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Atharvaveda · Malédictions et ennemis

Agni à la frontière entre rivaux nés et à naître : Atharvaveda VII.34

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda VII.34 est un verset unique articulé en quatre temps : Agni écarte les rivaux déjà nés, retient ceux qui ne sont pas encore nés, place les combattants du présent sous les pas de l'officiant et préserve ce dernier de toute faute devant Aditi. Cette dernière supplique passe facilement inaperçue si l'on réduit le poème à une imprécation contre l'ennemi. Le témoin Pāippalāda ne conserve que la première moitié d'après Whitney ; l'usage ultérieur lié à la fertilité apporte un éclairage sans pour autant résoudre l'ensemble du verset.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

VII.34(35)

ATHARVAVEDA · LIVRE VII EN DÉTAIL

À Agni : contre les ennemis

  1. Ô Agni, repousse mes rivaux déjà nés; rejette en arrière, ô Jātavedas, ceux qui ne sont pas nés; foule aux pieds ceux qui veulent [me] combattre; puissions-nous être sans faute pour toi devant Aditi.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.34 (35) sur Wikisource ↗

VII.35(36)

ATHARVAVEDA · LIVRE VII ÉGALEMENT CITÉ

Contre une (femme) rivale

Lire l'hymne comparatif VII.35 (36) (3 versets)
  1. Accable par la puissance [nos] autres rivaux; rejette en arrière, ô Jātavedas, ceux qui ne sont pas nés; comble cette royauté vers la bonne fortune; que tous les dieux se réjouissent derrière lui.

  2. Ces cent veines qui sont tiennes, et les mille conduits, de tous ceux qui t'appartiennent j'ai scellé l'ouverture d'une pierre.

  3. De la partie supérieure de ta matrice je fais la partie inférieure; qu'il n'y ait pour toi ni descendance, ni enfantement; je te rends stérile (asū́), sans descendance; je fais d'une pierre ton couvercle.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire VII.35 (36) sur Wikisource ↗

Agni est prié de veiller sur deux temporalités

La première moitié distingue les rivaux apparus de ceux encore à naître. Agni doit expulser les premiers et refouler les seconds. Ces verbes imaginent une frontière défendue contre les contestations tant actuelles qu'à venir. Pourtant, un rival à naître ne constitue pas une personne identifiable dans le poème. C'est une catégorie de rivalité anticipée. La ligne s'étend au-delà d'un différend isolé vers le fantasme d'un statut durable : l'énonciateur serait en sécurité avant même que le prochain adversaire n'advienne. Cette portée temporelle est d'autant plus frappante qu'elle se trouve condensée en peu de mots. L'hymne n'indique pas comment un souhait si large pouvait s'accomplir ou se vérifier.

Les guerriers passent de l'éloignement à l'écrasement sous les pieds

L'expression suivante place les combattants hostiles sous les pieds de l'énonciateur. Le refoulement opéré par Agni devient une image verticale de hiérarchie, où l'énonciateur se tient visiblement au-dessus de ceux qui le défient. Il est tentant d'y concevoir un champ de bataille littéral, mais aucun combat n'y est dépeint. Le terme désignant les combattants peut servir une métaphore conflictuelle plus ample, le poème ne précisant ni armes, ni terrain, ni manœuvres de troupes. Comme dans de nombreuses imprécations atharvaniques, la domination souhaitée est formulée comme si l'énonciation elle-même pouvait l'imposer. Le lecteur doit garder à l'esprit la nature du propos : il s'agit d'une supplique visant un rapport de force, et non d'un témoignage constatant des opposants à terre.

Aditi introduit la notion de culpabilité

La conclusion demande que l'énonciateur soit sans culpabilité devant Aditi. Cela transforme le registre moral du verset. Après avoir appelé à évincer ses opposants, la voix réclame une position pure au sein d'un ordre divin. Elle n'explique pas d'où la faute pourrait provenir, ni ne démontre que l'énonciateur était innocent. Le souhait de victoire et le souhait d'absolution coexistent sans qu'un récit ne vienne les concilier. Cette tension rend VII.34 plus complexe qu'un simple commandement hostile. Le poème expose le souci de l'énonciateur quant à la légitimité du pouvoir à l'instant même où il réclame ce pouvoir sur autrui.

Une ouverture partagée reçoit différentes fins

Whitney ne signale que la première moitié dans la Pāippalāda ; d'autres parallèles védiques partagent de même cette première portion tout en poursuivant différemment. L'appel à Aditi relève donc de la forme propre aux Śaunaka et ne doit pas être projeté sur chaque texte parallèle. VII.35 s'ouvre sur une formule semblable liant le feu et les rivaux avant de s'orienter vers la royauté puis, dans les versets ultérieurs, vers le corps reproducteur d'une femme. Le Kauśikasūtra associe ces passages à un contexte de fertilité. Cette application ultérieure éclaire leur réception, mais une pratique moderne élaborée à partir de l'un ou l'autre passage relèverait d'une adaptation inventée. La diversité des finales démontre qu'une formule mobile pouvait appuyer des arguments bien distincts.

La première moitié partagée et ses fins divergentes

Mettez en regard VII.34 et VII.35.1. Leurs débuts prient Agni ou Jātavedas d'écarter les rivaux. VII.34 imagine ensuite des combattants foulés aux pieds et implore l'innocence devant Aditi ; VII.35 s'oriente vers la fortune royale avant que ses versets suivants ne ciblent la fertilité. Cette confrontation montre qu'une ouverture partagée ne rend pas deux hymnes entiers équivalents. La ligne finale détermine si la formule percutante s'achève par un appel à l'absence de culpabilité ou par une préoccupation corporelle et sociale tout autre. Le rôle conclusif d'Aditi dans VII.34 amène la requête de domination à répondre à une anxiété distincte portant sur la faute, totalement absente de la finale voisine.

Textes sources et études

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