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Rituels, significations et traditions magiques

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Atharvaveda · Prospérité matérielle

Avancement et rémunération : deux formes distinctes de progression

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

Une promotion peut apporter un titre, de l'autorité, de la visibilité et un revenu, mais ces avantages n'arrivent pas nécessairement de concert. L'Atharvaveda III.22 recherche la splendeur et la reconnaissance à travers les images de l'éléphant et de la royauté ; III.20 sollicite des richesses auprès de donateurs divins et humains. III.15 y adjoint la logique d'un échange transformé. Le but du sortilège moderne vise spécifiquement une promotion qui accroît les revenus. Lire ces hymnes de façon distincte évite de confondre le statut avec l'argent.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

III.22

ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE

Aux dieux : pour obtenir l'éclat (várcas)

  1. Que se répande la splendeur de l'éléphant, gloire immense née du corps d'Aditi; c'est cela même que tous ensemble m'ont accordé, tous les dieux, et Aditi, d'un commun accord.

  2. Que Mitra tout comme Varuṇa, Indra et Rudra y prêtent attention; les dieux qui nourrissent toute chose, qu'ils m'oignent de splendeur.

  3. Avec la majesté dont fut pourvu l'éléphant à sa naissance, avec celle dont fut doté le roi parmi les hommes (manuṣyà), parmi les eaux, avec celle par laquelle les dieux au commencement parvinrent à l'état divin, de cette splendeur, ô Agni, rends-moi éclatant à présent.

  4. Quelle immense splendeur devient tienne, ô Jātavedas, par l'offrande; quelle grande splendeur appartient au soleil et à l'éléphant semblable à un asura, que les deux Açvins, couronnés de lotus, m'assignent une telle splendeur.

Lire les 2 versets restants de III.22
  1. Aussi loin que s'étendent les quatre directions, aussi loin que porte le regard (sam-aç), qu'une si grande puissance (indriyá) s'unisse en moi, cette splendeur d'éléphant.

  2. Puisque l'éléphant est devenu le maître souverain (atiṣṭhā́vant) des bêtes sauvages bien installées (? suṣád), par sa fortune et son éclat je répands (sic) ces bénédictions sur moi-même.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.22 sur Wikisource ↗

III.20

ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE

À Agni et à d'autres dieux : pour diverses bénédictions

  1. Ceci est ta matrice (yóni) de saison, d'où né tu as brillé ; la connaissant, ô Agni, monte ; puis accrois notre richesse.

  2. Ô Agni, parle-nous ici ; sois tourné vers nous avec bienveillance ; accorde-nous tes dons, ô seigneur du peuple (víç) ; dispensateur de richesses es-tu pour nous.

  3. Qu'Aryaman nous accorde ses dons, que Bhaga, que Brihaspati, que les déesses ; que la divine Sūnṛtā m'assigne aussi la richesse.

  4. Le roi Soma [et] Agni, nous les appelons à l'aide par [nos] chants (gír) ; [aussi] Āditya, Vishṇu, Sūrya et le prêtre (brahmán) Brihaspati.

Lire les 6 versets restants de III.20
  1. Toi, ô Agni, avec les feux (agní), accrois notre prière (bráhman) et notre sacrifice ; toi, ô dieu, incite-nous à donner, pour le don de richesse.

  2. Indra-et-Vāyu, tous deux ici, nous les appelons ici d'un appel favorable, afin qu'envers nous tout homme même soit bien disposé dans le commerce, et devienne désireux de nous donner.

  3. Incite Aryaman, Brihaspati, Indra, à donner ; [aussi] Vāta (le vent), Vishṇu, Sarasvatī et le vigoureux (vājín) Savitar.

  4. Dans l'élan (prasavá) de vigueur (? vā́ja) nous sommes à présent nés, et tous ces êtres au-dedans. Que lui, sachant d'avance, amène à donner celui qui n'est point disposé à donner, et affermis pour nous une richesse pourvue de tous les héros.

  5. Que les cinq directions produisent (duh) pour moi, que les vastes contrées produisent selon leur force ; puissé-je accomplir tous mes desseins, avec l'esprit et le cœur.

  6. Une voix qui conquiert le bétail, puissé-je la proférer ; avec éclat lève-toi sur moi ; que Vāyu (le vent) enserre (ā-rudh) de toutes parts ; que Tvashṭar m'assigne l'abondance.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.20 sur Wikisource ↗

III.15

ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ

Pour le succès dans le commerce

Lire l'hymne comparatif III.15 (8 versets)
  1. J'éveille (cud) le marchand Indra ; qu'il vienne à nous, qu'il soit notre précurseur ; repoussant l'avare, la bête sauvage en embuscade, que lui, détenant le pouvoir (īç), me dispense des richesses.

  2. Les multiples chemins, parcourus par les dieux, qui vont et viennent (sam-car) entre ciel et terre, qu'ils se réjouissent de moi avec du lait, avec du ghee, afin qu'en commerçant (krī) je puisse obtenir (ā-hṛ) des richesses.

  3. Avec du bois de chauffe, ô Agni, avec du ghee, moi, plein de désirs, j'offre l'oblation en vue de l'énergie (táras), de la force ; vénérant par le culte (bráhman), dans la mesure de mes moyens, cette prière divine (dhī́), en vue d'un gain au centuple.

  4. Cette offense (? çaráṇi) nôtre, puisses-tu, ô Agni, la tolérer (mṛṣ), quel que soit le lointain chemin que nous ayons parcouru. Que marché et vente nous soient propices (çuná) ; que le retour commercial me rende fructueux ; réjouissez-vous tous deux de cette oblation dans la concorde ; propices nous soient nos allées et venues et notre élévation.

  5. Avec les richesses par lesquelles je pratique (car) le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, que cela s'accroisse pour moi, et non ne diminue ; ô Agni, repousse (ni-sidh) par l'oblation les dieux qui anéantissent le profit.

  6. Avec les richesses par lesquelles je pratique le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, qu'Indra m'y accorde du plaisir (? rúci), que Prajāpati, Savitar, Soma, Agni fassent de même.

  7. Vers toi, avec hommage, ô prêtre Vāiçvānara (« pour tous les hommes »), nous élevons nos louanges ; veille sur notre progéniture, sur nous-mêmes, sur nos troupeaux, sur nos souffles.

  8. Chaque jour, puissions-nous t'apporter des offrandes avec constance comme pour un cheval à l'arrêt, ô Jātavedas ; nous réjouissant ensemble d'une abondance de biens, de nourriture, puissions-nous, tes voisins, ô Agni, ne subir aucun mal.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.15 sur Wikisource ↗

III.22 rend le rang visible

III.22 s'ouvre sur la splendeur de l'éléphant et une immense gloire. Son deuxième vers demande que les dieux remarquent et oignent le locuteur de splendeur, tandis que le vers 3 compare la qualité convoitée à celle d'un éléphant et d'un roi. Les notes rituelles ultérieures mentionnent l'usage d'une amulette en ivoire, mais les images du poème ne décrivent aucun rang administratif. Il s'agit de rayonnement, d'importance et de force au sein d'un univers où ces symboles comptaient. L'annonce d'une promotion contemporaine s'accompagnant souvent d'une reconnaissance publique, l'analogie se comprend aisément. Pourtant, un nouveau titre dépourvu d'augmentation de salaire satisferait une part de cette comparaison de statut, tout en manquant l'intention financière précise.

III.20 demande de la richesse, non un rang

Les premiers vers de III.20 s'adressent à Agni puis à plusieurs divinités comme donateurs potentiels de richesses. Le vers 6 espère également que les personnes rencontrées soient enclines à donner. Il s'agit d'une forme d'accroissement bien différente de la splendeur de III.22. Whitney souligne l'histoire textuelle composite de l'hymne au feu, dont une grande partie est partagée avec le Rigveda, seuls ses deux derniers vers étant propres à cette séquence. Rien n'indique que les honneurs engendrent automatiquement de l'argent. Associer trop vite ces hymnes susciterait l'idée fausse que le recueil garantit une hausse de rémunération dès lors que l'on acquiert une renommée. Leurs finalités distinctes sont précisément ce qui rend la question de la promotion contemporaine si intéressante.

Les conditions de travail relient le titre au revenu

Si le poste obtenu par promotion implique davantage de responsabilités, la nature de l'échange entre l'employé et l'organisation s'en trouve modifiée. Le marchand de III.15 souhaite que le négoce soit fructueux et que les richesses engagées dans le commerce s'accroissent plutôt qu'elles ne s'amoindrissent. C'est une analogie utile, quoique limitée, pour examiner si les tâches accrues et le salaire supplémentaire progressent au même rythme. Le commerçant ne négocie pas d'échelon hiérarchique, mais son attention portée au rendement par rapport à la mise fait ressortir le problème d'un titre accordé sans aucune amélioration matérielle. Une promotion peut aussi conférer de l'autorité sur autrui, évolution sociale qu'aucun vers de III.20 ou de III.15 ne mesure en termes de salaire. Les images antiques séparent ainsi le bienfait entre reconnaissance, ressources et conditions.

Un nouvel avantage conçu pour le travail moderne

Le rituel ci-joint demande qu'une promotion augmente les revenus de la personne qui le pratique. Ce bénéfice exact est une invention moderne. III.22 peut éclairer le sentiment d'élévation, III.20 le désir d'obtenir davantage de ressources, et III.15 la renégociation implicite lors d'un changement de fonctions. Aucun ne prédit une promotion, ne valide une décision professionnelle, ni ne prouve qu'un nouveau titre sera mieux rémunéré. Une lecture rigoureuse maintient ce décalage potentiel bien visible. Elle évite également de calquer des systèmes modernes d'évaluation du mérite sur un poème védique célébrant la splendeur de l'éléphant. Ces sources sont précieuses, car elles montrent que les communautés humaines peuvent concevoir le rang social et la richesse comme liés, tout en les exprimant par des formes poétiques et rituelles distinctes.

Lecture appliquée : titre sans augmentation

Un employé est nommé chef d'équipe mais ne reçoit aucune augmentation de salaire. La splendeur de III.22 offre l'analogie la plus proche pour le statut public ; la richesse espérée dans III.20 n'est pas arrivée. Si le rôle ajoute des responsabilités substantielles, la comparaison mise/rendement de III.15 rend l'écart plus flagrant. Un autre employé pourrait recevoir une augmentation sans nouveau titre, inversant ainsi le schéma. Le sortilège moderne demande à la fois une promotion et des revenus accrus, de sorte qu'aucun de ces résultats partiels ne lui correspond pleinement. La comparaison analysée montre pourquoi un article sur l'évolution professionnelle doit traiter le statut social et le rendement matériel de manière séparée, même lorsqu'un environnement de travail les regroupe.

Textes sources et études

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