de Munich réunit des prières, des explications et des diagrammes rouges dédiés aux arts libéraux sur vingt petits feuillets de parchemin du XIVe siècle.

Témoin manuscrit · Munich

Le Clm 30010 subsiste sous la forme d'un petit manuscrit sur parchemin du quatorzième siècle dont les diagrammes rouges associent les arts libéraux à des prières et des explications rédigées.

CoteBayerische Staatsbibliothek, Clm 30010
MatérielVingt feuillets de parchemin, environ 21 × 15 cm
Date du catalogueQuatorzième siècle
SujetsArts libéraux sauf la musique, avec prières et explications

Un manuscrit compact fait compter chaque ouverture

Le Clm 30010 se compose de vingt feuillets de parchemin mesurant approximativement vingt et un centimètres sur quinze. Cette étendue modeste et ce format maniable en font un objet distinct d'un vaste recueil dans lequel un texte notoire n'occupe qu'une seule section. La Bayerische Staatsbibliothek identifie globalement le manuscrit comme étant l'Ars notoria et signale des présentations schématiques des arts libéraux, à l'exception de la musique, accompagnées de prières et d'explications sur les feuillets 15v–16r. Comme l'ouvrage est bref, cette ouverture illustrée occupe une place substantielle vers la fin au lieu de n'apparaître que comme un appendice mineur. Le lecteur y parvient après une suite de passages discursifs et découvre deux surfaces conçues en vis-à-vis ou consécutives. L'échelle compacte renforce également la densité de l'écriture à l'intérieur des cadres rouges. Diagramme, prière et glose devant se partager un parchemin limité, leur agencement témoigne de priorités délibérées plutôt que d'un décor ajouté là où subsistait un espace vide.

Les arts sont sélectionnés, regroupés et subordonnés

La mention du catalogue « arts libéraux sauf la musique » décrit un cursus sélectif. Une liste conventionnelle compterait sept arts, mais la page n'exige pas sept compartiments identiques pour demeurer intelligible au sein de la tradition. Le diagramme peut regrouper des disciplines sous des déclarations dévotionnelles plus larges, accorder plus d'espace à un art qu'à un autre ou lier plusieurs domaines à une même prière. Les encadrements rouges établissent des hiérarchies : une forme englobante peut régir des unités plus petites, et des ramifications peuvent exprimer une relation sans prétendre que chaque discipline soit identique. C'est une logique différente de celle d'un emploi du temps scolaire moderne, qui attribue à chaque matière une rangée équivalente. L'Ars Notoria aborde le savoir comme un ensemble ordonné mais inégal. La grammaire et la rhétorique concernent le langage, l'arithmétique et la géométrie concernent le nombre et la grandeur, et l'astronomie oriente le calcul vers les cieux. La hiérarchie graphique transforme ces relations intellectuelles en un parcours pour l'attention, tandis que les prières environnantes présentent l'ensemble comme des dons sollicités par révélation divine.

La réglure rouge fait partie intégrante de l'argument

Les lignes rouges ne servent pas seulement à embellir les feuillets. Elles séparent les blocs de texte noir, établissent des centres et des marges, et indiquent au regard quelles inscriptions s'associent. Sur une page, un large encadrement supérieur domine un groupe inférieur ramifié. Sur la suivante, des cercles concentriques, de petits médaillons, une vaste forme inscrite et de hauts signes linéaires remplacent cette disposition. Ce changement montre que le copiste n'a pas répété un gabarit neutre de manière mécanique. Chaque composition exigeait une solution spatiale distincte. De légères irrégularités dans l'épaisseur des traits et l'alignement conservent la trace du tracé des réglures et de l'écriture manuelle. Une vectorisation moderne lisserait ces caractéristiques, mais elle risquerait aussi d'effacer les indices montrant comment la page a été conçue. Le manuscrit fonctionne par contrastes : structure rouge contre écriture sombre, écriture serrée contre parchemin nu, et éléments délimités contre espaces non réglés à travers lesquels chemine l'attention du lecteur.

Ouverture étudiée : feuillets 34 et 35

Examinés ensemble, les clichés numériques 34 et 35 fonctionnent comme une leçon conjointe de syntaxe visuelle. Le cliché 34 s'ouvre sur un bloc encadré prédominant, puis se resserre en une tige qui se ramifie vers des cases plus réduites. Son mouvement se déploie vers le bas et vers l'extérieur. Le cliché 35 est plus centrifuge : anneaux, cercles, vaste champ central et signes verticaux invitent l'œil à comparer plusieurs formes autonomes. La première composition met l'accent sur la descente et la ramification ; la seconde privilégie l'enclos et la multiplication des centres. Toutes deux intègrent l'écriture à leur géométrie, si bien qu'aucune ne se réduit conceptuellement à un simple contour vide. Les espaces généreux entre les composants évitent que le latin compact ne forme une masse indistincte et signalent la fin d'une unité visuelle avant le début de la suivante. Ce rapprochement révèle une séquence et non deux variantes d'un même sceau. Le manuscrit adapte le type de diagramme à mesure que son propos évolue, exploitant la double page elle-même pour mettre en scène plusieurs relations entre prière, art et savoir. L'échelle renforce le contraste. Les petits médaillons du cliché 35 donnent au large champ écrit une place centrale, tandis que la branche du cliché 34 fait apparaître l'encadrement supérieur comme une source d'où découlent les subdivisions inférieures. Le copiste use de la proportion pour guider l'interprétation comparative avant même que le lecteur ne déchiffre chaque mot.

Munich, Londres et l'imprimé conservent des systèmes différents

Le Clm 30010 peut être comparé au Sloane 1712 sans contraindre leurs figures à une équivalence terme à terme. Le codex londonien nomme deux œuvres distinctes et déploie de nombreuses notae associées aux disciplines sur les feuillets 14v–22r et 36r–37r. Le codex munichois rassemble arts schématiques, prières et explications au sein d'un volume bien plus court. L'édition anglaise de Turner parue en 1657 conserve la promesse du savoir mais n'offre aucun cycle comparable de figures manuscrites. Ces témoins partagent un air de famille à trois niveaux : les disciplines savantes fournissent les objectifs, le langage sacré confère l'autorité, et un texte ordonné fournit la méthode. Ils divergent quant à l'échelle, au répertoire de figures et à l'équilibre entre image et prose. Cette confrontation donne tout son prix au Clm 30010 précisément parce qu'il n'est pas un recueil universel de diagrammes. Il illustre un choix du quatorzième siècle quant à la manière dont un manuscrit compact pouvait rendre l'Art notoire visible.

Diagrammes manuscrits rouges et écriture latine dans Bayerische Staatsbibliothek Clm 30010, vue 35
Clm 30010, numérisation 35. Bayerische Staatsbibliothek, objet numérique bsb00137282 (Marque du Domaine Public 1.0). Notice du manuscrit ↗ · Image complète ↗

Références

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