LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVA-VÉDA · LIVRE V EN GROS PLAN
Contre la ladrerie et ses effets
Apporte-nous, ne reste pas là, ô ladre ; n'empêche pas (? rakṣ) notre offrande sacrificielle d'être emmenée ; hommage soit rendu à la déconvenue (vīrtsā́), à l'insuccès ; hommage soit rendu au ladre.
Quel que soit l'enjôleur (? parirāpín) que tu avances, ô ladre, à celui-là des tiens nous rendons hommage : ne viens pas troubler mon gain (vaní).
Puisse notre gain accordé par les dieux progresser (pra-kḷp) de jour comme de nuit ; nous nous mettons en marche derrière le ladre ; hommage soit rendu au ladre.
Sarasvatī, Anumati, Bhaga, nous les invoquons en marchant ; une parole agréable (juṣṭá) et mielleuse, je l'ai prononcée dans les invocations divines adressées aux dieux.
Lire les 6 versets restants de V.7
Quiconque je sollicite (yāc) par la parole, avec Sarasvatī, l'esprit attelé, que la foi le trouve aujourd'hui même, donnée par le soma brun.
Ne viens faire échouer ni notre gain ni notre parole. Qu'Indra et Agni nous apportent tous deux de bonnes choses. Soyez tous disposés aujourd'hui à nous donner, accueillez le ladre.
Va-t'en bien loin, ô insuccès ; nous détournons ton projectile ; je te connais, ô ladre, comme quelqu'un qui abaisse (? mīv), qui repousse.
De même, en te dénudant grandement, tu t'attaches (sac) à une personne dans ses songes, ô ladre, déjouant le plan et le dessein d'un homme (púruṣa).
Elle qui, étant immense, de haute stature (-unmāna), a pénétré toutes les contrées, à elle, à la chevelure d'or, à la perdition, j'ai rendu hommage.
Dorée, fortunée, au coussin d'or, grande, à elle, au manteau d'or, au ladre, j'ai rendu hommage.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Consulter V.7 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE I À LA UNE
Avec une oblation : pour la confluence des richesses
Ensemble, ensemble que coulent les rivières, ensemble les vents, ensemble les oiseaux (patatrín) ; que de tout temps ils agréent ce sacrifice qui est mien ; j'offre avec une oblation de confluence (saṁsrāvyà).
Venez droit ici à mon appel, ici vous aussi, affluents confluents ; faites prospérer cet homme, ô chants ; que chaque bête (paçú) qui existe vienne ici ; que toute richesse (rayí) existante demeure (sthā) auprès de lui.
Les sources des ruisseaux qui s'écoulent ensemble, à jamais inépuisables, avec toutes ces confluences nous faisons affluer les richesses (dhána) vers moi.
Ces [sources] de beurre (sarpís) qui s'écoulent ensemble, et de lait, et d'eau, avec toutes ces confluences nous faisons affluer les richesses vers moi.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.15 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ
Pour l'abondance du grain
Lire l'hymne comparatif III.24 (7 versets)
Riches en lait [sont] les herbes, riche en lait ma parole (vácas) ; en conséquence, de celles qui sont riches en lait j'en apporte par milliers.
Je connais celui qui est riche en lait ; il a rendu le grain abondant ; le dieu qui a pour nom « assembleur », c'est lui que nous appelons, où qu'il soit dans la maison de celui qui ne sacrifie point.
Ces cinq directions qui existent, les cinq races (kṛṣṭí) issues de Manu (mānavī́), puissent-elles rassembler ici la fertilité (sphātí), comme les flots [amènent] les alluvions lorsqu'il a plu.
Telle une source aux cent cours d'eau, aux mille cours d'eau, inépuisable, ainsi ce grain qui est le nôtre, en mille flots, inépuisable.
Ô toi aux cent mains, rassemble ; ô toi aux mille mains, amoncelle ; de ce qui est fait et de ce qui doit être fait, apporte ici la graisse en abondance.
Trois mesures des Gandharvas, quatre de la maîtresse de maison ; de celles-ci, quelle que soit la plus riche en graisse, c'est avec celle-là que nous te touchons.
Celui qui apporte (upohá) et celui qui amasse (samūhá) [sont] tes (deux) distributeurs, ô Prajāpati ; qu'ils apportent ici la graisse, une abondance considérable et inépuisable.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.24 sur Wikisource ↗
La source de grain est une image de profusion
Le quatrième verset de III.24 se figure le grain comme une fontaine aux cent et mille ruisseaux, inépuisée. Le verset 5 demande ensuite à une figure aux mains innombrables de rassembler et d'amonceler l'abondance. Cela peut rappeler l'espoir qu'un mécénat continue d'approvisionner un projet dans la durée. Mais le poème concerne le grain et les récoltes, non des abonnements ou des virements permanents. Son inépuisabilité relève du souhait poétique, non du modèle financier. Whitney signale une variante du Paippalāda qui présente plus clairement la ligne sur la fontaine, montrant ainsi que l'image elle-même possède une histoire textuelle. Les moyens d'un bienfaiteur contemporain peuvent changer ; l'hymne n'apporte aucune preuve que quiconque puisse ou veuille donner sans fin.
I.15 insiste sur l'arrivée et le maintien
I.15 appelle les fleuves, les vents et les oiseaux à converger, puis demande que la richesse vienne vers un bénéficiaire et y demeure. Il fait de la rétention un élément de la prospérité. Cela diffère du surcroît de récolte de III.24 : l'un rassemble les ressources, tandis que l'autre les imagine produites et empilées. Un soutien durable peut exiger à la fois une source récurrente et une gestion prudente de ce qui arrive, mais ces hymnes ne constituent pas un système budgétaire antique combiné. Le lecteur remarquera également que la pluralité des ruisseaux dans I.15 n'implique nullement un unique mécène perpétuel. Le rituel moderne espère précisément la pérennité d'une seule relation, affirmation plus forte et plus étroite que l'ancienne image de confluence.
V.7 rappelle que chaque période dépend d'un donateur
V.7 s'adresse au don fait à contrecœur et, au verset 5, imagine une personne abordée par la parole. Ses hommages répétés à la ladrerie marquent une tension que les représentations fluides de l'abondance peuvent masquer : un donateur peut hésiter ou s'arrêter. Un mécène qui s'engage aujourd'hui pourrait plus tard réviser son montant, poser des conditions ou cesser son aide. Cet ancien hymne de sollicitation ne pose aucun diagnostic sur ces revirements et ne force pas une générosité continue. Il peut éclairer la dimension interpersonnelle du mécénat, tandis que III.24 et I.15 éclairent la subsistance espérée. Cette triple comparaison empêche d'assimiler un versement récurrent à un fleuve automatique, détaché de la personne qui choisit de donner.
L'engagement demeure contemporain
Le rituel ci-joint demande à un mécène de s'engager dans un soutien durable. Cet arrangement précis est une création moderne. Les textes védiques ne peuvent garantir une promesse, sa durée ni son accomplissement. Leur apport le plus utile consiste à distinguer trois sens de l'abondance continue : le rendement productif, les ressources attirées et le don volontaire. La relation moderne peut aussi inclure des attentes en matière d'avancement, d'accès ou de reconnaissance, qu'aucun de ces hymnes ne définit. Le lecteur peut apprécier l'imagerie ancienne sans prêter foi à l'affirmation inventée selon laquelle l'amulette de parṇa ou une prière pour les grains fonderaient un contrat moderne de parrainage. Le sortilège exprime un désir ; les sources documentent d'autres espérances historiques.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Exemple de lecture : une année de soutien promise
Un mécène s'engage à verser une somme mensuelle pendant un an. V.7 ressemble à la demande initiale et à la réponse consentie ; I.15 peut figurer chaque versement venant grossir les fonds du projet ; III.24 peut figurer le travail que ces versements soutiennent. Si deux mensualités arrivent et que le mécène se retire ensuite, la fontaine poétique n'a offert aucune garantie contre l'interruption. Si la promesse du mécène a créé une obligation contractuelle spécifique, sa valeur dépend de l'accord contemporain, non des versets anciens. Cet exemple fait du soutien récurrent une succession de choix humains et de transferts, plutôt qu'un acte d'abondance intemporel unique.
