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Rituels, significations et traditions magiques

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Atharvaveda · Amour et obéissance

Être faits l'un pour l'autre : ardeur amoureuse et harmonie du foyer

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

Avoir le sentiment d'être faits l'un pour l'autre peut signifier une sollicitude partagée ou une attirance irrésistible. L'Atharvaveda distingue ces perspectives bien plus nettement qu'une formule moderne. VI.130 attise le désir d'une personne ; III.30 vise la concorde dans un foyer ; II.30 unit un couple par une tout autre forme de contrainte.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

VI.130

ATHARVAVEDA · LIVRE VI EN DÉTAIL

Pour gagner l'amour d'un homme

  1. Des Apsaras victorieuses en leur char, de celles qui triomphent sur leur char, telle est la passion amoureuse (smará) : ô dieux, faites jaillir l'amour ; que cet [homme] là-bas brûle de désir (anu-çuc) pour moi.

  2. Que cet [homme] là-bas m'aime (smṛ) ; devenu cher à mon cœur, qu'il m'aime : ô dieux, envoyez etc. etc.

  3. Pour que cet [homme] là-bas m'aime, et non moi lui en aucun temps, ô dieux, envoyez etc. etc.

  4. Rendez-[le] fou d'amour (un-māday-), ô Maruts ; ô atmosphère, rends-[le] fou ; ô Agni, toi aussi rends-[le] fou ; que cet [homme] là-bas brûle de désir pour moi.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VI.130 sur Wikisource ↗

III.30

ATHARVAVEDA · LIVRE III EN POINT DE MIRE

Pour la concorde

  1. Je fais naître pour vous communion de cœur, accord des esprits et absence d'hostilité ; témoignez-vous de l'affection (hary) les uns envers les autres, à l'image de la [vache] inviolable envers son veau à sa naissance.

  2. Que le fils soit soumis au père, en communion de pensée avec la mère ; que l'épouse adresse à son époux des paroles (vā́c) pleines de douceur et de paix.

  3. Que le frère ne haïsse point son frère, ni la sœur sa sœur ; devenant unanimes (samyáñc), animés des mêmes desseins, tenez des propos auspicieux (bhadráyā).

  4. Cette incantation en vertu de laquelle les dieux ne se séparent point et ne se haïssent point mutuellement, nous l'accomplissons dans votre demeure, source de concorde pour [vos] hommes (púruṣa).

Lire les 3 versets restants de III.30
  1. Reconnaissant vos aînés (jyā́yasvant), pleins de résolution, ne soyez pas divisés, accomplissant ensemble votre tâche, avançant d'un même effort (sádhura) ; venez ici en tenant des propos bienveillants les uns envers les autres ; je vous rends unis (sadhrīcī́na), en communion de pensée.

  2. Que votre boisson (prapā́) [soit] la même, votre partage de nourriture en commun ; c'est sous le même joug (yóktra) que je vous lie ⌊yuj⌋ ensemble ; vénérez Agni d'un même cœur, comme les rayons autour du moyeu.

  3. Unis, en communion d'esprit, je vous rassemble en un seul faisceau, vous tous, par ma conciliation ; [soyez] semblables aux dieux défendant l'immortalité (amṛ́ta) ; tard comme tôt, que la bienveillance vous appartienne.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire III.30 sur Wikisource ↗

II.30

ATHARVA-VÉDA · LIVRE II ÉGALEMENT CITÉ

Pour s'assurer l'amour d'une femme

Lire l'hymne comparatif II.30 (5 versets)
  1. De même que le vent ici secoue l'herbe de la terre, ainsi je secoue ton esprit, afin que tu sois prise d'amour pour moi, afin que tu ne t'éloignes pas de moi.

  2. Puissiez-vous, ô Açvins, mener et rassembler [cette femme] auprès de celui qui l'aime. Vos fortunes (bhága) à tous deux se sont unies, unis [vos] desseins, unis [vos] chemins (vratá).

  3. Ce que les aigles souhaitent exprimer, ce que les êtres délivrés de tout mal souhaitent exprimer, qu'elle réponde ainsi à mon appel, comme la pointe rejoint l'emmanchure de la flèche (kúlmala).

  4. Ce qui [était] au-dedans, qu'il [soit] au-dehors ; ce qui [était] au-dehors, qu'il [soit] au-dedans ; saisis l'esprit des jeunes filles aux formes multiples, ô plante.

  5. Voici que cette femme est venue, désireuse d'un époux ; désireux d'une épouse, je suis venu ; pareil à un coursier au hennissement puissant (krand), accompagné de la fortune, je suis venu.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Consulter II.30 sur Wikisource ↗

VI.130 rend l'appartenance inégale

Dans VI.130, la femme implore les puissances divines de faire en sorte qu'un homme l'aime. Le verset 3 réclame formellement son affection sans s'engager à lui rendre la pareille. Le verset 4 le dépeint rendu fou ou embrasé d'amour. Ces éléments démentent la conception rassurante selon laquelle les deux partenaires découvriraient simplement qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Le locuteur de l'hymne recherche un dénouement axé sur son dessein, et le for intérieur de l'homme est l'objet à transformer. Ses quatre versets ne proposent aucun dialogue où les deux partenaires esquisseraient un avenir commun. Cet aspect est déterminant pour un bénéfice contemporain fondé sur la conviction : susciter chez quelqu'un la certitude qu'il est fait pour un autre risquerait de masquer la contrainte du poème ancien sous les atours d'un appel au destin.

III.30 décrit un lien social plus étendu

III.30 appelle à l'accord des cœurs et au rejet de l'hostilité au sein du foyer. Ses versets traitent des relations entre parents, enfants, frères et sœurs, ainsi qu'entre conjoints, avant d'aborder la parole bienveillante, le partage des vivres, le travail et le culte communs. L'unité recherchée prend corps dans la coexistence journalière et ne se loge pas seulement dans l'intime certitude d'un amoureux. Le texte dépeint aussi l'ordre hiérarchique d'une maisonnée, de sorte que sa concorde ne constitue pas un modèle parfait d'égalité contemporaine. Néanmoins, l'attention portée aux gestes partagés offre un contraste significatif avec l'ardeur de VI.130. L'appartenance mutuelle n'y est pas qu'un sentiment imposé ; elle se manifeste à travers les coutumes matérielles et verbales qui maintiennent la cohésion d'une communauté.

II.30 réunit un couple tout en s'emparant d'un esprit

II.30 compare l'action du vent courbant l'herbe à l'infléchissement de l'esprit d'une femme et en appelle aux Aśvin pour unir deux êtres. Un verset suivant mentionne une plante s'emparant de cet esprit ; le verset final nomme des hommes et des femmes en quête de conjoints. La formulation d'une prière d'union ne confère pas de réciprocité à l'ensemble du poème. Ses procédés visent à infléchir le désir d'un tiers, et les sections de l'hymne suivent un agencement différent dans la recension de la Paippalāda. Cette variation textuelle rappelle que même un intitulé concis tel que charme d'union recouvre une série de versets structurés, parfois instables. Comparée à III.30, l'union imaginée du couple ne présente pas la vie commune pérenne de l'hymne domestique.

L'Appartenance Possible est un bienfait récent

« Faire en sorte qu'une personne ciblée croie que nous sommes faits l'un pour l'autre » et L'Appartenance possible sont des créations contemporaines originales. Aucun verset ancien ne garantit qu'une personne choisie adoptera cette conviction. VI.130 poursuit un désir unilatéral, II.30 bouscule et asservit un esprit, tandis que III.30 prie pour la concorde d'un groupe déjà établi. Le rituel moderne peut inciter à s'interroger sur ce que le sentiment d'appartenance réciproque exige des deux parties, mais la mutation interne qu'il promet chez autrui ne découle pas de ces sources. Le lecteur tirera bien plus d'enseignements de ces distinctions que d'un renvoi vague à une quelconque fatalité antique : l'attirance, la persuasion et la coopération dans la durée sont des réalités distinctes, et les hymnes en révèlent toute la complexité.

Aller au-delà du mot ensemble

Placez VI.130.3, avec son désir d'un amour unilatéral d'un homme, aux côtés de la demande de III.30 pour des proches au cœur semblable, non hostiles, partageant nourriture et labeur. Lisez ensuite le vent de II.30.1 faisant bouger l'herbe et, plus loin, la plante qui s'empare de l'esprit d'une femme. Tous trois peuvent être résumés de manière générale comme le fait de réunir des personnes, mais leurs verbes et leurs contextes sociaux diffèrent. VI.130 veut de la chaleur, III.30 imagine le rythme coopératif d'un foyer, et II.30 incline un esprit vers un couple. La comparaison détaillée rend une revendication moderne d'appartenance mutuelle moins automatique et plus fidèle aux mots réels.

Textes sources et études

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