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Atharvaveda · Prospérité matérielle

Un poste mieux rémunéré : comparer le salaire avec l'ensemble de l'accord

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

Un sortilège pour un poste mieux rémunéré sollicite une nouvelle fonction dont le salaire excède les attentes. L'Atharvaveda III.20 demande des richesses et un accueil bienveillant ; III.15 réclame que le marchandage porte des fruits abondants ; III.16 sollicite une part propice auprès de Bhaga. Ces trois modèles de rétribution sont liés mais distincts. Une offre d'emploi relève d'une relation négociée propre à l'époque moderne ; les hymnes peuvent donc éclairer ces aspirations sans pour autant garantir un employeur ou un montant.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

III.20

ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE

À Agni et à d'autres dieux : pour diverses bénédictions

  1. Ceci est ta matrice (yóni) de saison, d'où né tu as brillé ; la connaissant, ô Agni, monte ; puis accrois notre richesse.

  2. Ô Agni, parle-nous ici ; sois tourné vers nous avec bienveillance ; accorde-nous tes dons, ô seigneur du peuple (víç) ; dispensateur de richesses es-tu pour nous.

  3. Qu'Aryaman nous accorde ses dons, que Bhaga, que Brihaspati, que les déesses ; que la divine Sūnṛtā m'assigne aussi la richesse.

  4. Le roi Soma [et] Agni, nous les appelons à l'aide par [nos] chants (gír) ; [aussi] Āditya, Vishṇu, Sūrya et le prêtre (brahmán) Brihaspati.

Lire les 6 versets restants de III.20
  1. Toi, ô Agni, avec les feux (agní), accrois notre prière (bráhman) et notre sacrifice ; toi, ô dieu, incite-nous à donner, pour le don de richesse.

  2. Indra-et-Vāyu, tous deux ici, nous les appelons ici d'un appel favorable, afin qu'envers nous tout homme même soit bien disposé dans le commerce, et devienne désireux de nous donner.

  3. Incite Aryaman, Brihaspati, Indra, à donner ; [aussi] Vāta (le vent), Vishṇu, Sarasvatī et le vigoureux (vājín) Savitar.

  4. Dans l'élan (prasavá) de vigueur (? vā́ja) nous sommes à présent nés, et tous ces êtres au-dedans. Que lui, sachant d'avance, amène à donner celui qui n'est point disposé à donner, et affermis pour nous une richesse pourvue de tous les héros.

  5. Que les cinq directions produisent (duh) pour moi, que les vastes contrées produisent selon leur force ; puissé-je accomplir tous mes desseins, avec l'esprit et le cœur.

  6. Une voix qui conquiert le bétail, puissé-je la proférer ; avec éclat lève-toi sur moi ; que Vāyu (le vent) enserre (ā-rudh) de toutes parts ; que Tvashṭar m'assigne l'abondance.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.20 sur Wikisource ↗

III.15

ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ

Pour le succès dans le commerce

Lire l'hymne comparatif III.15 (8 versets)
  1. J'éveille (cud) le marchand Indra ; qu'il vienne à nous, qu'il soit notre précurseur ; repoussant l'avare, la bête sauvage en embuscade, que lui, détenant le pouvoir (īç), me dispense des richesses.

  2. Les multiples chemins, parcourus par les dieux, qui vont et viennent (sam-car) entre ciel et terre, qu'ils se réjouissent de moi avec du lait, avec du ghee, afin qu'en commerçant (krī) je puisse obtenir (ā-hṛ) des richesses.

  3. Avec du bois de chauffe, ô Agni, avec du ghee, moi, plein de désirs, j'offre l'oblation en vue de l'énergie (táras), de la force ; vénérant par le culte (bráhman), dans la mesure de mes moyens, cette prière divine (dhī́), en vue d'un gain au centuple.

  4. Cette offense (? çaráṇi) nôtre, puisses-tu, ô Agni, la tolérer (mṛṣ), quel que soit le lointain chemin que nous ayons parcouru. Que marché et vente nous soient propices (çuná) ; que le retour commercial me rende fructueux ; réjouissez-vous tous deux de cette oblation dans la concorde ; propices nous soient nos allées et venues et notre élévation.

  5. Avec les richesses par lesquelles je pratique (car) le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, que cela s'accroisse pour moi, et non ne diminue ; ô Agni, repousse (ni-sidh) par l'oblation les dieux qui anéantissent le profit.

  6. Avec les richesses par lesquelles je pratique le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, qu'Indra m'y accorde du plaisir (? rúci), que Prajāpati, Savitar, Soma, Agni fassent de même.

  7. Vers toi, avec hommage, ô prêtre Vāiçvānara (« pour tous les hommes »), nous élevons nos louanges ; veille sur notre progéniture, sur nous-mêmes, sur nos troupeaux, sur nos souffles.

  8. Chaque jour, puissions-nous t'apporter des offrandes avec constance comme pour un cheval à l'arrêt, ô Jātavedas ; nous réjouissant ensemble d'une abondance de biens, de nourriture, puissions-nous, tes voisins, ô Agni, ne subir aucun mal.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.15 sur Wikisource ↗

III.16

ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ

Invocation matinale à diverses divinités, en particulier Bhaga

Lire l'hymne comparatif III.16 (7 versets)
  1. Tôt (prātár) nous invoquons Agni, tôt Indra, tôt Mitra et Varuṇa, tôt les (deux) Açvins, tôt Bhaga, Pūshan, Brahmaṇaspati, tôt Soma et Rudra, nous les appelons.

  2. Le formidable Bhaga, conquérant dès l'aube, nous l'invoquons, le fils d'Aditi qui est le dispensateur (vidhartár), à qui quiconque s'estime faible [ou] fort, ⌊à qui le roi lui-même⌋ dit : « attribue-[moi] une part ».

  3. Ô Bhaga, guide, Bhaga, toi aux dons véridiques, Bhaga, porte cette prière (dhī́) vers le haut en nous accordant tes dons ; ô Bhaga, fais-nous prospérer en bétail, en chevaux, ô Bhaga, en hommes, puissions-nous être riches en hommes.

  4. Puissions-nous être fortunés (bhágavant) dès maintenant, ainsi qu'au déclin (? prapitvá) et au milieu des jours ; et, ô généreux, au lever du soleil, puissions-nous être dans la faveur des dieux.

  5. Puisse le dieu Bhaga lui-même être fortuné ; grâce à lui puissions-nous être fortunés ; toi ici présent, Bhaga, je t'invoque tout entier ; veuille, ô Bhaga, être notre précurseur ici.

  6. Les aurores s'inclinent (? sam-nam) devant le sacrifice (adhvará), tout comme Dadhikrāvan vers le lieu lumineux ; qu'elles m'amènent ici Bhaga, dispensateur de biens, comme de vigoureux (vājín) chevaux tirent un char.

  7. Que d'admirables aurores, riches en chevaux, riches en bétail, riches en héros, brillent toujours pour nous, répandant (duh) le beurre clarifié, abreuvées de tous côtés : protégez-nous sans cesse par vos bienfaits.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.16 sur Wikisource ↗

La richesse est demandée, non détaillée

En III.20, Agni est prié d'accroître les richesses, et plusieurs divinités sont invoquées pour octroyer des biens. Le verset 6 imagine des rencontres avec des personnes bien disposées et prêtes à donner. Un tel vocabulaire peut expliquer pourquoi une offre étonnamment élevée ressemble à une bénédiction. Mais le poème n'établit aucun salaire récurrent et ne compare pas deux postes entre eux. Les notes de Whitney révèlent une histoire textuelle composite, comprenant des parallèles rigvédiques et des versets finaux d'origines diverses. Aucune lecture rigoureuse ne saurait en extraire une grille salariale. Le vieil hymne fournit un registre d'abondance, alors que le poste moderne fixe les conditions réelles selon lesquelles les sommes seront perçues.

Un nouveau poste constitue une négociation inédite

III.15 s'ouvre sur les routes incertaines du marchand pour cheminer vers la réussite du marché, de la vente et du négoce. Le verset 5 demande que les biens engagés dans la négociation fructifient au lieu de décroître. Un nouvel emploi exige aussi des concessions : travail, temps, disponibilité et parfois déménagement. La comparaison a ses limites, car un salarié n'est pas un marchand caravanier. Pourtant, le souci de l'hymne pour le retour sur investissement permet de concevoir une offre supérieure comme autre chose qu'un simple chiffre élevé. Un rôle peut payer au-delà des espérances tout en exigeant un engagement insoutenable. Le poème ancien ne peut évaluer ces conditions, mais il garde en ligne de mire la notion d'échange fécond.

La part de Bhaga comme troisième perspective

III.16 est une invocation à l'aurore centrée sur Bhaga comme dispensateur d'une part. Le verset 2 dépeint les faibles comme les puissants, et même un roi selon la traduction de Whitney, réclamant leur lot ; le verset 3 dépeint la multiplication du bétail, des chevaux et de la maisonnée. Il ne mentionne aucun employeur, mais il peut traduire le sentiment d'avoir reçu une attribution d'opportunités favorable. Cette impression diffère du cadre contractuel d'un emploi. Si un lecteur assimile III.16 à III.15, une part attribuée se confond avec un marché conclu ; s'il réduit III.20 à l'un d'eux, le don divin se transforme en salaire. Ces poèmes sont d'autant plus utiles lorsque leurs modes d'acquisition demeurent bien distincts.

Le supplément inespéré appartient au monde moderne

Le travail rituel ci-joint a pour objet l'obtention d'un nouveau poste payé au-delà des attentes de l'intéressé. Il s'agit d'un dessein contemporain forgé de toutes pièces. Les textes antiques ne peuvent quantifier les prévisions de l'usager, garantir une embauche ni attester que la proposition de l'employeur s'avérera globalement avantageuse. Ils aident plutôt le lecteur à analyser les raisons pour lesquelles une offre semble providentielle : elle peut paraître généreuse, supérieure à une transaction passée ou vécue comme une part inespérée. Chacune de ces visions offre une lecture différente du même événement contemporain. Le poste réel, les responsabilités et la rémunération se situent en dehors du corpus védique. L'analyse historique doit éclairer la démarche sans ériger une heureuse surprise salariale en promesse de l'Atharvaveda.

Étude de cas : deux offres et une surprise

Un candidat s'attend à une hausse modeste et reçoit deux propositions. L'une s'avère nettement plus rémunératrice mais exige de fréquents déplacements ; l'autre offre une augmentation plus contenue avec des tâches raisonnables. La demande de richesse en III.20 peut rendre le premier chiffre séduisant, tandis que le commerce de III.15 incite à mettre le salaire en balance avec ce qu'il faut céder en retour. La part allouée de III.16 peut exprimer le sentiment qu'une opportunité, quelle qu'elle soit, est bienvenue. Aucun de ces hymnes ne désigne le meilleur choix. Le sortilège mise expressément sur une paye supérieure aux attentes, mais ses comparaisons antiques montrent bien pourquoi un montant surprenant ne constitue qu'un paramètre parmi d'autres lors d'une décision professionnelle.

Textes sources et études

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