LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE XIX EN LUMIÈRE
Pour la faveur des dieux
Du réceptacle d'où nous avons extrait le Veda, c'est en lui que nous le redéposons ; ce qui est accompli [et] sacrifié par la puissance héroïque du bráhman, avec cette ferveur, ô dieux, favorisez-moi ici.
Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire XIX.72 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE I ÉGALEMENT CITÉ
Pour la rétention du savoir sacré
Lire l'hymne comparatif I.1 (4 versets)
Les trois fois sept qui vont et viennent, portant toutes les formes, que le seigneur de la parole m'attribue aujourd'hui leurs pouvoirs, [leurs] personnes (tanū́).
Reviens, seigneur de la parole, avec l'esprit divin; seigneur du bien, fais [qu'il] demeure (ni-ram); qu'en moi, qu'en ma personne soit ce qui est entendu.
Ici même, tends-toi, comme les deux extrémités de l'arc avec la corde; que le seigneur de la parole fixe fermement (ni-yam); qu'en moi, qu'en ma personne soit ce qui est entendu.
Invoqué est le seigneur de la parole; que sur nous le seigneur de la parole appelle; puissions-nous être unis à (sam-gam) ce qui est entendu; que je ne sois point séparé de ce qui est entendu.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.1 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VI ÉGALEMENT CITÉ
Pour la sagesse
Lire l'hymne comparatif VI.108 (5 versets)
Viens donc en premier à nous, ô sagesse (medhā́), avec les vaches, avec les chevaux, toi accompagnée des rayons du soleil ; tu es pour nous digne d'adoration.
J'appelle d'abord, pour l'aide des dieux, la sagesse emplie de bráhman, animée par le bráhman, louée par les voyants, bue par (?) les étudiants védiques.
La sagesse que connaissent les Ribhus, la sagesse que connaissent les Asuras, l'excellente sagesse que connaissent les voyants, nous la faisons entrer en moi.
La sagesse que connaissent les voyants créateurs d'êtres, doués de sagesse, de cette sagesse-là, rends-moi aujourd'hui pourvu, ô Agni.
La sagesse au soir, la sagesse au matin, la sagesse vers midi, la sagesse par les rayons du soleil, par le sortilège (vácas), nous la faisons entrer en nous.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.108 sur Wikisource ↗
Un seul verset porte un geste complet
XIX.72 ne compte qu'un seul verset. Sa première moitié évoque le réceptacle d'où le Veda a été extrait et dans lequel il est à présent redéposé. Cette image matérielle confère au poème une forme de manipulation et de clôture. La seconde moitié demande aux dieux d'accorder leur faveur à l'officiant par ce qui a été accompli et offert par le pouvoir et la ferveur de la parole sacrée. Il ne s'agit pas d'un long traité sur le contenu du savoir, pourtant le texte abonde en transitions : lever, porter, replacer et solliciter le regard divin. Ce geste concret constitue un fondement historique bien plus solide pour le thème d'étude associé que la vaste comparaison entre les recensions Śaunaka et Paippalāda du vieil article. Ces traditions textuelles conservent leur importance ailleurs, mais elles ne font pas l'objet de ce verset.
La disposition rituelle nuance la notion d'achèvement
Whitney signale que le verset apparaît à la fin d'une cérémonie marquant le commencement de l'étude védique. Cela ne semble paradoxal que si l'on suppose que le fait de déposer suit toujours l'achèvement d'un cycle complet. Dans un rite, une formule conclusive peut clore une phase cérémonielle alors même que l'apprentissage au long cours ne fait que commencer. La note mentionne également d'autres applications postérieures. Par conséquent, un lecteur ne devrait pas affirmer que XIX.72 constitue en lui-même une antique liturgie de remise de diplôme ou qu'il promet le succès seulement une fois toutes les leçons assimilées. Son geste marque une clôture formelle au sein d'une séquence rituelle précise, et sa prière sollicite une faveur. La relation exacte entre ce rite et l'achèvement moderne relève d'une comparaison éditoriale, non d'une identité.
Le I.1 et le VI.108 maintiennent l'apprentissage en mouvement
L'hymne d'ouverture I.1 demande au seigneur de la parole de laisser ce qui a été entendu demeurer chez l'étudiant. VI.108 s'adresse directement à la sagesse et l'appelle à parvenir avec les rayons du soleil, à pénétrer l'officiant et à revenir au matin, à midi et au soir. Ces textes mettent l'accent sur l'acquisition et la rétention plutôt que sur l'action de déposer un Veda. Leur divergence par rapport à XIX.72 est éclairante : un étudiant peut demander que les paroles demeurent, que la sagesse pénètre continuellement et qu'un objet rituel ou une leçon soit formellement mis de côté, sans que ces demandes ne constituent le même événement. Le passage de la mémoire dans I.1 à la sagesse continue dans VI.108 puis à la clôture dans XIX.72 rend le thème mis en correspondance intelligible tout en refusant l'invention d'un rituel antique unique de remise de diplôme.
L'Offrande de la leçon achevée est contemporaine
Le bénéfice mis en correspondance, « Faveur divine à l'achèvement de l'étude », ainsi que L'Offrande de la leçon achevée relèvent d'un cadre éditorial et d'une pratique contemporains. XIX.72 demande sincèrement la faveur des dieux, mais le verset ne promet pas que le cycle accompli d'un étudiant sera récompensé, et son emplacement rituel répertorié se situe à la fin d'une cérémonie inaugurant l'étude. Le déroulement propre au site n'est pas préservé dans l'hymne. Le lecteur d'aujourd'hui peut utiliser l'image du dépôt pour méditer sur l'achèvement d'une leçon, tout en sachant que I.1 et VI.108 conçoivent l'apprentissage comme quelque chose qui doit demeurer et se poursuivre. Cette distinction évite que l'action concise du poème ne soit transformée en une vague promesse de réussite pour des examens, des diplômes ou de futurs résultats.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lever, retenir et déposer
Lisez XIX.72.1 en deux volets : un Veda retiré d'un réceptacle y est redéposé, et les dieux sont priés d'accorder leur faveur au regard de l'œuvre accomplie ou offerte. Lisez ensuite I.1.2, où l'on demande que l'enseignement entendu demeure dans l'officiant, et VI.108.5, qui invoque la sagesse au soir, au matin et à midi. Le premier verset clôt un geste rituel ; les deux autres recherchent une rétention et une arrivée continues. La note de Whitney place XIX.72 à la fin d'une cérémonie de commencement, de sorte que la comparaison nourrit une réflexion moderne sur l'achèvement sans pour autant faire de l'hymne une antique garantie de remise de diplôme.
