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WitchcraftDaily

Rituels, significations et traditions magiques

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COLLIN DE PLANCY · PARIS · 1818–1863

Dictionnaire Infernal et Ars Goetia : quelle est la différence ?

Ouvrages de référence indigo, une page vierge ouverte et une loupe.

Le Dictionnaire Infernal de 1863 est une encyclopédie française illustrée; l'Ars Goetia est un catalogue anglais de 72 esprits doté d'une tradition distincte de sceaux.

Le Dictionnaire Infernal et l'Ars Goetia partagent de nombreux noms d'esprits, de sorte que les galeries modernes présentent souvent leurs éléments côte à côte. Il s'agit pourtant de livres différents issus de contextes distincts. L'un est une encyclopédie française du dix-neuvième siècle consacrée à la démonologie et aux traditions associées; l'autre est le premier livre de la tradition manuscrite anglaise du Lemegeton, structuré autour d'un catalogue de soixante-douze esprits.

Forme du Dictionnaire
Encyclopédie alphabétique
Forme de la Goetia
Catalogue de soixante-douze esprits
Distinction essentielle
Les portraits ne sont pas des sceaux
CaractéristiqueDictionnaire InfernalArs Goetia
FormeOuvrage de référence alphabétiqueCatalogue numéroté d'esprits
CadreÉdition imprimée française, en particulier la sixième édition de 1863Manuscrits anglais du Lemegeton et éditions ultérieures
Repère visuelGravures figurativesSceaux linéaires d'esprits
Cadre d'applicationDémonologie, folklore, magie, divination, livres et personnagesSoixante-douze notices d'esprits avec rangs et fonctions

Structures et desseins différents

Le dictionnaire de Collin de Plancy s'étend bien au-delà d'une simple liste d'esprits. Son ordre alphabétique rassemble folklore, divination, procès, ouvrages, apparitions, merveilles supposées et commentaires critiques ou dévots. Le lecteur y accède par un sujet ou un nom et découvre un court article documentaire au sein d'une encyclopédie bien plus vaste.

L'Ars Goetia présente une suite numérotée de soixante-douze esprits nommés, assortis de leurs rangs, fonctions, apparences et sceaux dans un cadre manuscrit opératif. Sa structure établit un ordre immuable allant de Bael à Andromalius. Le Dictionnaire Infernal ne reprend pas cette architecture en soixante-douze parties et ne saurait être considéré comme une édition illustrée de la Goetia.

Pourquoi les mêmes noms apparaissent

Des noms tels qu'Astaroth, Buer et Caïm circulaient dans des sources démonologiques et magiques bien avant 1863. Collin de Plancy a puisé dans une culture imprimée préexistante, tandis que le catalogue de la Goetia s'inscrit également dans une chaîne plus longue comprenant la Pseudomonarchia Daemonum de Johann Weyer et sa réception anglaise par Reginald Scot. Les recoupements témoignent donc d'une histoire documentaire partagée plutôt que d'une identité directe entre les deux ouvrages.

L'orthographe et les descriptions peuvent diverger au fil de la transmission des noms entre langues, imprimeurs, éditeurs et manuscrits. Caym et Caïm illustrent ce phénomène au premier coup d'œil. Un index alphabétique moderne peut fusionner silencieusement des variantes, tandis que la page historique conserve la forme choisie dans cette édition.

Portraits et sceaux répondent à des interrogations visuelles différentes

La gravure du Dictionnaire Infernal présente une figure: elle offre au spectateur un corps, une pose, des attributs et un nom imprimé. Un sceau de la Goetia est un tracé linéaire abstrait associé à un esprit au sein d'une tradition manuscrite puis imprimée du rituel. Leurs grammaires visuelles et leurs fonctions historiques demeurent distinctes.

Les pages de présentation modernes affichent souvent les deux, car chacune aide à cerner un courant distinct de réception. Ce rapprochement peut être utile lorsqu'il reste clairement identifié. Qualifier la roue de Buer gravée par Le Breton de « sigil », ou présenter un sceau de la Goetia comme s'il avait été dessiné pour le dictionnaire de Collin de Plancy, efface précisément la différence de sources que ces images permettent de révéler.

Les méthodes de fabrication renforcent cette différence. Un graveur traduit un dessin en traits imprimables aux côtés de la typographie environnante. Un sceau manuscrit est copié comme un diagramme et peut évoluer au fil des mains et des éditions. Une encre noire similaire ne rend pas ces deux artefacts équivalents.

Astaroth, Buer et Caim comme comparaison à trois noms

Astaroth apparaît dans les deux familles, mais le cavalier couronné de Le Breton appartient au dictionnaire illustré tandis que le familier sceau linéaire provient des témoins de la Goetia. La créature circulaire à cinq pattes de Buer figure parmi les portraits les plus emblématiques du dictionnaire; elle ne remplace pas le diagramme distinct attribué au dixième esprit de la Goetia. De même, l'oiseau muni d'une épée de Caïm donne corps à une notice textuelle plutôt qu'au cinquante-troisième sceau de la Goetia.

Lire ces textes en parallèle révèle comment un nom hérité accumule les strates: une description issue d'un catalogue antérieur, un rang numéroté dans la Goetia, un sceau abstrait, un portrait de 1863 et de multiples adaptations ultérieures. Ces strates peuvent aujourd'hui se croiser sur un même écran, mais leurs dates et leurs supports témoignent d'actes de rédaction et de réception séparés.

Notices de sources et éditions numérisées

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