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Atharvaveda · Malédictions et ennemis

L'amulette de plomb dans l'Atharvaveda 1.16

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda I.16 associe le plomb à une amulette défensive dans un appel contre des êtres menaçants. Le plomb est toxique; aucune réplique moderne ne doit être manipulée ni portée.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

I.16

ATHARVAVEDA · LIVRE I À LA UNE

Contre les démons : avec une amulette de plomb

  1. Ces dévoreurs qui, la nuit de la nouvelle lune, se sont levés en troupes (?) : le quatrième Agni est le destructeur de démons ; il nous bénira.

  2. Le plomb, Varuṇa le bénit ; le plomb, Agni le favorise ; Indra m'a octroyé le plomb ; il est, assurément, un dissipateur de démons familiers.

  3. Ceci subjugue le víṣkandha ; ceci chasse (bādh) les dévoreurs ; avec ceci je subjugue toutes les engeances (jātá) qui sont les piçācī́.

  4. Si tu tues notre vache, si [notre] cheval, si notre homme (púruṣa), nous te perçons là avec du plomb, pour que tu ne sois point le meurtrier de nos héros.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.16 sur Wikisource ↗

I.35

ATHARVAVEDA · LIVRE I ÉGALEMENT CITÉ

Pour une longue vie, etc. : avec une amulette d'or

Lire l'hymne comparatif I.35 (4 versets)
  1. L'or que les descendants de Dakṣa, bienveillants, ont attaché pour Çatānīka, cet or je l'attache pour toi, en vue de la vie (ā́yus), de l'éclat, de la force, pour une longue vie de cent automnes.

  2. Ni les démons, ni les piçācás ne le terrassent, car ceci est la force première-née des dieux ; quiconque porte l'or des descendants de Dakṣa s'assure une longue vie parmi les vivants.

  3. L'éclat des eaux, la lumière, la force et la puissance, ainsi que les pouvoirs héroïques (vīryà) des arbres des forêts, nous les maintenons en lui, tout comme en Indra les pouvoirs d'Indra (indriyá) ; cet or, lui qui en est capable, le portera.

  4. Des saisons d'étés (? sámā), des mois, nous te [remplissons] ; du lait de l'année je [te] remplis ; qu'Indra et Agni, que tous les dieux t'approuvent, sans nourrir d'inimitié.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.35 sur Wikisource ↗

Le plomb s'invite dans un discours défensif

I.16 introduit le plomb dans une formule défensive. Il ne s'agit pas d'attribuer au plomb une propriété occulte intemporelle ; le poème dispose un objet face à un péril identifié et lui confère une fonction. I.35 associe ensuite l'or à un vœu de vie, révélant à quel point la requête détermine le rôle de chaque matière.

I.16 confère de l'importance au plomb par une déclaration qui affronte la menace. On ne demande pas à ce métal lourd et commun d'incarner toutes les formes de bénédiction. Dans I.35, l'or accompagne un souhait de longévité, ce qui met immédiatement en évidence le caractère sélectif de la mission protectrice confiée au plomb.

Le poids d'un objet portatif

Porter un fragment de plomb permet de rapprocher physiquement la supplique de celui qui l'arbore. Cette proximité donne au verset un point d'ancrage matériel, mais c'est l'injonction qui lui donne sa direction. L'éclat et la longévité de l'hymne à l'or ne sauraient s'y substituer simplement parce que les deux substances sont des métaux. Elles s'inscrivent dans des représentations différentes.

Le plomb comparé à l'or

La comparaison avec I.35 dissocie la forme de la fonction. Ces deux objets peuvent se porter sur le corps ; mais seul I.16 confronte le métal à cette difficulté défensive. Le souhait de I.35 tend quant à lui vers l'endurance. Leur statut commun d'amulettes est bien réel, mais il est moins révélateur que les paroles distinctes prononcées au-dessus d'eux. Même un petit objet peut donc délimiter un vaste horizon imaginaire, mais cette limite est tracée par le contexte de menace propre à I.16 plutôt que par une qualité inhérente à tout plomb.

La défense en quatre strophes comporte des étapes

I.16 ne commence pas par une affirmation générale selon laquelle le plomb serait magique. Le verset 1 évoque des dévoreurs redoutés à la nouvelle lune et invoque un aspect d'Agni ; la formulation décrivant leur venue demeure incertaine. C'est seulement au verset 2 qu'est nommé le plomb, entouré de Varuṇa, Agni et Indra, et proclamé dissipateur de démons familiers. Le verset 3 s'adresse aux figures de viṣkandha et piśācī ; le verset 4 précise la vache, le cheval et la personne dont l'orateur souhaite préserver la vie. La progression va d'une scène menaçante à un objet soutenu par les dieux, puis à des périls nommés, pour atteindre les êtres vulnérables du foyer. Whitney relève un parallèle dans la Pāippalāda et une variante de formulation pour la dernière phrase sur le plomb, mais la structure protectrice demeure stable. Ce poème ne prouve pas que ces entités redoutées constituaient de véritables agresseurs.

L'or révèle une histoire matérielle différente

L'hymne à l'or I.35 décrit lui aussi un métal que l'on peut porter, mais son premier verset relie un ornement d'or ceint pour Śatānīka à la vie, à l'éclat, à la force et à cent automnes. Le verset 2 énonce que les démons n'ont pas de prise sur son porteur ; le verset 3 puise son éclat dans les eaux et sa vigueur dans les arbres des forêts. L'or comporte donc aussi une nuance défensive, mais son dessein majeur demeure la permanence et le rayonnement. I.16 confère au plomb une barrière plus nette face à la menace qui pèse sur la vache, le cheval et la personne humaine. La matière seule ne peut expliquer l'orientation de l'un ou l'autre poème. Whitney constate que I.35 est absent de la Pāippalāda alors que I.16 y figure, ce qui invite une fois de plus à ne pas concevoir un modèle traditionnel immuable de l'« amulette métallique ». Ce sont là des considérations antiques sur des objets transportables, nullement une raison de manipuler aujourd'hui du plomb toxique.

Lecture approfondie : comparaison du plomb et de l'or

I.16 nomme le plomb dans un charme protecteur, tandis que I.35 associe l'or à la vie et à la splendeur. La notion d'« amulette de métal » efface la différence de matière et de dessein. Les deux métaux portent des avenirs verbaux distincts. Le plomb reste au plus près de la personne en danger tandis qu'on invoque une protection ; l'or est intégré à un souhait de vitalité. Ce contraste empêche qu'un catalogue de correspondances matérielles ne remplace l'action du poème : la signification du métal s'élabore dans sa supplication spécifique.

Textes sources et études

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