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Atharvaveda · Prospérité matérielle

Un accord de licence rémunère une concession de droits, non la propriété de l'hymne

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

Un sortilège pour un contrat de licence demande que quelqu'un paie pour utiliser une création selon des modalités convenues. L'Atharvaveda III.15 présente le marché d'un marchand et le gain espéré; III.20 implore la richesse; VII.12 sollicite un accueil favorable au sein d'une assemblée. La notion juridique de licence est ici moderne. Les hymnes peuvent éclairer les étapes de l'écoute, de l'accord et du paiement sans être présentés comme une pratique antique de propriété intellectuelle.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

III.15

ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE

Pour le succès dans le commerce

  1. J'éveille (cud) le marchand Indra ; qu'il vienne à nous, qu'il soit notre précurseur ; repoussant l'avare, la bête sauvage en embuscade, que lui, détenant le pouvoir (īç), me dispense des richesses.

  2. Les multiples chemins, parcourus par les dieux, qui vont et viennent (sam-car) entre ciel et terre, qu'ils se réjouissent de moi avec du lait, avec du ghee, afin qu'en commerçant (krī) je puisse obtenir (ā-hṛ) des richesses.

  3. Avec du bois de chauffe, ô Agni, avec du ghee, moi, plein de désirs, j'offre l'oblation en vue de l'énergie (táras), de la force ; vénérant par le culte (bráhman), dans la mesure de mes moyens, cette prière divine (dhī́), en vue d'un gain au centuple.

  4. Cette offense (? çaráṇi) nôtre, puisses-tu, ô Agni, la tolérer (mṛṣ), quel que soit le lointain chemin que nous ayons parcouru. Que marché et vente nous soient propices (çuná) ; que le retour commercial me rende fructueux ; réjouissez-vous tous deux de cette oblation dans la concorde ; propices nous soient nos allées et venues et notre élévation.

Lire les 4 versets restants de III.15
  1. Avec les richesses par lesquelles je pratique (car) le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, que cela s'accroisse pour moi, et non ne diminue ; ô Agni, repousse (ni-sidh) par l'oblation les dieux qui anéantissent le profit.

  2. Avec les richesses par lesquelles je pratique le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, qu'Indra m'y accorde du plaisir (? rúci), que Prajāpati, Savitar, Soma, Agni fassent de même.

  3. Vers toi, avec hommage, ô prêtre Vāiçvānara (« pour tous les hommes »), nous élevons nos louanges ; veille sur notre progéniture, sur nous-mêmes, sur nos troupeaux, sur nos souffles.

  4. Chaque jour, puissions-nous t'apporter des offrandes avec constance comme pour un cheval à l'arrêt, ô Jātavedas ; nous réjouissant ensemble d'une abondance de biens, de nourriture, puissions-nous, tes voisins, ô Agni, ne subir aucun mal.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.15 sur Wikisource ↗

III.20

ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ

À Agni et à d'autres dieux : pour diverses bénédictions

Lire l'hymne comparatif III.20 (10 versets)
  1. Ceci est ta matrice (yóni) de saison, d'où né tu as brillé ; la connaissant, ô Agni, monte ; puis accrois notre richesse.

  2. Ô Agni, parle-nous ici ; sois tourné vers nous avec bienveillance ; accorde-nous tes dons, ô seigneur du peuple (víç) ; dispensateur de richesses es-tu pour nous.

  3. Qu'Aryaman nous accorde ses dons, que Bhaga, que Brihaspati, que les déesses ; que la divine Sūnṛtā m'assigne aussi la richesse.

  4. Le roi Soma [et] Agni, nous les appelons à l'aide par [nos] chants (gír) ; [aussi] Āditya, Vishṇu, Sūrya et le prêtre (brahmán) Brihaspati.

  5. Toi, ô Agni, avec les feux (agní), accrois notre prière (bráhman) et notre sacrifice ; toi, ô dieu, incite-nous à donner, pour le don de richesse.

  6. Indra-et-Vāyu, tous deux ici, nous les appelons ici d'un appel favorable, afin qu'envers nous tout homme même soit bien disposé dans le commerce, et devienne désireux de nous donner.

  7. Incite Aryaman, Brihaspati, Indra, à donner ; [aussi] Vāta (le vent), Vishṇu, Sarasvatī et le vigoureux (vājín) Savitar.

  8. Dans l'élan (prasavá) de vigueur (? vā́ja) nous sommes à présent nés, et tous ces êtres au-dedans. Que lui, sachant d'avance, amène à donner celui qui n'est point disposé à donner, et affermis pour nous une richesse pourvue de tous les héros.

  9. Que les cinq directions produisent (duh) pour moi, que les vastes contrées produisent selon leur force ; puissé-je accomplir tous mes desseins, avec l'esprit et le cœur.

  10. Une voix qui conquiert le bétail, puissé-je la proférer ; avec éclat lève-toi sur moi ; que Vāyu (le vent) enserre (ā-rudh) de toutes parts ; que Tvashṭar m'assigne l'abondance.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.20 sur Wikisource ↗

VII.12(13)

ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ

Pour le succès au sein de l'assemblée

Lire l'hymne comparatif VII.12 (13) (4 versets)
  1. Que l'assemblée (sabhā́) et le rassemblement (sámiti), les deux filles de Prajāpati, en parfait accord, me soient favorables ; que celui avec qui je me réunirai désire me venir en aide (? upa-çikṣ) ; puissé-je tenir des propos agréables parmi ceux qui se sont rassemblés, ô Pères.

  2. Nous connaissons ton nom, ô assemblée ; en vérité, jeu (naríṣṭā) est ton nom ; quels que soient ceux qui siègent dans ton assemblée, qu'ils parlent d'une même voix avec moi.

  3. De ceux qui siègent ensemble, je m'approprie l'éclat, le discernement (vijñā́na) ; de toute cette assemblée (saṁsád), fais de moi, ô Indra, le détenteur de la fortune (bhagín).

  4. Votre esprit qui s'est égaré, qui est attaché ici ou là, nous le faisons revenir vers ce lieu ; qu'en moi repose votre esprit.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.12 (13) sur Wikisource ↗

III.15 unit le risque et le retour négocié

Le marchand demande à Indra de marcher devant lui sur une route parsemée d'embûches, puis souhaite que la négociation et la vente se déroulent au mieux. Le verset 5 réclame que les ressources engagées dans l'échange fructifient au lieu de s'amenuiser. Un contrat de licence se distingue de la vente d'un bien matériel : le créateur peut conserver l'œuvre tout en accordant un droit d'usage circonscrit. Il requiert néanmoins des conditions agréées par chaque partie et une contrepartie rendant la transaction valable. L'hymne ne fournit aucun modèle de contrat, aucune règle d'attribution des droits ni aucun échéancier de paiement. Sa portée se borne à la structure économique d'une transaction négociée. Cette limite gagne à être formulée en toute clarté pour ne pas faire du marchand de jadis un titulaire contemporain de droits d'auteur.

Le public peut apprécier une œuvre sans en acquérir la licence

VII.12 sollicite la faveur de l'assemblée et de la réunion, souhaitant une parole agréable et avisée parmi l'assistance. Un éditeur ou une entreprise peut examiner une proposition et saluer le travail sans pour autant consentir à l'exploiter. C'est une analogie précieuse pour l'étape précédant l'existence formelle de toute licence. Whitney souligne que le quatrième verset de l'hymne pourrait être sans lien direct avec le thème de l'assemblée, ce qui invite à ne pas prétendre que le texte offrirait un procédé infaillible pour forcer le consentement des décideurs. Un accueil favorable est un fait; définir précisément les conditions d'exploitation, la durée et la rétribution en est un autre. Cette seconde phase relève de la pratique contractuelle contemporaine, non d'un ancien hymne d'éloquence publique.

Le langage du don dans III.20 peut induire en erreur

III.20 prie Agni et plusieurs divinités d'apporter des richesses, en formulant le vœu que les personnes rencontrées soient enclines à donner. Une redevance de licence n'est pourtant pas un simple présent. C'est la contrepartie d'une autorisation fixée par un accord. La considérer comme un élan spontané de générosité risquerait d'occulter l'engagement réciproque de l'utilisateur : accéder à une création pour une finalité précise. L'antique hymne au feu demeure éclairant pour appréhender pourquoi le créateur espère un accord financièrement avantageux, mais il ne saurait garantir un tarif ni susciter la venue d'un acquéreur. Mis en regard de III.15, il établit une distinction fondamentale entre le souhait de ressources abondantes et le consentement à une transaction déterminée.

La relation moderne liée aux droits

Le travail rituel présenté vise l'obtention d'un contrat de licence très rémunérateur. Son objet, ses droits, ses clauses restrictives et sa valeur financière sont des notions purement contemporaines. Aucun des passages mentionnés ne certifie la titularité d'une œuvre, ne fixe un tarif équitable ni ne garantit l'accord d'une entreprise. Une analyse rigoureuse peut clarifier la spécificité d'une licence : le créateur perçoit une rétribution pour un usage concédé au lieu de céder purement et simplement l'ensemble de son travail. III.15 éclaire la négociation, VII.12 l'écoute favorable, et III.20 la richesse espérée. Leur mise en parallèle n'apporte une connaissance historique que si ces poèmes anciens demeurent ce qu'ils sont : des textes voués au commerce, aux assemblées et aux bénédictions, et non des formules juridiques régissant les contrats d'aujourd'hui.

Lecture pratique : l'admiration sans concession de droits

Un éditeur fait l'éloge de l'illustration d'une artiste et souhaite l'intégrer à une campagne promotionnelle. VII.12 met en lumière cet accueil chaleureux, mais l'admiration seule n'accorde aucun droit d'usage. Dès lors que les deux parties négocient les supports de diffusion de l'image, sa durée d'exploitation et la rémunération correspondante, III.15 devient l'analogie la plus pertinente pour la phase de marchandage. Si elles trouvent un accord et que le règlement intervient, la supplication d'enrichissement de III.20 peut traduire cet aboutissement heureux au sens large. Les hymnes védiques ne définissent ni les prérogatives légales de l'illustratrice ni le montant dû. Cet exemple sépare ainsi l'estime, l'autorisation et le paiement final, trois paliers que condense un sortilège moderne d'accord de licence.

Textes sources et études

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