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Rituels, significations et traditions magiques

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Atharvaveda · Amour et obéissance

Se sentir attiré par quelqu'un : mouvement et contrainte dans les hymnes d'amour de l'Atharvaveda

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'attraction évoque un mouvement naturel vers autrui. Les hymnes d'amour de l'Atharvaveda dépeignent parfois le mouvement sous cet angle, mais ils évoquent aussi l'action de traîner, d'aiguillonner et de transpercer. Cette distinction est essentielle lorsqu'un rituel moderne emploie le verbe attirer. Suivre l'agent de chaque mouvement révèle si un verset imagine deux êtres cheminant de concert ou un locuteur guidant un être aimé malgré lui.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Ces versets fournissent la formulation et la séquence examinées dans l'article ci-dessous.

III.25

ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE

Pour commander l'amour d'une femme

  1. Que le propulseur te pousse (tud) vers le haut ; ne demeure pas (dhṛ) dans ton propre gîte ; par la terrible flèche de l'amour (kā́ma), je te transperce le cœur.

  2. La flèche empennée de nostalgie (ādhī́), armée d'amour à sa pointe, pourvue de détermination en son collet (? saṁkalpá-), rendue bien droite, que l'amour en transperce ton cœur.

  3. La flèche d'amour bien affilée qui dessèche la rate, aux pennes orientées vers l'avant, dévorante (vyòṣa), par elle je te transperce le cœur.

  4. Transpercée d'une douleur ardente (çúc), la gorge desséchée, viens en rampant vers moi, docile, ta fureur apaisée, tout entière à [moi], aux douces paroles, soumise.

Lire les 2 versets restants de III.25
  1. Je te pousse vers moi avec un aiguillon (ā́janī), loin de ta mère, de même que de ton père, afin que tu sois en mon pouvoir (krátu), que tu te plies à mon dessein.

  2. Ô Mitra et Varuṇa, chassez les desseins de son cœur ; puis, la rendant impuissante, soumettez-la à mon autorité.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.25 sur Wikisource ↗

VI.102

ATHARVAVEDA · LIVRE VI EN DÉTAIL

Pour conquérir une femme

  1. Comme ce cheval de trait (vāhá), ô Açvins, s'unit et s'avance [avec sa compagne], qu'ainsi vers moi ton esprit s'unisse et s'avance.

  2. J'entraîne (ā-khid) ton esprit, comme un étalon souverain entraîne une jument attelée à ses côtés (?) ; comme l'herbe fauchée par un tourbillon, que ton esprit s'enlace au mien.

  3. D'onguent, de madúgha, de kúṣṭha et de nard, par les mains de Bhaga, j'apporte promptement un moyen de soumission.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.102 sur Wikisource ↗

VI.8

ATHARVAVEDA · LIVRE VI EN DÉTAIL

Pour obtenir l'amour d'une femme

  1. Tout comme la liane (líbujā) a entièrement enlacé l'arbre, enlace-moi ainsi, afin que tu sois celle qui m'aime, afin que tu sois celle qui ne s'éloigne pas de moi.

  2. Tout comme l'aigle, prenant son envol, abat ses ailes sur la terre, j'abats ainsi ton esprit, afin que tu etc. etc.

  3. Tout comme le soleil parcourt d'un coup ici le ciel et la terre, je parcours ainsi ton esprit, afin que tu etc. etc.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.8 sur Wikisource ↗

Ce que III.25 entend par s'approcher

III.25 sert de point d'ancrage historique à cette vertu moderne. Le récitant décoche une flèche d'amour vers le cœur d'une femme, reformule cette vision au moyen d'un trait minutieusement confectionné, puis envisage le déchirement physique. C'est uniquement au terme de ces versets que la femme interpellée chemine vers lui. Le verset 5 emploie l'aiguillon et dépeint la rupture forcée avec son père et sa mère. Le verset 6 requiert des dieux l'abolition de ses intentions personnelles. Le rapprochement sanctionne ainsi l'aboutissement d'une lutte contre un autre arbitre, et non un élan spontané vers une bienveillante présence. Toute approche commençant par la venue en occultant le tourment préalable inverse l'ordonnancement formel du texte.

Un cheval attelé transforme la métaphore

VI.102.1 met en parallèle la communion des pensées et l'attelage d'un cheval de trait progressant aux côtés de sa compagne. Ce tableau peut donner au départ l'impression d'une coordination harmonieuse. Pourtant, le verset suivant relate que le locuteur tire à lui l'esprit d'autrui à la façon d'un étalon remorquant une monture, et compare cet esprit à des herbes balayées par la tourmente. Ce revirement brusque est significatif : marcher ensemble peut être réinterprété comme le fait d'une seule personne guidant la marche. Le troisième verset fait intervenir des aromates ainsi que l'assistance de Bhaga pour asseoir la sujétion, bien que Whitney relève des zones d'ombre dans la formulation. L'hymne atteste donc de l'entrelacement de figures persuasives et dominatrices en une pièce concise, loin d'une banale allégorie d'alchimie mutuelle.

L'étreinte d'une vigne est aussi une pression répétée

VI.8 débute par une liane étreignant un arbre et demande à l'être aimé de presser le narrateur contre soi. Toutefois, les versets suivants comparent l'acte aux ailes d'un aigle s'abattant et au parcours du soleil enveloppant le ciel et la terre ; chacun réitère le vœu qu'elle l'aime sans jamais s'éloigner. Les motifs naturels accentuent la portée des exigences du locuteur. Ce sont des comparaisons poétiques, non le constat d'une attraction fatale. Placée auprès de III.25 et VI.102, cette plante grimpante démontre avec quelle facilité on peut isoler une première image rassurante tout en ignorant la revendication tenace d'une obéissance imposée à autrui.

La présence actuelle est un sujet nouveau

« Faire en sorte qu'une personne ciblée se sente attirée par ma présence » et L'Attraction Douce sont des formules contemporaines originales. Aucun de ces hymnes n'aborde l'aura dans une pièce moderne, un cérémonial d'attirance partagée ou une quelconque réponse démontrable face à la proximité d'une personne. La tournure du rituel suscite une saine réflexion : cet attrait recherché constitue-t-il une offre de rencontre que l'autre est libre d'écarter, ou une tentative de forcer son choix ? Les textes ancestraux conjuguent la ferveur ardente et une emprise sans fard ; ils ne tranchent pas ce dilemme contemporain à notre place. On peut explorer leurs métaphores sans soutenir que la pratique moderne associée réactive un office védique ou garantit le sentiment d'autrui.

Suivez l'inflexion au sein de VI.102

Lisez le cheval apparié du verset 1 avant d'aborder le verset 2 où l'orateur entraîne l'esprit. La première allégorie illustre une marche synchrone ; la seconde dote un seul acteur du pouvoir d'infléchir la trajectoire de l'autre. Poursuivez par III.25.5, dans lequel un aiguillon rabat une femme vers le locuteur en la détachant de sa lignée. À travers ces trois énoncés, le mouvement demeure central, mais son instigateur change de nature. La comparaison dépouille la locution contemporaine « se sentir attiré » de son apparente candeur face à ces charmes traditionnels. C'est le regard actuel, et non la voix antique, qui permet de distinguer la séduction consentie du rapprochement imposé.

Textes sources et études

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