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Atharvaveda · Malédictions et ennemis

Atharvaveda IV.19 : l'apāmārga contre un agresseur

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda IV.19 s'adresse à une plante capable de renverser les sorts dans un contexte d'ennemis, de malédictions et d'armes. Sa demande que la plante se retourne contre quiconque assaille l'officiant est plus directe que la maladie personnifiée de l'ancien article sur la fièvre. Le ton menaçant de l'hymne relève d'une vision du monde rituelle et historique.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

IV.19

ATHARVAVEDA · LIVRE IV EN LUMIÈRE

Contre les ennemis : avec une plante

  1. Tu n'es pas celle qui crée des proches, et maintenant tu es celle qui crée des parents ; tranche aussi (? ā-chid) la progéniture du faiseur de sorcellerie, comme un roseau de la saison des pluies (vā́rṣika).

  2. Tu es invoquée (?) par un Brâhmane, par Kaṇva fils de Nṛshad ; tu avances comme une armée brillante (?) ; il n'y a nulle crainte (bhayá) là où tu parviens (pra-āp), ô herbe.

  3. Tu vas à la tête (ágra) des herbes, faisant resplendir (dīp) sur [nous] comme avec de la lumière ; tu es aussi la salvatrice des simples (pā́ka), de même que la destructrice du démoniaque.

  4. Quand là-bas, à l'origine, les dieux grâce à toi écartèrent (nis-kṛ) les Asuras, de là, ô herbe, tu naquis, purificatrice par effacement.

Lire les 4 versets restants de IV.19
  1. Pourfendant au loin (vi-bhid), « pourfendeur » aux cent branches est le nom de ton père ; en retour (pratyák), pourfends celui qui nous assaille.

  2. Le non-être a pris naissance (sam-bhū) depuis la terre ; cela monte vers le ciel, la vaste étendue (vyácas) ; que cela, en vérité, s'évaporant au loin, revienne de là sur son auteur.

  3. Puisque tu as vu le jour retournée (pratyáñc), portant un fruit retourné, repousse (yu) loin de moi toutes les malédictions, [repousse] très loin l'arme mortelle.

  4. Protège-moi alentour avec une centaine ; défends-moi avec un millier ; que le puissant (ugrá) Indra, ô seigneur des plantes, t'accorde la force (ojmán).

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire IV.19 sur Wikisource ↗

I.20

ATHARVAVEDA · LIVRE I ÉGALEMENT CITÉ

Contre les ennemis et leurs armes

Lire l'hymne comparatif I.20 (4 versets)
  1. Qu'advienne l'ádārasṛt, ô dieu Soma ; lors de ce sacrifice, ô Maruts, soyez-nous bienveillants ; qu'aucun présage funeste ne nous atteigne, ni aucune imprécation ; que le préjudice odieux ne nous trouve point.

  2. Quel que soit le projectile (sénya) des malveillants (aghāyú) s'élevant aujourd'hui, vous, ô Mitra et Varuṇa, détournez-le de nous.

  3. Ce qui vient d'ici comme ce qui vient de là-bas, détourne-le, ô Varuṇa, l'arme mortelle ; accorde une grande protection (çárman) ; tiens très éloignée l'arme mortelle.

  4. En vérité, un grand souverain (çāsá) es-tu, vainqueur des ennemis, indompté, dont le compagnon (sákhi) n'est jamais abattu, ni blessé (jyā) en aucun temps.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.20 sur Wikisource ↗

IV.18

ATHARVA-VÉDA · LIVRE IV ÉGALEMENT CITÉ

Contre la sorcellerie : à l'aide d'une plante

Lire l'hymne de comparaison IV.18 (8 versets)
  1. La même lumière qu'avec le soleil : la nuit possède la pareille avec le jour ; j'accomplis ce qui est efficace (satyá) pour porter secours ; que les ouvrières de sorcellerie soient vidées de toute sève.

  2. Quiconque, ô dieux, ayant forgé un sortilège, le porte dans la demeure d'un ignorant, que ce sort, comme le veau au pis (dhārú) vers sa mère, retourne droit à lui.

  3. Quiconque, ayant forgé le mal en sa demeure, désire frapper autrui par lui : d'innombrables pierres retentissent d'un grand fracas lorsqu'elle (la sorcellerie) est consumée.

  4. Ô toi aux mille demeures (? -dhā́man), fais-les gésir (?) sans crête, sans cou ; renvoie la sorcellerie à celui qui l'a forgée, pareille à la bien-aimée (priyā́) retournant à son amant (priyā́vant).

  5. Moi, avec cette herbe, j'ai ruiné tous les sortilèges, celui qu'on a forgé dans le champ, celui qu'on a forgé dans les vaches ou dans tes hommes (púruṣa).

  6. Celui qui a œuvré n'a pas été capable d'achever ; il s'est brisé (çṛ) un pied, un doigt ; il a fait ce qui nous est profitable, mais pour lui-même une brûlure (tápana).

  7. Que la nettoyeuse efface le kṣetriyá et toute malédiction présente ; qu'elle balaye, en vérité, les sorcières, qu'elle efface toutes les harpies.

  8. Ayant balayé les sorciers, effacé toutes les harpies, ô purificatrice, avec toi nous effaçons tout cela.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Lire IV.18 sur Wikisource ↗

La plante pénètre sur un terrain déjà disputé

IV.19 se rattache aux deux hymnes précédents consacrés à l'apāmārga, tant dans la note rituelle de Whitney que dans le témoin de la Pāippalāda. Son ouverture demeure textuellement obscure, mais les versets 2–4 établissent promptement le statut de la plante. Elle parvient là où l'effroi disparaît, protège les êtres vulnérables et rappelle les dieux chassant les Asuras. Ces déclarations fournissent une lignée de sauvetage et d'expulsion avant même que le poème ne désigne son opposant direct, qu'il soit humain ou rituel. La plante est interpellée comme une actrice à part entière, et non simplement décrite comme un ingrédient.

Le verset 3 affirme que l'herbe se tient au premier rang des plantes et réunit les rôles de salvatrice et de destructrice. Cette association a son importance : la même force tutélaire protège le locuteur et frappe ce qui menace cette protection. Elle montre également pourquoi une simple étiquette comme herbe médicinale reste incomplète. IV.19 n'est pas un hymne de traitement contre la fièvre. Sa logique est antagonique et publique, insistant sur la peur, les manœuvres hostiles et la vigueur indispensable pour leur résister.

Un agresseur nommément désigné apparaît dans le cinquième verset

Le cinquième verset emploie de façon répétée le registre du déchirement ou du clivage, le retournant explicitement contre celui qui « nous » assaille. Le verbe et l'épithète végétale se confortent mutuellement, illustrant comment un jeu de mots védique s'érige en logique rituelle. Le locuteur cherche à renverser l'offensive en attribuant à la plante l'action exacte que son nom suggère. La ligne ne livre aucun indice sur une personne réelle, pas plus qu'elle n'indique au lecteur contemporain comment démasquer un adversaire. Elle dévoile la manière dont le locuteur antique concevait sa vulnérabilité.

Le verset 6 imagine ensuite un acte pernicieux retournant à son auteur. Whitney qualifie le sens général d'obscur et compare ce retour à l'eau qui s'élève de la terre pour retomber en pluie. Cette incertitude doit demeurer visible. On peut discerner un schème de réversion à travers les versets sans pour autant muer cette image ardue en règle mécanique absolue. L'efficacité du poème découle de renversements constants d'orientation : la crainte s'éloigne du locuteur, l'attaque reflue vers son foyer présumé.

Malédictions et armes élargissent le danger

Au verset 7, la plante est priée d'écarter à la fois les malédictions et l'arme mortelle. Cette association porte l'hymne au-delà de la figure d'un individu isolé. L'agresseur peut s'incarner à travers la violence physique, l'hostilité rituelle, ou l'une et l'autre combinées. Le verset 8 se termine par une sauvegarde chiffrée par centaines et par milliers, invoquant Indra pour conférer de la puissance à la plante. Ces nombres croissants élargissent le périmètre défensif plutôt qu'ils ne mesurent une quantité définie d'antagonistes.

I.20 place similairement l'imprécation aux côtés d'un projectile levé, mais ses principaux agents sont les protecteurs divins Mitra et Varuṇa plutôt que la plante apāmārga sollicitée ici. Cette comparaison fait ressortir la logique matérielle de IV.19. La plante y est au centre, et sa nature d'inversion commande tout le poème. L'effet offert aux membres, consistant à repousser un agresseur direct, s'appuie tout particulièrement sur le verset 5, bien que l'hymne mentionne également sorts et armes. Ce travail rituel en six temps relève d'une écriture symbolique contemporaine, non d'un protocole védique redécouvert.

Une séquence de trois hymnes a toute son importance

Whitney mentionne que IV.19 n'était employé rituellement qu'avec IV.17 et IV.18, et que la Pāippalāda préserve aussi cette unité d'ensemble. Envisager les trois hymnes comme un continuum aide à comprendre pourquoi un verset isolé résonne telle la suite d'une argumentation sur le renversement de l'agression. Cela tempère aussi une lecture contemporaine décontextualisée érigeant le cinquième verset en promesse autosuffisante. Le document historique s'insérait dans une trame d'énoncés où la flore, l'agression et le contrecoup reviennent sans cesse.

L'expression du premier verset touchant la création de liens familiaux ainsi que la métaphore du sixième demeurent contestées au sein des remarques de Whitney. Ces incertitudes accordent d'autant plus de poids aux passages limpides : le verset 5 désigne l'assaillant, le verset 7 mentionne les malédictions et l'arme, et le verset 8 sollicite une protection enveloppante. Une analyse rigoureuse peut retracer cette trajectoire tout en admettant les fragilités textuelles. La formulation s'avère vigoureuse, mais un commentaire contemporain doit s'attacher à retranscrire la rhétorique du poème plutôt qu'à promettre un châtiment ou une préservation empiriques.

Lecture pratique : le renversement à travers trois versets

Lisez IV.19.5 pour la plante dont le nom évocateur de scission est retourné contre un assaillant. Passez au verset 6 et demandez-vous ce qui revient à son créateur : Whitney suppose une œuvre néfaste, mais les métaphores de la terre, du ciel et de l'eau restent complexes. Le verset 7 redevient plus explicite, demandant que les imprécations et une arme mortelle soient maintenues à grande distance. Cette progression ne se résume pas à « attaquer l'ennemi ». Elle chemine d'un adversaire désigné vers une évocation floue de retour, pour aboutir à la défense contre deux catégories de menaces. Placez I.20 en regard : tous deux associent sortilège et armement, tandis que IV.19 fait d'une plante aux vertus d'inversion le maître d'œuvre du chant.

Textes sources et études

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