LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE
Pour accompagner l'édification d'une maison
Ici même, j'établis (ni-mi) solidement [ma] demeure (çā́lā) ; qu'elle se tienne en sûreté, arrosée de ghi ; qu'en ce lieu, ô demeure, nous nous rassemblions (sam-car) avec tous nos héros, d'illustres héros, de valeureux héros sains et saufs.
Ici même, tiens-toi ferme, ô demeure, riche en chevaux, en vaches, en douceurs, en nourriture vivifiante, en ghi, en lait ; dresse-toi (ut-çri) pour une insigne prospérité.
Tu es un grenier réceptacle (? dharunī́), ô demeure au toit vaste, au grain purifié ; que le veau vienne à toi, que l'enfant vienne, que les vaches accourent en troupeau au crépuscule.
Que Savitar, Vayu, Indra, Brihaspati fixent cette demeure, en toute prescience ; que les Maruts l'arrosent d'eau, de ghee ; que le roi Bhaga approfondisse (ni-tan) notre labourage.
Lire les 5 versets restants de III.12
Ô maîtresse du bâtiment (? mā́na), protectrice, agréable, as-tu, déesse, été fixée par les dieux à l'origine ; te vêtant d'herbe, puisses-tu être bienveillante ; puisses-tu alors nous accorder la richesse auprès des héros.
Avec l'ordre requis, ô poutre (vaṅçá), monte sur le pilier ; redoutable, souveraine, repousse (apa-vṛj) les ennemis ; que les desservants (upasattár) de tes maisons ne subissent aucun tort, ô demeure ; puissions-nous vivre cent automnes avec tous nos héros.
Vers elle le jeune garçon, vers elle le veau, avec les créatures en mouvement (jágat), vers elle la jarre de parisrút, avec des écuelles de caillé, sont venus.
Apporte, ô femme, cette jarre pleine, un flot de ghee mêlé (sam-bhṛ) d'ambroisie (amṛ́ta) ; oins ces buveurs (?) d'ambroisie ; que ce qui est offert et octroyé la défende (f. : la demeure ?).
Ces eaux que j'apporte, exemptes de yákṣma, effaçant le yákṣma ; je m'avance (? pra-sad) vers (úpa) les maisons, aux côtés du feu immortel (amṛ́ta).
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.12 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ
À Agni et à d'autres dieux : pour diverses bénédictions
Lire l'hymne comparatif III.20 (10 versets)
Ceci est ta matrice (yóni) de saison, d'où né tu as brillé ; la connaissant, ô Agni, monte ; puis accrois notre richesse.
Ô Agni, parle-nous ici ; sois tourné vers nous avec bienveillance ; accorde-nous tes dons, ô seigneur du peuple (víç) ; dispensateur de richesses es-tu pour nous.
Qu'Aryaman nous accorde ses dons, que Bhaga, que Brihaspati, que les déesses ; que la divine Sūnṛtā m'assigne aussi la richesse.
Le roi Soma [et] Agni, nous les appelons à l'aide par [nos] chants (gír) ; [aussi] Āditya, Vishṇu, Sūrya et le prêtre (brahmán) Brihaspati.
Toi, ô Agni, avec les feux (agní), accrois notre prière (bráhman) et notre sacrifice ; toi, ô dieu, incite-nous à donner, pour le don de richesse.
Indra-et-Vāyu, tous deux ici, nous les appelons ici d'un appel favorable, afin qu'envers nous tout homme même soit bien disposé dans le commerce, et devienne désireux de nous donner.
Incite Aryaman, Brihaspati, Indra, à donner ; [aussi] Vāta (le vent), Vishṇu, Sarasvatī et le vigoureux (vājín) Savitar.
Dans l'élan (prasavá) de vigueur (? vā́ja) nous sommes à présent nés, et tous ces êtres au-dedans. Que lui, sachant d'avance, amène à donner celui qui n'est point disposé à donner, et affermis pour nous une richesse pourvue de tous les héros.
Que les cinq directions produisent (duh) pour moi, que les vastes contrées produisent selon leur force ; puissé-je accomplir tous mes desseins, avec l'esprit et le cœur.
Une voix qui conquiert le bétail, puissé-je la proférer ; avec éclat lève-toi sur moi ; que Vāyu (le vent) enserre (ā-rudh) de toutes parts ; que Tvashṭar m'assigne l'abondance.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.20 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ
Pour le succès dans le commerce
Lire l'hymne comparatif III.15 (8 versets)
J'éveille (cud) le marchand Indra ; qu'il vienne à nous, qu'il soit notre précurseur ; repoussant l'avare, la bête sauvage en embuscade, que lui, détenant le pouvoir (īç), me dispense des richesses.
Les multiples chemins, parcourus par les dieux, qui vont et viennent (sam-car) entre ciel et terre, qu'ils se réjouissent de moi avec du lait, avec du ghee, afin qu'en commerçant (krī) je puisse obtenir (ā-hṛ) des richesses.
Avec du bois de chauffe, ô Agni, avec du ghee, moi, plein de désirs, j'offre l'oblation en vue de l'énergie (táras), de la force ; vénérant par le culte (bráhman), dans la mesure de mes moyens, cette prière divine (dhī́), en vue d'un gain au centuple.
Cette offense (? çaráṇi) nôtre, puisses-tu, ô Agni, la tolérer (mṛṣ), quel que soit le lointain chemin que nous ayons parcouru. Que marché et vente nous soient propices (çuná) ; que le retour commercial me rende fructueux ; réjouissez-vous tous deux de cette oblation dans la concorde ; propices nous soient nos allées et venues et notre élévation.
Avec les richesses par lesquelles je pratique (car) le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, que cela s'accroisse pour moi, et non ne diminue ; ô Agni, repousse (ni-sidh) par l'oblation les dieux qui anéantissent le profit.
Avec les richesses par lesquelles je pratique le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, qu'Indra m'y accorde du plaisir (? rúci), que Prajāpati, Savitar, Soma, Agni fassent de même.
Vers toi, avec hommage, ô prêtre Vāiçvānara (« pour tous les hommes »), nous élevons nos louanges ; veille sur notre progéniture, sur nous-mêmes, sur nos troupeaux, sur nos souffles.
Chaque jour, puissions-nous t'apporter des offrandes avec constance comme pour un cheval à l'arrêt, ô Jātavedas ; nous réjouissant ensemble d'une abondance de biens, de nourriture, puissions-nous, tes voisins, ô Agni, ne subir aucun mal.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.15 sur Wikisource ↗
III.12 s'adresse à la maison elle-même
Le premier verset établit fermement une demeure et demande que ses habitants s'y réfugient sans dommage. Le verset 2 la souhaite riche en chevaux, en bétail, en rafraîchissements, en ghee et en lait; le verset 3 imagine un veau, un garçon et du bétail qui rentrent au soir. Ces détails décrivent l'habitation et l'approvisionnement. Un propriétaire d'aujourd'hui peut penser à des revenus locatifs, mais le poème antique ne traite pas les occupants comme des flux de paiement. Whitney note que les huit premiers versets ont des parallèles dans la Paippalāda selon des agencements différents; l'hymne à la maison possède donc une histoire textuelle en plus de son cadre architectural. Son apport le plus solide à cet article est de garder visibles le refuge et les vies qu'il abrite aux côtés du souhait moderne de revenus.
III.20 demande la richesse dans un autre cadre
III.20 s'ouvre sur Agni augmentant les richesses, puis invoque plusieurs divinités pour leurs dons. Le verset 6 espère que les personnes rencontrées seront bien disposées et prêtes à donner. Il s'agit d'une bénédiction rituelle comportant d'importants parallèles rigvédiques, et non d'un calendrier de loyers. Le langage du bénéfice récurrent peut séduire un propriétaire, mais il ne saurait garantir qu'un locataire paiera, qu'un logement restera occupé ou que les revenus dépasseront les charges. La maison de III.12 et la fortune de III.20 ne doivent pas être confondues en affirmant que la première produit automatiquement la seconde. L'une des sources imagine un foyer florissant; l'autre implore l'abondance.
Le bail introduit l'échange
Le marchand de III.15 demande un négoce fructueux et des affaires profitables. Un bail est un accord moderne et continu prévoyant l'usage d'un bien contre paiement, bien différent d'une vente ponctuelle et éloigné de la caravane d'un commerçant. Ce texte permet néanmoins d'éclairer pourquoi un rendement financier dépend de conditions convenues et de l'action humaine plutôt que du seul bâtiment. Le loyer perçu ne correspond pas au revenu net après l'entretien et les périodes de vacance locative. Les hymnes védiques ne fournissent aucune règle pour calculer ces montants. La comparaison de III.12 et de III.15 établit une distinction utile: une maison peut être saine et accueillante alors que les arrangements financiers du propriétaire sont médiocres, ou rentable tandis que les conditions de vie exigent une attention particulière.
Le souhait moderne de revenu
Le rituel joint demande qu'un bien locatif apporte des revenus réguliers. Ce bénéfice précis est contemporain et inventé. Les anciens poèmes peuvent éclairer la valeur d'une demeure sûre et le désir de richesses, mais ne sauraient garantir l'occupation, le paiement ou le profit. Un article honnête traite les locataires comme des personnes utilisant un foyer, non comme des protagonistes contraints par le langage du don de III.20. La scène de grains, de bétail et de famille propre à l'hymne de la maison demeure dans son propre monde historique. Elle offre au lecteur moderne une interrogation plus féconde que la simple rentrée d'argent: quel genre d'habitat préserve-t-on, et quelle sorte d'accord rend les paiements légitimes? Ces faits relèvent du cas présent.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lecture appliquée: occupée mais non rentable
Une maison reste occupée et le loyer est payé chaque mois. III.12 peut éclairer le souhait d'une demeure sûre et habitée; III.20 peut exprimer le désir de subsistance du propriétaire. III.15 constitue la comparaison la plus proche pour l'échange convenu. Si les réparations et les taxes absorbent plus que les paiements, la propriété a généré des recettes mais pas le revenu régulier imaginé par le sortilège. Si la maison est vacante, l'habitation existe toujours bien que son accord locatif fasse défaut. L'exemple appliqué montre pourquoi le logement, l'occupation, le loyer brut et le rendement utile doivent rester distincts au lieu d'être amalgamés en une seule bénédiction antique.
