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Atharvaveda · Malédictions et ennemis

La vache que son propriétaire doit donner : Atharvaveda XII.4

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda XII.4 soutient longuement qu'une vache particulière appartient aux Brahmanes, même lorsqu'elle se trouve dans le troupeau d'une autre personne. À travers cinquante-trois versets, les demandes de don deviennent des avertissements relatifs à la perte d'enfants, de bétail, de succès et de vie dans l'au-delà. Sa revendication est une vision partisane de la propriété religieuse, non le constat neutre d'une loi ancienne. Le statut de la vache fait lui-même l'objet de débats dans le poème. Le Pāippalāda modifie l'ordre de certains versets ainsi que certaines leçons, ce qui fait de la longue séquence Śaunaka un témoin parmi d'autres plutôt qu'un texte immuable.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

XII.4

ATHARVAVEDA · LIVRE XII À LA UNE

La vache (vaçā́) comme possession exclusive des Brahmanes

  1. Je [la] donne, ainsi devrait-il dire, s'ils l'ont remarquée (? anu-budh), [je donne] la vache (vaçā́) aux prêtres (brahmán) qui la demandent ; cela procure postérité, descendance.

  2. Il brade sa postérité et se trouve dépourvu de bétail, celui qui n'est point disposé à donner la vache (gó) des dieux aux fils de voyants qui la réclament.

  3. Par une écornée, ils sont broyés pour lui ; par une boiteuse, il tombe (? ard) dans une fosse ; par une estropiée, ses maisons sont brûlées ; par une borgne, ses possessions lui sont ravies (?).

  4. L'anémie (vilohitá) issue de l'emplacement du fumier visite (vid) le maître des bêtes à cornes ; tel est l'accord (?) de la vache ; car c'est destructrice de portes (?) qu'on t'appelle.

Lire les 49 versets restants de XII.4
  1. De l'emplacement de ses deux pieds à elle, le pourrissement (? viklíndu) précisément [le] visite ; à l'improviste (?) sont écrasés ceux qui la reniflent de la gueule.

  2. Quiconque perce (ā-sku) ses deux oreilles à elle tombe sous le courroux des dieux ; s'il pense « je fais une marque », il diminue ses biens.

  3. Si, pour le profit de quiconque, quelqu'un coupe le toupet de sa queue, alors ses poulains meurent, et le loup massacre ses veaux.

  4. Si, alors qu'elle réside chez son maître, un corbeau a tourmenté (hīḍ) son poil, alors ses fils meurent, [et] le yákṣma le frappe inopinément (?).

  5. Si une femme barbare mêle sa lessive et sa bouse, alors naît ce qui est contrefait, ce qui n'échappera point à ce péché.

  6. Lorsqu'elle vient au monde, la vache (vaçā́) naît pour (abhí) les dieux en même temps que pour les Brahmanes ; c'est pourquoi elle doit être donnée aux prêtres (brahmán) ; c'est là ce que les gens nomment la garde (gópana) de ses propres possessions.

  7. Ceux qui se présentent pour son acquisition (vaní), à eux appartient la vache façonnée par les dieux ⌊vaçā́⌋ ; ils ont déclaré que c'était outrager le bráhman, si quiconque la garde pour lui-même.

  8. Quiconque n'est point disposé à donner la vache (gó) des dieux aux fils de voyants qui la réclament, celui-là tombe sous le courroux des dieux et la fureur des Brahmanes.

  9. Quel que puisse être son usage de la vache (vaçā́-), il devrait alors en chercher une autre ; non donnée, elle nuit à un homme, s'il n'est point disposé à la donner lorsqu'elle est demandée.

  10. Tel un trésor en dépôt (çevadhí), ainsi est la vache (vaçā́) pour les Brahmanes ; en conséquence ⌊etát⌋ ils viennent à elle, en quelque possession qu'elle soit née.

  11. Ils viennent ainsi vers leur propre bien, à savoir les Brahmanes vers la vache ; comme on pourrait leur porter atteinte à tout autre égard (?), telle est la retenue exercée sur elle.

  12. Elle peut aller et venir jusqu'à ⌊ā́⌋ l'espace de trois ans, sa voix (-gada) demeurant non reconnue (vi-jñā) ; s'il reconnaît la vache, ô Nārada, alors les Brahmanes doivent être recherchés.

  13. Quiconque déclare qu'elle n'est point la vache, le dépôt confié des dieux, contre lui Bhava et Çarva, tous deux, arpentant l'espace, décochent la flèche.

  14. Quiconque ignore son pis, et de même ses trayons, à lui elle octroie du lait par les deux, s'il a été capable de céder la vache.

  15. Destructrice de portes (?), telle elle pèse sur lui, s'il n'est point disposé à la donner lorsqu'elle est réclamée ; il n'obtient point le succès dans les désirs que, sans l'avoir donnée, il voudrait accomplir (cikīrṣa-).

  16. Les dieux réclamèrent la vache, ayant fait du Brahmane leur bouche ; le courroux (héḍa) de tous, l'homme (mā́nuṣa) qui ne la donne point s'en attire (ni-i) les foudres.

  17. Il s'attire le courroux du bétail (paçú), celui qui ne donne point la vache aux Brahmanes, si un mortel retient par-devers lui la part réservée des dieux.

  18. Si cent autres Brahmanes devaient réclamer la vache à son maître, pourtant (átha) les dieux ont dit d'elle : la vache appartient à celui qui sait ainsi.

  19. Quiconque, ne l'ayant point donnée à celui qui sait ainsi, donne ensuite la vache à d'autres, difficile à fouler pour lui dans sa demeure se révèle la terre avec sa divinité.

  20. Les dieux réclamèrent la vache [à celui] dans la possession de qui elle était d'abord (ágre) née ; que cette même personne soit connue de Nārada ; de concert avec les dieux, il l'emmena au loin.

  21. La vache rend un homme (pū́ruṣa) dépourvu de descendance, pauvre en troupeaux, si, lorsqu'elle est réclamée par les Brahmanes, il la retient alors par-devers lui.

  22. Pour Agni et Soma, pour le Désir (kā́ma), pour Mitra et pour Varuṇa, pour ceux-là les Brahmanes la réclament ; sous leur courroux tombe celui qui ne donne point.

  23. Aussi longtemps que son maître n'a pas lui-même surpris les versets (ṛ́ç), aussi longtemps peut-elle aller parmi ses bêtes à cornes (gó) ; elle ne saurait demeurer en sa maison après qu'il a entendu.

  24. Si quiconque, ayant surpris ses versets, l'a ensuite laissée aller parmi ses bêtes à cornes (gó), tant sa durée de vie que sa prospérité sont tranchées (vraçc) par les dieux irrités.

  25. La vache, circulant sous diverses formes, dépôt réservé des dieux, manifeste ses apparitions lorsqu'elle aspire à gagner (?) sa demeure (sthā́man).

  26. Elle se manifeste lorsqu'elle aspire à gagner sa demeure ; alors la vache ⌊vaçā́⌋ se résout à la requête des prêtres (brahmán).

  27. Elle le médite (sam-kḷp) en son esprit ; puis elle s'en va vers les dieux ; de là, les prêtres (brahmán) en viennent à demander la vache.

  28. Par l'offrande de svadhā́ aux Pères, par le sacrifice aux divinités, par le don de la vache, le noble (rājanyà) n'encourt (gam) pas le courroux de la mère.

  29. La vache est la mère du noble; ainsi en fut-il au commencement; ils nomment non-abandon (? ánarpaṇa) d'elle le fait qu'elle soit présentée aux prêtres (brahmán).

  30. Comme on pourrait dérober (? ā-lup) à la cuillère le beurre sacrificiel tendu pour le feu, ainsi celui qui ne donne pas la vache ⌊vaçā́⌋ ⌊aux prêtres⌋ tombe sous le courroux d'Agni.

  31. Avec le gâteau sacrificiel pour veau, donnant son lait abondamment, elle s'approche de lui dans le monde; elle lui accorde (duh) tous ses désirs, [à savoir] la vache ⌊vaçā́⌋ à celui qui l'a offerte.

  32. Tous ses désirs, dans le royaume de Yama, la vache ⌊vaçā́⌋ les accorde à celui qui l'a offerte; de même, ils appellent enfer le monde de celui qui la retient lorsqu'elle est demandée.

  33. Étant fécondée, la vache ⌊vaçā́⌋ va, irritée contre son maître: me croyant stérile, qu'il soit lié dans les liens de la mort.

  34. Et celui qui, la croyant stérile, cuit la vache ⌊vaçā́⌋ chez lui (amā́), Brihaspati fait aussi réclamer ses fils et les fils de ses fils.

  35. Elle répand une grande chaleur, allant telle une vache (gó) parmi les bêtes; de plus, pour le maître qui ne l'a point donnée, la vache (vaçā́) distille du poison.

  36. C'est une chose chère au bétail qu'elle soit présentée aux prêtres (brahmán); de plus, c'est une chose chère à la vache ⌊vaçā́⌋ d'être une oblation pour les dieux.

  37. Parmi les vaches que les dieux façonnèrent (ut-kḷp), s'élevant du sacrifice, Nārada choisit pour lui-même la redoutable viliptī́.

  38. Les dieux s'interrogèrent (mīmāṅs-) à son sujet: est-ce là une vache ⌊vaçā́⌋, ou n'est-ce point une vache? D'elle, Nārada dit: elle est, d'entre les vaches, la plus véritablement vache (vaçátama).

  39. Combien donc (nú), Nārada, sont les vaches que tu connais, nées parmi les hommes (manuṣyà-)? Ce sont celles-là que je te demande, à toi qui sais; de laquelle un non-brahmane ne peut-il pas consommer (aç)?

  40. La viliptī́, ô Brihaspati, et la vache ⌊vaçā́⌋ qui a enfanté une [telle] vache; de celle-là, un non-brahmane qui espérerait la prospérité (bhū́ti) ne saurait consommer.

  41. Hommage te soit rendu, ô Nārada; [que soit] la vache à celui qui d'emblée la connaît. Laquelle d'entre elles est la plus redoutable, faute d'avoir donné laquelle on périrait?

  42. Celle qui est viliptī́, ô Brihaspati, et en outre la vache qui a enfanté une [telle] vache; de celle-là, un non-brahmane qui espérerait la prospérité ne saurait consommer.

  43. Trois en vérité sont les sortes de vaches: la vilipti, celle qui a enfanté une [telle] vache, la [simple] vache yagd; celles-ci, on doit les offrir aux prêtres (brahman), [alors] on ne tombe point sous le courroux de Prajapati.

  44. Ceci, ô brahmanes, est votre oblation; ainsi, lorsqu'on la ⌊lui⌋ demande, doit-il penser, s'ils venaient à réclamer de lui la vache, laquelle, dans la demeure de celui qui ne l'a pas donnée, est redoutable.

  45. Les dieux parlèrent de la vache avec courroux, disant: il ne nous l'a point donnée; par ces versets (ṛ́c), [ils parlèrent de] Bheda; c'est pourquoi, en vérité, il périt.

  46. Et Bheda ne la donna point, lorsqu'Indra lui réclama la vache ⌊vaçā́⌋; pour cette faute, les dieux l'abattirent dans la lutte pour la suprématie.

  47. Ceux qui, par flagornerie, conseillent (vad) de ne pas donner la vache ⌊vaçā́⌋, ces scélérats tombent sous la fureur d'Indra par ignorance.

  48. Ceux qui, détournant son maître, disent alors: ne la donne pas; ceux-là, par ignorance, vont au-devant du projectile lancé par Rudra.

  49. Que ce soit en tant qu'offerte (hu) ou non offerte que l'on cuise la vache ⌊vaçā́⌋ en secret (amā́), entrant en conflit avec les dieux accompagnés des brahmanes, on quitte le monde à la renverse (jihmá).

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XII.4 sur Wikisource ↗

XII.5

ATHARVAVEDA · LIVRE XII ÉGALEMENT CITÉ

La vache du brahmane

Lire l'hymne de comparaison XII.5 (73 versets)
  1. Par le labeur, par la pénitence [est-elle] créée, acquise par le bráhman, appuyée (çritá) sur la droiture.

  2. Couverte de vérité, close de fortune, enveloppée de gloire.

  3. Entourée de svadhā́, ceinte de foi, gardée par la consécration, fermement établie dans l'offrande, le monde étant son poteau (nidhána).

  4. Le bráhman pour guide, le brahmane pour suzerain.

  5. Du kshatriya qui s'approprie cette vache de brahmane, qui lèse le brahmane,

  6. S'éloignent le bonheur (sunṛ́tā), l'héroïsme, la bonne fortune.

  7. Et la vigueur, et l'éclat, et la puissance, et la force, et la parole, et le sens (indriyá), et la fortune, et la vertu (dhárma),

  8. Et la sainteté (bráhman), et la souveraineté ⌊kṣatrám⌋, et le royaume, et les sujets (víças), et la splendeur (tvíṣi), et la gloire, et l'honneur, et les biens,

  9. Et la durée de vie, et la forme, et le nom, et la renommée, et le souffle, et l'expiration, et la vue, et l'ouïe,

  10. Et le lait, et la sève, et la nourriture, et la manducation, et la justice, et la vérité, et le sacrifice (iṣṭá), et l'aumône (pūrtá), et la descendance, et le bétail:

  11. Tout cela s'éloigne du kshatriya qui s'approprie la vache de brahmane, qui lèse le brahmane.

  12. Cette même vache de brahmane [est] redoutable, porteuse d'un poison mortel, sorcellerie incarnée (sākṣā́t), kū́lbaja lorsqu'elle est couverte.

  13. En elle sont toutes les choses terribles et toutes les morts.

  14. En elle sont toutes les choses cruelles, tous les tueurs d'hommes (puruṣavadhá).

  15. Cette vache de brahmane, lorsqu'on se l'approprie, enchaîne le spoliateur de brahmane, l'insulteur des dieux, dans les fers de la mort.

  16. En vérité (hí), elle est une arme qui tue par centaine (mení); en vérité, elle est la ruine du spoliateur de brahmane.

  17. C'est pourquoi, en vérité, la vache des brahmanes est difficile à affronter pour quiconque comprend (vi-jñā).*

  18. [Elle est] un foudre dans sa course, Vāiçvānara lorsqu'elle est poussée en avant (údvīta).

  19. Un projectile lorsqu'elle arrache (ut-khid) ses sabots, le grand dieu lorsqu'elle détourne le regard.

  20. Au tranchant affûté (kṣurápavi) par son regard; lorsqu'elle meugle, elle tonne contre l'homme.

  21. La mort lorsqu'elle pousse le cri hing; le dieu formidable lorsqu'elle agite sa queue.

  22. Destruction totale lorsqu'elle remue ses oreilles; phtisie royale (yákṣma) lorsqu'elle urine.

  23. Une arme (mení) pendant la traite; migraine une fois traite.

  24. Débilité lorsqu'on s'en approche (upa-sthā); discorde mutuelle lorsqu'on la palpe.

  25. Un trait lorsque sa bouche est ligotée; malheur (ṛ́ti) lorsqu'on l'abat.

  26. Mortellement venimeuse en s'effondrant; ténèbres une fois abattue.

  27. Poursuivant sa trace, la vache de brahmane anéantit les souffles vitaux du spoliateur de brahmane.

  28. [Elle est] hostilité pendant son dépeçage, dévoration de ses propres enfants lors de son partage.

  29. Un projectile des dieux lorsqu'on la prend, échec une fois prise.

  30. Malheur lorsqu'on la met sur le feu, dureté lorsqu'on la dépose.

  31. Poison quand elle chauffe (? pra-yas), takmán une fois chaude.

  32. Mal (aghá) pendant sa cuisson, mauvais songe une fois cuite.

  33. Déracinement lorsqu'on la retourne (? pari-ā-kṛ), destruction une fois retournée.

  34. Discorde par son odeur; douleur (çúc) quand on la ramasse, serpent venimeux une fois ramassée.

  35. Non-prospérité quand on la sert, désastre une fois servie.

  36. Çarva courroucé quand on l'assaisonne (piç), Çimidā une fois assaisonnée.

  37. Ruine quand on la consomme, perdition une fois consommée.

  38. Une fois consommée, la vache de brahmane retranche le spoliateur de brahmane du monde, tant de celui-ci que de celui de l'au-delà.

  39. La mettre à mort est sorcellerie, son dépouillement (āçásana) est une arme (mení), le contenu de ses entrailles un charme secret.

  40. [Elle est] absence de foyer lorsqu'elle est dissimulée (? pari-hnu).

  41. La vache de brahmane, étant devenue le feu Agni dévoreur de chair, pénétrant dans le spoliateur de brahmane, le dévore.

  42. Tous ses membres, articulations, racines, elle les tranche (vraçc).

  43. Elle brise (chid) sa lignée paternelle, fait périr sa lignée maternelle.

  44. Toutes les alliances, accointances du spoliateur de brahmane, la vache de brahmane les calcine (? api-kṣā), lorsqu'elle n'est pas restituée par un kshatriya.

  45. Sans demeure, sans foyer, sans progéniture, elle le rend; il se retrouve sans descendance (?); il est anéanti:

  46. Tout kshatriya qui s'approprie la vache d'un brahmane qui sait ainsi.

  47. Bien vite, en vérité, à sa mise à mort les vautours mènent grand bruit (āilabá).

  48. Bien vite, en vérité, autour de son bûcher dansent les femmes aux cheveux défaits, se frappant la poitrine de la main, poussant une funeste clameur.

  49. Bien vite, en vérité, dans ses demeures les loups font entendre leur vacarme.

  50. Bien vite, en vérité, on s'interroge à son sujet: ce qu'était cela, est-ce cela à présent?

  51. Tranche, tranche encore, tranche sans trêve, roussis, brûle (kṣā).

  52. Ô fille d'An̄giras, anéantis le spoliateur de brahmane qui s'approprie [la vache].

  53. Car tu es nommée vouée à tous les dieux, sorcellerie, kū́lbaja lorsqu'elle est couverte.

  54. Brûlante (uṣ), consumante, foudre du brahmane.

  55. Étant devenue une mort au tranchant affûté, élance-toi au dehors.

  56. Tu t'appropries l'honneur des spoliateurs, leur sacrifice et leur bienfaisance, leurs espérances.

  57. Prenant à toi ce qui a été dérobé pour celui qui est spolié, tu [le lui] présentes dans l'autre monde.

  58. Ô inviolable, deviens le guide du brahmane hors de l'imprécation.

  59. Deviens une arme (mení), un trait; deviens mortellement venimeuse à partir du mal (aghá).

  60. Ô inviolable, fracasse la tête du spoliateur de brahmane qui a commis l'offense, de l'insulteur des dieux, de l'avare.

  61. Qu'Agni brûle l'être malveillant, massacré, écrasé (mṛd) par toi.

  62. Tranche (vraçc), retranche, déchiquette; brûle, consume, anéantis par le feu.

  63. Le spoliateur de brahmane, ô divine inviolable, consume-le jusqu'à la racine.

  64. Afin qu'il passe de la demeure de Yama vers des mondes mauvais, vers les lointains.

  65. Ainsi, ô divine inviolable, du spoliateur de brahmane qui a commis l'offense, de l'insulteur des dieux, de l'avare,

  66. Par un foudre aux cent nœuds, acéré, aux pointes tranchantes comme des rasoirs,

  67. Fracasse les omoplates, fracasse la tête.

  68. Ses poils (lóman), cisaille-les (sam-chid); sa peau, arrache-la;

  69. Sa chair, coupe-la en morceaux; ses tendons, arrache-les;

  70. Ses os, broie-les (pīḍ); sa moelle, extirpe-la;

  71. Tous ses membres, disloque [ses] jointures.

  72. Qu'Agni dévoreur de chair le rejette de la terre, le consume (uṣ); que Vāyu [en fasse autant] depuis l'atmosphère, la vaste étendue (varimán);

  73. Que le soleil le précipite hors du ciel, le brûle jusqu'au sol.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XII.5 sur Wikisource ↗

L'ouverture transforme un don en obligation

Le verset 1 enjoint au propriétaire de dire qu'il donne la vache lorsque les prêtres la lui demandent, en promettant une descendance. Le verset 2 inverse la conséquence : la retenir fait perdre lignée et bétail. Le poème construit ainsi son argumentation par des issues jumelées, le bienfait en cas de cession et le préjudice en cas de refus. Sa formulation présente la vache comme appartenant aux dieux et aux descendants des voyants avant même qu'aucune transaction concrète ne soit décrite. Cette prémisse relève de l'affirmation du texte, et non d'un fait que le lecteur devrait adopter. Le raisonnement cherche à faire sortir l'animal de la possession de son détenteur actuel en redéfinissant à qui il appartient véritablement. Les menaces renforcent la pression exercée par cette définition.

La reconnaissance modifie la position du propriétaire

Plusieurs versets demandent à quoi l'on reconnaît cette vache. Le verset 10 dit qu'elle est née pour les dieux et les brahmanes ; le verset 16 suggère qu'elle peut demeurer parmi le bétail pendant des années avant d'être reconnue. Les versets 27 et 28 rendent le tournant plus tranchant : dès lors que le propriétaire entend la revendication, continuer de la garder devient dangereux. Il s'agit d'un seuil juridique et rituel dramatique imaginé par le poème. Le propriétaire ne saurait prétendre que la vache lui est toujours demeurée invisible, et pourtant le texte concède que la reconnaissance peut tarder. Nārada apparaît dans des versets ultérieurs comme une autorité pour l'identifier. Whitney signale certaines formulations comme obscures ; il ne convient donc pas de reconstituer une règle moderne unique et fluide à partir de chaque ligne.

De petits actes envers la vache emportent de grandes conséquences

Les versets 3 à 9 associent de graves malheurs au fait de donner des bêtes défectueuses, de marquer la vache, d'abîmer sa queue ou de maltraiter ce qui provient d'elle. Le châtiment excède souvent l'acte, menaçant les enfants, les maisons ou les possessions. Cette disproportion répond à un but rhétorique : elle rend redoutable la moindre entrave. Le verset 34 compare la rétention de la vache à l'accaparement du beurre destiné à Agni, joignant l'atteinte aux biens à l'interruption sacrificielle. Les versets 35 et 36 situent la récompense et la punition dans le monde de Yama. L'argumentation accumule les conséquences dans le foyer, le rituel et l'au-delà au lieu de reposer sur une malédiction isolée. Son ampleur participe de la pression que le poème exerce sur le donateur potentiel.

Une vache tenue pour stérile peut devenir autre

Le terme vaśā désigne souvent une vache stérile, mais le verset 37 l'imagine gestante et irritée contre le détenteur qui la présumait stérile. Le verset 42 met même en scène la question de savoir si elle est une vaśā, laissant Nārada affirmer qu'elle l'est au plus haut point. Ces passages montrent que la catégorie est rhétoriquement instable et ne saurait se réduire à une définition moderne de l'élevage. La Pāippalāda réordonne plusieurs versets initiaux et comporte des divergences locales, tandis que XII.5 développe une version plus personnifiée et violente du péril attaché à la vache. Un sortilège contemporain inspiré de XII.4 relève de l'invention ; l'hymne historique est une revendication soutenue touchant au don, à la propriété et aux prérogatives sacerdotales, et non la preuve que retenir un animal entraînait des pertes surnaturelles.

Une comparaison développée

Comparez XII.4.1 avec XII.4.36. Le premier promet une descendance si la vache est donnée sur demande ; le second verset affirme qu'elle accorde ses désirs au donateur dans le royaume de Yama et destine l'enfer à celui qui la garde. Le raisonnement passe d'un bénéfice familial immédiat à un horizon posthume. Lisez à présent XII.5.1-6, où la création de la vache dans la vérité et la droiture précède la ruine de fortune infligée au spoliateur royal. XII.4 incite un gardien à céder la bête ; XII.5 transforme la vache en une entité revendicatrice active et dangereuse. Cette divergence explique pourquoi les hymnes adjacents doivent être lus séparément.

Textes sources et études

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