LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE VII EN DÉTAIL
À Indra : pour obtenir du secours
Qu'Indra soit secourable, généreux en appuis, plein de grâce, possesseur de tout; qu'il terrasse (bādh) la haine, qu'il suscite pour nous l'absence de crainte; puissions-nous être seigneurs de biens en héros.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.91 (96) sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ
À Indra : pour obtenir du secours
Lire l'hymne de comparaison VII.92 (97) (1 verset)
Que cet Indra, salvateur et bienfaisant, tienne éloignée de nous toute haine; puissions-nous demeurer dans les faveurs de cet être vénérable, ainsi que dans son excellente bienveillance.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.92 (97) sur Wikisource ↗
L'apostrophe prépare la requête
Le vers qualifie d'abord Indra de secourable, bienveillant, secourant et maître de tout. Cette entrée en matière n'est pas une banale liste de qualités divines. Chaque épithète prépare les requêtes ultérieures : un protecteur peut faire refluer le danger, un allié attentif peut répondre à un groupe, et un pourvoyeur de ressources peut appuyer le vœu final d'une abondance en héros. L'officiant emploie une bénédiction à la troisième personne, demandant qu'Indra « soit » un tel défenseur. Cette tournure diffère d'une accusation directe contre un ennemi nommément désigné. La haine n'apparaît qu'une fois la capacité du dieu établie. La logique du poème va de ce qu'Indra est supposé être vers ce que sa protection doit accomplir pour le groupe.
Haine et intrépidité sont mises en couple
Les propositions centrales demandent à Indra d'abattre la haine et d'établir l'intrépidité « pour nous ». Cette association est porteuse de sens. La première conçoit la retenue du sentiment hostile à l'extérieur du groupe de l'officiant ; la seconde nomme une transformation intérieure dans la condition de ce groupe. On ne saurait déduire du vers si la haine émane d'un seul individu, de plusieurs rivaux ou d'une menace ambiante générale. Le texte ne consigne l'émotion de personne comme un fait avéré. Sa langue traduit un souhait motivé par l'inquiétude, doté d'un objet volontairement vaste. Lire les propositions conjointement évite que « dompter la haine d'autrui » ne soit interprété comme une prétention d'emprise mentale. L'accent verbal propre à l'hymne porte sur le soulagement et la sécurité collective.
Le souhait final change d'échelle
La conclusion demande que les officiants soient les maîtres d'une abondance en héros. « Héros » peut désigner ici de solides alliés et une communauté florissante, et pas seulement la disposition courageuse d'un individu. Ainsi le vers va-t-il du caractère tutélaire d'Indra à l'endiguement de l'hostilité, puis à une force sociale durable. Ce déplacement est capital pour le jumelage du passage : le bénéfice relevé dans la source antique est plus large qu'une simple querelle interpersonnelle privée. La réponse qu'il envisage face à la haine suppose de s'entourer d'alliés capables. Aucun effet moderne ne découle d'un tel constat ; cela maintient simplement intacte la dimension sociale du vers. Le « nous » répété du groupe est tout aussi déterminant que le sentiment hostile et anonyme que l'on cherche à soumettre.
Un verset séparé pourvu d'un compagnon
Whitney note que VII.91 et VII.92 se suivent dans le Rigveda et dans plusieurs autres recueils védiques, mais forment ici des hymnes distincts d'un seul vers. VII.92 rappelle la nature secourable d'Indra, puis repousse la haine au loin et sollicite la faveur continue du dieu. D'autres témoins inversent ses deux moitiés. Ces divergences montrent qu'un lecteur doit prêter attention tant à la division transmise qu'au dynamisme interne de chaque vers. Whitney précise en outre que VII.91 et les deux hymnes suivants sont absents de la Pāippalāda. Nous ne pouvons donc qualifier cette suite de trois hymnes de trait uniforme commun à tous les témoins de l'Atharvaveda. La tradition partagée facilite la comparaison ; le découpage de la Śaunaka confère à VII.91 son arc interne condensé.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Une comparaison développée
Commencez par les quatre mouvements de VII.91 : Indra est un appui sûr, la haine est terrassée, l'intrépidité est accordée aux officiants, et une richesse en héros est demandée. Lisez ensuite VII.92, où la haine est repoussée au loin tandis que les officiants aspirent à demeurer dans la grâce d'Indra. Le vers voisin insiste sur l'éloignement ; VII.91 associe l'élimination de l'hostilité à un état intérieur et à des appuis sociaux. Dans d'autres textes védiques, il s'agit de vers consécutifs, alors que la tradition Śaunaka en fait des hymnes séparés ; les moitiés de VII.92 sont par ailleurs inversées dans certains parallèles. Cette variation textuelle déplace l'accent sans transformer aucun de ces vers en une méthode moderne visant à manipuler l'esprit d'autrui.
