
Le point de départ le plus fiable pour l'Arbatel est un livre matériel : un in-octavo latin imprimé à Bâle en 1575 et conservé par la bibliothèque universitaire de Bâle.
- Imprimé
- Bâle, 1575
- Exemplaire
- Universitätsbibliothek Basel · AN VI 37
- Étendue
- 87, [1] pages ; illustré
Un ouvrage daté, un auteur incertain
La page de titre de Bâle nomme l'ouvrage Arbatel de magia veterum, qualifie l'étude de la sagesse de plus noble aspiration et indique Basileae, 1575. Cet achevé d'imprimer établit un témoin imprimé du seizième siècle. La mention « des anciens » dans le titre renvoie à la sagesse que propose l'ouvrage, et non à une preuve que le texte parvenu jusqu'à nous aurait été rédigé dans l'Antiquité. Le catalogue de Bâle attribue l'impression à Peter Perna entre crochets. Il s'agit d'une identification de l'imprimeur par les bibliothécaires, et non d'une signature de l'auteur anonyme du texte. La cote AN VI 37 identifie l'exemplaire bâlois conservé.
La bibliothèque décrit un livre de 87 pages comprenant une page non numérotée et des illustrations. Un petit volume imprimé peut s'avérer matériellement fort éloigné de l'imposant « grimoire » que suggère une recherche moderne. Son cadre introductif annonce neuf parties de magie, pourtant le livre conservé ne fournit que l'Isagoge sous forme de sept groupes de sept aphorismes. Affirmer que l'ensemble des neuf livres a été publié en 1575 dépasserait ce que montre cet exemplaire. L'objet livre apporte donc à la fois une date précise et une limite : ses pages subsistantes constituent la preuve matérielle, tandis que l'architecture plus vaste annoncée demeure un plan sur le papier.
Ce que révèlent les pages numérisées
La page de titre reproduite correspond à l'image 5 de la séquence IIIF de la bibliothèque de Bâle. Son en-tête en hébreu, son titre latin, sa devise de dévotion et sa date sont visibles sur le même feuillet. La ligne conseillant au lecteur de consulter le Seigneur relève de l'encadrement chrétien propre au livre imprimé. La typographie est bien celle de l'impression du seizième siècle. La deuxième page reproduite est la page imprimée 24, où l'aphorisme XVI poursuit sa liste des sept gouverneurs olympiques et de leurs provinces numérotées. Examiner la page est essentiel car un tableau moderne et soigné sur un site web peut dissimuler un problème numérique présent dans l'édition d'époque.
Sur la page imprimée 24, Bethor se voit attribuer XXXII provinces, alors que le total situé en dessous indique CLXXXXVI, soit 196. Les autres entrées descendent de sept en sept à partir des 49 d'Aratron ; une série régulière donnerait donc 42 à Bethor. Les éditeurs modernes indiquent habituellement XLII à titre de correction. Le 32 imprimé et le 42 corrigé constituent des leçons différentes ; aucune ne doit être substituée à l'autre en silence. Cette seule page met en évidence un problème numérique qu'une liste bien ordonnée de correspondances planétaires peut occulter.
Lire l'exemplaire de Bâle et la traduction de Turner
L'exemplaire de Bâle conserve à la fois la page de titre de 1575 et la page portant la liste des provinces. Sa cote AN VI 37 et son DOI 10.3931/e-rara-8789 identifient ce même volume matériel. Les réimpressions ultérieures peuvent modifier les sauts de page, réagencer les pièces liminaires ou corriger un chiffre sans mentionner le changement. Les comparer avec les feuillets de Bâle permet de distinguer la leçon de l'imprimeur d'un choix éditorial postérieur.
Le PDF inclut un balayage OCR, mais les caractères du début de l'époque moderne et les formes du s long peuvent rendre le texte automatisé peu fiable. Pour un mot ou un chiffre susceptible de modifier une analyse, le feuillet photographié restitue fidèlement la composition imprimée. La traduction anglaise de Robert Turner apporte un autre témoignage précieux, mais elle fut imprimée quatre-vingts ans plus tard au sein d'un recueil collectif. La formulation anglaise familière de Turner correspond à sa version de 1655, et non à une ligne du texte latin bâlois de 1575. Cet intervalle de quatre-vingts ans pèse lourd dès lors que l'on traite ces deux textes comme identiques.
Archives sources
- Bibliothèque universitaire de Bâle, Arbatel de magia veterum (1575), AN VI 37 ↗
- Bibliothèque universitaire de Bâle, numérisation complète de 1575 (DOI 10.3931/e-rara-8789) ↗
- Exemplaire de Bâle, page de titre, image 5 dans le manifeste IIIF ↗
- Exemplaire de Bâle, page imprimée 24, Aphorisme XVI, image 28 ↗
- Joseph H. Peterson, transcription parallèle en latin et en anglais par Turner ↗
