LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE VII EN DÉTAIL
Pour le succès au sein de l'assemblée
Que l'assemblée (sabhā́) et le rassemblement (sámiti), les deux filles de Prajāpati, en parfait accord, me soient favorables ; que celui avec qui je me réunirai désire me venir en aide (? upa-çikṣ) ; puissé-je tenir des propos agréables parmi ceux qui se sont rassemblés, ô Pères.
Nous connaissons ton nom, ô assemblée ; en vérité, jeu (naríṣṭā) est ton nom ; quels que soient ceux qui siègent dans ton assemblée, qu'ils parlent d'une même voix avec moi.
De ceux qui siègent ensemble, je m'approprie l'éclat, le discernement (vijñā́na) ; de toute cette assemblée (saṁsád), fais de moi, ô Indra, le détenteur de la fortune (bhagín).
Votre esprit qui s'est égaré, qui est attaché ici ou là, nous le faisons revenir vers ce lieu ; qu'en moi repose votre esprit.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.12 (13) sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ
Pour l'abondance du grain
Lire l'hymne comparatif III.24 (7 versets)
Riches en lait [sont] les herbes, riche en lait ma parole (vácas) ; en conséquence, de celles qui sont riches en lait j'en apporte par milliers.
Je connais celui qui est riche en lait ; il a rendu le grain abondant ; le dieu qui a pour nom « assembleur », c'est lui que nous appelons, où qu'il soit dans la maison de celui qui ne sacrifie point.
Ces cinq directions qui existent, les cinq races (kṛṣṭí) issues de Manu (mānavī́), puissent-elles rassembler ici la fertilité (sphātí), comme les flots [amènent] les alluvions lorsqu'il a plu.
Telle une source aux cent cours d'eau, aux mille cours d'eau, inépuisable, ainsi ce grain qui est le nôtre, en mille flots, inépuisable.
Ô toi aux cent mains, rassemble ; ô toi aux mille mains, amoncelle ; de ce qui est fait et de ce qui doit être fait, apporte ici la graisse en abondance.
Trois mesures des Gandharvas, quatre de la maîtresse de maison ; de celles-ci, quelle que soit la plus riche en graisse, c'est avec celle-là que nous te touchons.
Celui qui apporte (upohá) et celui qui amasse (samūhá) [sont] tes (deux) distributeurs, ô Prajāpati ; qu'ils apportent ici la graisse, une abondance considérable et inépuisable.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.24 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE V ÉGALEMENT CITÉ
Contre la ladrerie et ses effets
Lire l'hymne de comparaison V.7 (10 versets)
Apporte-nous, ne reste pas là, ô ladre ; n'empêche pas (? rakṣ) notre offrande sacrificielle d'être emmenée ; hommage soit rendu à la déconvenue (vīrtsā́), à l'insuccès ; hommage soit rendu au ladre.
Quel que soit l'enjôleur (? parirāpín) que tu avances, ô ladre, à celui-là des tiens nous rendons hommage : ne viens pas troubler mon gain (vaní).
Puisse notre gain accordé par les dieux progresser (pra-kḷp) de jour comme de nuit ; nous nous mettons en marche derrière le ladre ; hommage soit rendu au ladre.
Sarasvatī, Anumati, Bhaga, nous les invoquons en marchant ; une parole agréable (juṣṭá) et mielleuse, je l'ai prononcée dans les invocations divines adressées aux dieux.
Quiconque je sollicite (yāc) par la parole, avec Sarasvatī, l'esprit attelé, que la foi le trouve aujourd'hui même, donnée par le soma brun.
Ne viens faire échouer ni notre gain ni notre parole. Qu'Indra et Agni nous apportent tous deux de bonnes choses. Soyez tous disposés aujourd'hui à nous donner, accueillez le ladre.
Va-t'en bien loin, ô insuccès ; nous détournons ton projectile ; je te connais, ô ladre, comme quelqu'un qui abaisse (? mīv), qui repousse.
De même, en te dénudant grandement, tu t'attaches (sac) à une personne dans ses songes, ô ladre, déjouant le plan et le dessein d'un homme (púruṣa).
Elle qui, étant immense, de haute stature (-unmāna), a pénétré toutes les contrées, à elle, à la chevelure d'or, à la perdition, j'ai rendu hommage.
Dorée, fortunée, au coussin d'or, grande, à elle, au manteau d'or, au ladre, j'ai rendu hommage.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Consulter V.7 sur Wikisource ↗
VII.12 concerne le fait d'être entendu
Le premier verset sollicite la faveur de l'assemblée et de la réunion en espérant que la parole prononcée soit agréable à ceux qui sont présents. Le verset 3 demande le discernement et une position avantageuse au sein du groupe. Un comité de sélection pour un financement n'est qu'une analogie moderne limitée, dans la mesure où plusieurs personnes examinent un argumentaire. Mais Whitney note que seuls les deux premiers versets ont un équivalent dans le Paippalāda, et que le quatrième pourrait ne pas relever du thème de l'assemblée. L'hymne ne constitue pas un protocole complet pour emporter l'adhésion d'une institution. Il ne mentionne ni budget, ni critères de candidature, ni décision formelle. Sa pertinence tient à l'incertitude inhérente au fait de se présenter devant autrui, non à un vote garanti.
III.24 porte sur le rendement espéré
L'hymne au grain évoque la croissance et l'engrangement : des plantes vivifiantes, des ruisseaux venus de toutes parts, une fontaine de grain et un moissonneur aux mains multiples. Ces images aident à exprimer ce qu'une demande promet de réaliser grâce aux fonds. Elles n'établissent pas que le projet mérite d'être financé, ni que le rendement annoncé aura lieu. Un jury peut juger l'objectif valable mais estimer qu'un autre dossier répond mieux à ses critères. L'ancien poème agraire ne possède aucune règle de sélection institutionnelle. Il est particulièrement instructif en tant que contraste : l'abondance d'un champ résulte de la culture de la terre, tandis que l'accord d'un financement est la décision d'engager ou non des ressources avant même qu'un résultat n'existe.
La demande n'est pas l'attribution
Le cinquième verset de V.7 décrit l'acte de solliciter une personne par la parole en espérant que la confiance gagne l'auditeur. Les hommages répétés du poème à l'avarice reconnaissent également l'existence d'une résistance. Une demande moderne est plus formalisée que cette supplique sacrificielle, mais toutes deux séparent la parole de la réception. L'approbation ajoute une étape intermédiaire entre l'accueil favorable et le versement des fonds : une institution peut valider un dossier sous conditions, accorder un montant revu à la baisse ou différer le paiement. VII.12 peut éclairer l'audience, V.7 la requête et III.24 la production envisagée. Aucun d'entre eux n'affirme qu'un formulaire dûment rempli est assuré de triompher. Cette distinction confère au bienfait moderne toute sa spécificité.
Le filtre moderne du financement
Le rituel associé vise l'obtention d'une demande de financement. Ses modalités d'attribution et son montant constituent des aspects modernes inédits. Les passages de l'Atharvaveda ne peuvent attester l'éligibilité ni contraindre un examinateur. Un article historiquement rigoureux peut expliquer pourquoi un financement est vécu comme une bénédiction sans pour autant transformer Dhātar ou Bhaga en gestionnaires de subventions. Le résultat dépend de critères et de délibérations actuels. Les textes anciens donnent un aperçu des espoirs d'être entendu, de surmonter les réticences et de voir fructifier les ressources une fois l'aide obtenue. Ils n'autorisent aucune garantie financière. Le lecteur doit être en mesure de distinguer si le sortilège vise l'accord, le décaissement effectif ou la réussite finale du projet ; il s'agit là de perspectives bien distinctes.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Exemple de lecture : accord sous conditions
Une petite organisation à but non lucratif dépose une demande. VII.12 ressemble à l'évaluation de son exposé par le comité ; III.24 ressemble au programme alimentaire qu'elle espère mettre sur pied. Le comité approuve un montant réduit, sous réserve de documents supplémentaires. V.7 peut encore éclairer l'acte de solliciter, mais l'approbation n'est pas encore devenue des liquidités déboursées. Si les documents ne sont jamais finalisés, le projet peut demeurer non financé malgré un avis favorable. Cet exemple montre pourquoi l'approbation financière souhaitée par le sortilège n'est qu'une étape au sein d'une séquence plus longue, et pourquoi les hymnes anciens ne peuvent régler les démarches administratives ultérieures.
