L'Art notoire subsiste dans des manuscrits médiévaux et des éditions imprimées plus tardives. Le manuscrit Sloane 1712, le Clm 30010 de Munich et l'édition anglaise de Robert Turner de 1657 révèlent différentes étapes de son histoire.
Manuscrits et imprimés
Un titre, plusieurs textes
Ars Notoria désigne un ensemble de textes associant prières, noms sacrés et figures graphiques à des promesses de connaissance. Salomon y apparaît comme une figure d'autorité, bien que les manuscrits conservés aient été copiés de nombreux siècles après l'époque biblique. L'ouvrage apparenté Opus operum peut figurer dans le même volume sans être le même texte : la British Library le recense sur une série distincte de feuillets au sein du manuscrit Sloane 1712. Les deux œuvres partagent une même reliure et un cadre savant, tandis que leurs titres et leurs limites restent bien différenciés.
Le titre anglais de 1657 donné par Turner met en avant les sciences libérales et la mémoire. Son édition londonienne comprend également des textes astrologiques en annexe et propose l'Art notoire à un lectorat du XVIIe siècle. Cette publication constitue une étape ultérieure dans la diffusion de l'œuvre, et non un substitut aux notae manuscrites. Le Clm 30010 témoigne d'un autre stade : encadrements rouges, écriture et diagrammes se partagent les feuillets manuscrits. Le contraste entre la page dense de Munich et le livre imprimé de Turner rend visible l'évolution formelle de la tradition.
Le Clm 30010 en images
Le catalogue de la Bibliothèque d'État de Bavière recense des éléments schématiques sur les arts libéraux aux folios 15v-16r du Clm 30010. Les numérisations 34 et 35 issues du même manuscrit illustrent la manière dont les tracés à l'encre rouge et l'écriture latine s'articulent sur la page. Les figures s'intègrent dans un déroulement textuel et ne constituent pas des emblèmes isolés. Leur disposition est essentielle, car ces signes graphiques étaient indissociables des prières et des domaines de savoir désignés. L'organisation visuelle du manuscrit appartient à l'histoire du texte, tout comme les plages distinctes de folios du manuscrit Sloane 1712 font partie de l'histoire de ce volume.


Textes associés
L'histoire de l'Ars Notoria présente la tradition. Sa place ultérieure dans le Lemegeton témoigne d'une autre étape de compilation ; l'Ars Goetia relève d'une famille textuelle salomonienne distincte. La bibliographie des grimoires relie ces écrits à des manuscrits et à des éditions spécifiques.
