LE TEXTE · ATHARVAVEDA
Hymnes abordés dans cet article
Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.
ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE
À Agni et à d'autres dieux : pour diverses bénédictions
Ceci est ta matrice (yóni) de saison, d'où né tu as brillé ; la connaissant, ô Agni, monte ; puis accrois notre richesse.
Ô Agni, parle-nous ici ; sois tourné vers nous avec bienveillance ; accorde-nous tes dons, ô seigneur du peuple (víç) ; dispensateur de richesses es-tu pour nous.
Qu'Aryaman nous accorde ses dons, que Bhaga, que Brihaspati, que les déesses ; que la divine Sūnṛtā m'assigne aussi la richesse.
Le roi Soma [et] Agni, nous les appelons à l'aide par [nos] chants (gír) ; [aussi] Āditya, Vishṇu, Sūrya et le prêtre (brahmán) Brihaspati.
Lire les 6 versets restants de III.20
Toi, ô Agni, avec les feux (agní), accrois notre prière (bráhman) et notre sacrifice ; toi, ô dieu, incite-nous à donner, pour le don de richesse.
Indra-et-Vāyu, tous deux ici, nous les appelons ici d'un appel favorable, afin qu'envers nous tout homme même soit bien disposé dans le commerce, et devienne désireux de nous donner.
Incite Aryaman, Brihaspati, Indra, à donner ; [aussi] Vāta (le vent), Vishṇu, Sarasvatī et le vigoureux (vājín) Savitar.
Dans l'élan (prasavá) de vigueur (? vā́ja) nous sommes à présent nés, et tous ces êtres au-dedans. Que lui, sachant d'avance, amène à donner celui qui n'est point disposé à donner, et affermis pour nous une richesse pourvue de tous les héros.
Que les cinq directions produisent (duh) pour moi, que les vastes contrées produisent selon leur force ; puissé-je accomplir tous mes desseins, avec l'esprit et le cœur.
Une voix qui conquiert le bétail, puissé-je la proférer ; avec éclat lève-toi sur moi ; que Vāyu (le vent) enserre (ā-rudh) de toutes parts ; que Tvashṭar m'assigne l'abondance.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.20 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE III ÉGALEMENT MENTIONNÉ
Pour le succès dans le commerce
Lire l'hymne comparatif III.15 (8 versets)
J'éveille (cud) le marchand Indra ; qu'il vienne à nous, qu'il soit notre précurseur ; repoussant l'avare, la bête sauvage en embuscade, que lui, détenant le pouvoir (īç), me dispense des richesses.
Les multiples chemins, parcourus par les dieux, qui vont et viennent (sam-car) entre ciel et terre, qu'ils se réjouissent de moi avec du lait, avec du ghee, afin qu'en commerçant (krī) je puisse obtenir (ā-hṛ) des richesses.
Avec du bois de chauffe, ô Agni, avec du ghee, moi, plein de désirs, j'offre l'oblation en vue de l'énergie (táras), de la force ; vénérant par le culte (bráhman), dans la mesure de mes moyens, cette prière divine (dhī́), en vue d'un gain au centuple.
Cette offense (? çaráṇi) nôtre, puisses-tu, ô Agni, la tolérer (mṛṣ), quel que soit le lointain chemin que nous ayons parcouru. Que marché et vente nous soient propices (çuná) ; que le retour commercial me rende fructueux ; réjouissez-vous tous deux de cette oblation dans la concorde ; propices nous soient nos allées et venues et notre élévation.
Avec les richesses par lesquelles je pratique (car) le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, que cela s'accroisse pour moi, et non ne diminue ; ô Agni, repousse (ni-sidh) par l'oblation les dieux qui anéantissent le profit.
Avec les richesses par lesquelles je pratique le négoce, cherchant la richesse par la richesse, ô dieux, qu'Indra m'y accorde du plaisir (? rúci), que Prajāpati, Savitar, Soma, Agni fassent de même.
Vers toi, avec hommage, ô prêtre Vāiçvānara (« pour tous les hommes »), nous élevons nos louanges ; veille sur notre progéniture, sur nous-mêmes, sur nos troupeaux, sur nos souffles.
Chaque jour, puissions-nous t'apporter des offrandes avec constance comme pour un cheval à l'arrêt, ô Jātavedas ; nous réjouissant ensemble d'une abondance de biens, de nourriture, puissions-nous, tes voisins, ô Agni, ne subir aucun mal.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.15 sur Wikisource ↗
ATHARVAVEDA · LIVRE VI ÉGALEMENT CITÉ
Pour la gloire
Lire l'hymne comparatif VI.58 (3 versets)
Que le généreux Indra me rende glorieux ; glorieux, ici, le ciel et la terre tous deux ; que le dieu Savitar me rende glorieux ; puissé-je être cher, ici, à celui qui remet l'offrande sacrificielle.
De même qu'Indra est doté de gloire dans le ciel et sur la terre, de même que les eaux sont dotées de gloire dans les herbes, puissions-nous ainsi, parmi tous les dieux, parmi tous, être glorieux.
Glorieux naquit Indra, glorieux naquit Agni, glorieux naquit Soma ; glorieux, de toute existence suis-je le plus glorieux.
Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.58 sur Wikisource ↗
Le langage du don dans III.20 est vaste
III.20 demande à Agni d'accroître les richesses et appelle plusieurs divinités à les dispenser. Le verset 5 aborde le don dans une ligne ardue dont la signification est jugée douteuse par Whitney ; le verset 6 forme le vœu que les personnes rencontrées soient bienveillantes et prêtes à donner. Il ne s'agit pas d'une fiche de paie mentionnant une prime. Le cadre rituel de l'hymne intègre la bénédiction et le sacrifice, tandis que son histoire textuelle témoigne de versets réemployés du Rigveda et d'applications plus tardives. Une prime peut évoquer un don bienveillant, surtout si elle est imprévue, mais le poème n'en définit ni les critères d'attribution ni le montant. Son verset incertain 5 ne constitue nullement une base solide pour affirmer qu'il promet des rétributions pour un travail contemporain.
III.15 demande un gain après une mise en jeu
Le marchand de III.15 engage des richesses dans les négociations et espère qu'elles croîtront au lieu de diminuer. L'analogie est plus juste lorsque le versement supplémentaire fait suite à un travail quantifiable ou à une gratification prévue d'avance. Le texte antique évoque toujours le commerce, et non le système de primes d'un salarié. Sa portée réside dans le schéma de l'effort et de la rétribution, y compris le risque d'un résultat décevant. Si une entreprise a promis une prime fixe pour un objectif et que l'employé l'a atteint, la somme n'est pas une simple générosité ; elle fait partie de l'échange convenu. Si aucune promesse n'existait, le versement relève davantage d'une marque d'estime discrétionnaire. Les hymnes ne tranchent pas entre ces situations.
VI.58 confère une réputation sans contrepartie financière
VI.58 demande à être glorieux et cher à celui qui offre un don sacrificiel. Son deuxième verset compare la gloire parmi les dieux à la place de l'eau parmi les herbes, et le troisième renforce cette quête de renommée. Un travailleur peut espérer que ses excellents résultats seront remarqués, ce qui fournit une comparaison lointaine avec la reconnaissance professionnelle. Mais la renommée n'est pas équivalente à de l'argent liquide, et l'on peut recevoir des éloges sans obtenir de rémunération d'appoint. D'après les notes de Whitney, le parallèle du poème dans la version Paippalāda omet son troisième verset, autre raison de ne pas traiter ce texte comme une formule moderne de récompense. Confronté à III.20 et à III.15, il distingue la visibilité, la générosité spontanée et l'échange contractuel.
L'intention de prime moderne
Le rituel proposé demande une prime substantielle méritée par le travail de l'adepte. Ce bénéfice précis est contemporain et inventé. Les passages anciens offrent divers prismes : la richesse accordée, le commerce dont le gain dépasse la mise de départ, et la reconnaissance sociale. Ils n'imposent nullement à un employeur de récompenser un travailleur, ne garantissent pas l'ampleur d'une gratification et ne déterminent pas si un objectif professionnel a été réalisé. Un article rigoureux gagne donc à identifier les fondements de la prime espérée avant de mobiliser une imagerie historique. Cette distinction s'avère particulièrement utile lorsque l'on reçoit des éloges sans compensation financière, ou de l'argent sans reconnaissance publique. Le sortilège exprime l'association souhaitée ; les hymnes en révèlent les différentes composantes.
EXEMPLE D'INTERPRÉTATION
Lecture appliquée : prime promise ou gratification discrétionnaire
Une entreprise annonce un objectif de rendement associé à une prime explicite. Lorsqu'un salarié le remplit, le gain sur une mise convenue de III.15 constitue l'analogie la plus proche. Un autre employé reçoit une gratification de fin d'année imprévue pour son bon travail ; le ton de III.20 sur le donateur généreux est plus approprié. Un troisième reçoit des félicitations publiques sans argent supplémentaire, rappelant la gloire de VI.58 sans l'aboutissement financier du sortilège. Le terme de prime peut désigner chacune de ces relations distinctes. Aucun des hymnes anciens ne tranche sur le respect des critères actuels de l'entreprise ; ils permettent plutôt de comprendre pourquoi la reconnaissance, l'engagement et le paiement doivent être distingués.
