LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE
Invocation matinale à diverses divinités, en particulier Bhaga
Tôt (prātár) nous invoquons Agni, tôt Indra, tôt Mitra et Varuṇa, tôt les (deux) Açvins, tôt Bhaga, Pūshan, Brahmaṇaspati, tôt Soma et Rudra, nous les appelons.
Le formidable Bhaga, conquérant dès l'aube, nous l'invoquons, le fils d'Aditi qui est le dispensateur (vidhartár), à qui quiconque s'estime faible [ou] fort, ⌊à qui le roi lui-même⌋ dit : « attribue-[moi] une part ».
Ô Bhaga, guide, Bhaga, toi aux dons véridiques, Bhaga, porte cette prière (dhī́) vers le haut en nous accordant tes dons ; ô Bhaga, fais-nous prospérer en bétail, en chevaux, ô Bhaga, en hommes, puissions-nous être riches en hommes.
Puissions-nous être fortunés (bhágavant) dès maintenant, ainsi qu'au déclin (? prapitvá) et au milieu des jours ; et, ô généreux, au lever du soleil, puissions-nous être dans la faveur des dieux.
Lire les 3 versets restants de III.16
Puisse le dieu Bhaga lui-même être fortuné ; grâce à lui puissions-nous être fortunés ; toi ici présent, Bhaga, je t'invoque tout entier ; veuille, ô Bhaga, être notre précurseur ici.
Les aurores s'inclinent (? sam-nam) devant le sacrifice (adhvará), tout comme Dadhikrāvan vers le lieu lumineux ; qu'elles m'amènent ici Bhaga, dispensateur de biens, comme de vigoureux (vājín) chevaux tirent un char.
Que d'admirables aurores, riches en chevaux, riches en bétail, riches en héros, brillent toujours pour nous, répandant (duh) le beurre clarifié, abreuvées de tous côtés : protégez-nous sans cesse par vos bienfaits.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.16 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE I À LA UNE
Avec une oblation : pour la confluence des richesses
Ensemble, ensemble que coulent les rivières, ensemble les vents, ensemble les oiseaux (patatrín) ; que de tout temps ils agréent ce sacrifice qui est mien ; j'offre avec une oblation de confluence (saṁsrāvyà).
Venez droit ici à mon appel, ici vous aussi, affluents confluents ; faites prospérer cet homme, ô chants ; que chaque bête (paçú) qui existe vienne ici ; que toute richesse (rayí) existante demeure (sthā) auprès de lui.
Les sources des ruisseaux qui s'écoulent ensemble, à jamais inépuisables, avec toutes ces confluences nous faisons affluer les richesses (dhána) vers moi.
Ces [sources] de beurre (sarpís) qui s'écoulent ensemble, et de lait, et d'eau, avec toutes ces confluences nous faisons affluer les richesses vers moi.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.15 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE
Pour le succès dans le commerce
J'éveille (cud) le marchand Indra ; qu'il vienne à nous, qu'il soit notre précurseur ; repoussant l'avare, la bête sauvage en embuscade, que lui, détenant le pouvoir (īç), me dispense des richesses.
Les multiples chemins, parcourus par les dieux, qui vont et viennent (sam-car) entre ciel et terre, qu'ils se réjouissent de moi avec du lait, avec du ghee, afin qu'en commerçant (krī) je puisse obtenir (ā-hṛ) des richesses.
Avec du bois de chauffe, ô Agni, avec du ghee, moi, plein de désirs, j'offre l'oblation en vue de l'énergie (táras), de la force ; vénérant par le culte (bráhman), dans la mesure de mes moyens, cette prière divine (dhī́), en vue d'un gain au centuple.
Cette offense (? çaráṇi) nôtre, puisses-tu, ô Agni, la tolérer (mṛṣ), quel que soit le lointain chemin que nous ayons parcouru. Que marché et vente nous soient propices (çuná) ; que le retour commercial me rende fructueux ; réjouissez-vous tous deux de cette oblation dans la concorde ; propices nous soient nos allées et venues et notre élévation.
Lire les 4 versets restants de III.15
Avec les richesses par lesquelles je pratique (car) le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, que cela s'accroisse pour moi, et non ne diminue ; ô Agni, repousse (ni-sidh) par l'oblation les dieux qui anéantissent le profit.
Avec les richesses par lesquelles je pratique le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, qu'Indra m'y accorde du plaisir (? rúci), que Prajāpati, Savitar, Soma, Agni fassent de même.
Vers toi, avec hommage, ô prêtre Vāiçvānara (« pour tous les hommes »), nous élevons nos louanges ; veille sur notre progéniture, sur nous-mêmes, sur nos troupeaux, sur nos souffles.
Chaque jour, puissions-nous t'apporter des offrandes avec constance comme pour un cheval à l'arrêt, ô Jātavedas ; nous réjouissant ensemble d'une abondance de biens, de nourriture, puissions-nous, tes voisins, ô Agni, ne subir aucun mal.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.15 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE IV EN LUMIÈRE
Pour la chance au jeu : avec l'aide d'une Apsaras
L'Apsaras victorieuse, bondissante, triomphante au jeu, qui empoche (kṛ) les gains de la mise (? gláha) ; cette Apsaras, je l'invoque ici.
L'Apsaras distributrice (vi-ci), prodigue (ā-kir), habile au jeu, qui rafle (grah) les gains du jeu ; cette Apsaras, je l'invoque ici.
Elle qui danse au milieu des dés (? áya), recueillant pour elle-même le gain du jeu ; puisse-t-elle, cherchant à remporter (?) pour nous la mise, obtenir l'enjeu (? prahā́) par sa magie (māyā́) ; qu'elle vienne à nous abondante en lait ; que nul ne nous dérobe cette richesse par la victoire.
Elle qui prend plaisir (pra-mud) aux dés (akṣá), provoquant (bhṛ) douleur et fureur ; l'exultante, l'enchanteresse : cette Apsaras, je l'invoque ici.
Lire les 3 versets restants de IV.38
Celles (f.) qui marchent (sam-car) dans le sillage des rayons du soleil, ou qui errent après ses lueurs (márīci) ; dont le taureau vigoureux (? vājínīvant) parcourt (pari-i) de loin et d'un seul coup tous les mondes en les protégeant ; qu'il vienne à nous, goûtant cette libation, de concert avec l'atmosphère, lui le puissant.
De concert avec l'atmosphère, ô puissant ; défends ici le veau karkī́, ô être vigoureux (vājín) ; voici pour toi d'abondantes gouttes (stoká) ; viens par ici ; voici ta karkī́ ; que ton esprit demeure ici.
De concert avec l'atmosphère, ô puissant ; défends ici le veau karkī́, ô être vigoureux ; voici le fourrage ; voici l'enclos ; nous attachons (ni-bandh) ici le veau ; d'après votre nom, nous nous rendons maîtres de vous : hommage !
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire IV.38 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VI ÉGALEMENT CITÉ
Pour la délivrance de la faute ou de la dette
Lire l'hymne comparatif VI.117 (3 versets)
Ce que je mange (?) d'emprunté, qui n'est point rendu ; avec quel tribut de Yama je vais et viens, à présent, ô Agni, je deviens quitte (anṛṇá) de cela ; tu sais délier toutes les entraves.
Étant ici même, nous le restituons ; vivants, nous nous en acquittons (ni-hṛ) pour les vivants ; quel que soit le grain que j'ai dévoré après l'avoir emprunté, à présent, ô Agni, je deviens quitte de cela.
Quittes dans ce [monde], quittes dans le monde supérieur, quittes dans le troisième monde puissions-nous être ; les mondes parcourus par les dieux et parcourus par les Pères, sur toutes ces routes puissions-nous demeurer quittes.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.117 sur Wikisource ↗
Une part accordée à l'aube n'est pas nécessairement une surprise
III.16 invoque Bhaga dès le début et réclame la part qui lui revient. Le verset 3 cite le bétail, les chevaux et les serviteurs, et les versets suivants lient l'espoir de bonne fortune à l'aurore. Le poème déborde d'espérance ; il ne relate nullement un versement imprévu. Une somme reçue aujourd'hui peut surprendre parce que le destinataire avait oublié une créance ou ignorait qu'un dossier était en cours. L'hymne à Bhaga ne saurait dévoiler cette histoire. Il fournit l'image d'une part favorable, tandis que l'adjectif ordinaire relève du contraste moderne entre un jour habituel et une nouvelle inattendue. Le matin antique est un moment rituel, non l'assurance d'un gain financier dans la journée.
La confluence n'est pas le hasard
I.15 réunit les rivières, les vents et les oiseaux dans un même mouvement et demande que la richesse vienne et demeure. Ses sources d'eau, de lait et de beurre illustrent la manière dont plusieurs petits ruisseaux confluent pour former une somme bienvenue. Cela diffère profondément d'un gain aléatoire isolé. Whitney observe qu'un témoin de la Paippalāda ordonne les versets autrement, mais l'image centrale de convergence reste nette. Qualifier toute rentrée de gain providentiel rendrait invisibles les courants sous-jacents. Un remboursement, des honoraires cumulés ou une créance ancienne peuvent sembler soudains sur un écran tout en ayant une longue histoire préalable. L'hymne donne corps au rassemblement, sans prétendre que les ressources surgissent sans causes.
Le commerce et le jeu révèlent d'autres histoires
Le marchand de III.15 cherche la richesse par les routes, le marchandage et le commerce d'échange. Le paiement issu d'une vente conclue est un gain obtenu par transaction, même s'il arrive de manière inattendue. Les quatre premiers versets de IV.38 demandent à une Apsaras le gain aux dés, une voie différente et incertaine. Selon les notes de Whitney, ce même hymne s'oriente ensuite vers le bétail dans les versets 5 à 7. Les gains du hasard et les bénéfices commerciaux ne doivent pas être confondus en une unique source de prospérité. Si une rentrée d'argent moderne provient d'un tirage équitable, son issue est aléatoire et l'ancien hymne sur le jeu ne modifiera pas les probabilités. Si elle fait suite à un travail, l'hymne sur le commerce fournit une comparaison plus rigoureuse.
Le souhait contemporain ne comporte aucune garantie
Le travail rituel ci-joint sollicite une rentrée d'argent bienvenue au cours d'une journée ordinaire. Son calendrier précis et sa forme financière sont des intentions modernes originales. Les passages védiques fournissent des représentations pour le partage, la convergence, l'échange et le désir de jeu, mais aucun n'autorise la promesse d'une arrivée de liquidités ou d'un pari gagnant. Une approche rigoureuse montre pourquoi le mot gain inopiné décrit le ressenti du bénéficiaire plutôt que l'origine des fonds. Une somme peut surprendre tout en étant due, gagnée, donnée ou attribuée au hasard. En s'interrogeant sur le modèle qui convient, le lecteur saisit bien mieux l'événement moderne et les poèmes anciens qu'en les réduisant à de vagues maximes d'abondance.
Un travail magique moderne distinct
La Poche du jour ordinaire est un souhait moderne visant une rentrée d'argent liquide tangible. Sa poche vide laisse indéterminées la source et la somme, tandis que tout remboursement effectif, cadeau spontané ou occasion de gain doit être authentique. Ce travail magique ne transforme pas un jour ordinaire en un revenu garanti.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lecture appliquée : trois versements inattendus
Un mardi sans histoire, une personne reçoit des honoraires différés, un remboursement et un prix tiré au sort. Tous trois peuvent faire l'effet de rentrées providentielles. III.15 éclaire l'échange préalable de la rémunération ; VI.117 offre un point de comparaison pour la restitution d'une valeur due, même si un remboursement n'est pas identique à du grain emprunté ; IV.38 met en lumière l'espoir de celui qui remporte un lot sans influer sur un tirage équitable. I.15 peut décrire la convergence de ces trois sommes au sein d'un même foyer, tandis que III.16 traduit le sentiment de recevoir une part avantageuse. Cette étude comparée montre que la surprise est une émotion partagée par diverses relations financières, et non une catégorie antique univoque.
