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Atharvaveda · Malédictions et ennemis

Comment un tambour brise l'esprit d'une armée : Atharvaveda V.21

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda V.21 réclame d'un tambour de guerre qu'il divise les cœurs et les esprits des soldats ennemis. L'ouverture est directe, mais l'hymne ne reste pas au niveau d'une émotion abstraite. Il compare les combattants à des bêtes effarouchées par des prédateurs, invite le claquement des cordes d'arc à se propager dans toutes les directions, et se conclut par des dieux dont les armées unies font face à l'ennemi mortel. Le poème dépeint la peur comme l'effondrement de toute action coordonnée. Son tambour en est le déclencheur audible, tandis que les vers eux-mêmes demeurent des pétitions et non le compte rendu d'une armée ayant perdu sa cohésion.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

V.21

ATHARVA-VÉDA · LIVRE V EN GROS PLAN

Au tambour de guerre

  1. Proclame la division des cœurs, la division des esprits parmi nos ennemis, ô tambour; haine mutuelle, désarroi, frayeur, voilà ce que nous instillons en nos ennemis: abats-les, ô tambour.

  2. Tremblants d'esprit, de vue et de cœur, que nos ennemis s'enfuient, épouvantés d'effroi (pratrāsá) lorsque le beurre sacrificiel est offert.

  3. Fait d'un arbre de la forêt, assemblé avec le [bétail] roux, appartenant à toutes les familles (-gotrá-), proclame l'alarme pour nos ennemis, étant frotté de beurre sacrificiel.

  4. De même que les bêtes sauvages de la forêt tremblent toutes devant l'homme, ainsi, ô tambour, rugis contre nos ennemis et épouvante-les, puis confonds leurs desseins.

Lire les 8 versets restants de V.21
  1. De même que chèvres et brebis fuient, grandement effrayées par le loup, ainsi agis, ô tambour, etc. etc.

  2. De même que les oiseaux (patatrín) tremblent tous devant le faucon, jour après jour; de même qu'au grondement du lion, ainsi agis, ô tambour, etc. etc.

  3. Au loin tous les dieux ont effrayé nos ennemis par le tambour et la peau de la gazelle, [les dieux] qui sont maîtres de l'armée.

  4. Par les bruits de pas avec lesquels Indra se joue de l'ombre, que soient effrayés nos ennemis qui avancent là-bas par troupes (anīkaçás).

  5. Que les tambours, avec les bruits de cordes d'arcs, hurlent vers toutes (yā́s) les directions, tandis que les armées de nos ennemis s'en vont, vaincues, par troupes.

  6. Ô Āditya, retire-[leur la] vue; vous, rayons, poursuivez-les; que ceux qui ont des entraves aux pieds s'y attachent, la vigueur des bras (-vīryà) s'en étant allée.

  7. Vous [qui êtes] redoutables, ô Maruts, fils de la mère tachetée, avec Indra pour allié, massacrez nos ennemis.

  8. Que ces armées des dieux, aux bannières solaires, unanimes, conquièrent nos ennemis: hommage !

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Consulter V.21 sur Wikisource ↗

V.20

ATHARVAVEDA · LIVRE V ÉGALEMENT CITÉ

Au tambour de guerre

Lire l'hymne de comparaison V.20 (12 versets)
  1. Le tambour au bruit retentissant, pareil au guerrier, fait du bois de la forêt, réuni (sámbhṛta) aux [bêtes] rousses, aiguisant la voix, dominant nos rivaux; tonne avec force contre [eux] comme un lion, prêt à vaincre.

  2. Comme un lion a tonné celui de bois, tendu (vi-bandh), tel un taureau mugissant vers une vache désirante; viril (vṛ́ṣan) [es]-tu, impuissants sont tes rivaux; pareille à celle d'Indra [est] ta fougue (çúṣma), terrassant les conspirateurs ennemis.

  3. Trouvé (vidāná) soudainement (sáhasā) comme un taureau dans un troupeau, toi qui cherches du bétail, rugis (ru) contre [eux] en remportant le butin; transperce de douleur le cœur de nos adversaires; que nos ennemis, quittant leurs villages, s'en aillent poussés en avant (pra-cyu).

  4. Vainquant entièrement les combattants, poussant un cri perçant, toi qui saisis ceux qui doivent être saisis, regarde au loin de multiples côtés; réponds (? ā-gur), ô tambour, dévot, à la voix des dieux; apporte les biens de nos ennemis.

  5. Entendant la voix poussée (pra-yam) du tambour qui parle, que la femme, suppliante, réveillée par le vacarme, coure vers son fils en lui prenant la main, notre ennemie, effrayée dans le conflit d'armes meurtrières.

  6. Puisses-tu d'abord (pū́rva), ô tambour, faire retentir ta voix; sur le dos de la terre parle, étincelant (ruc); ouvrant largement les mâchoires (jabh) sur l'armée de nos ennemis, parle avec netteté, ô tambour, agréablement (sūnṛ́tāvat).

  7. Qu'il y ait du fracas entre ces deux firmaments (nábhas); que tes sons (dhvaní) aillent promptement et séparément; rugis contre [eux], tonne, menaçant (?), retentissant (çlokakṛ́t) pour la victoire de nos amis, bon partisan.

  8. Façonné par des artifices (dhī́), puisse-t-il faire entendre sa voix; excite les armes des guerriers; allié à Indra, convoque les guerriers; par des amis, terrasse puissamment les ennemis.

  9. Héraut vociférant (? pravadá), à l'armée audacieuse, faisant proclamer en de nombreux lieux, résonnant à travers les villages, gagnant l'avantage, connaissant les voies, dispense (vi-hṛ) la renommée à un grand nombre dans la [bataille] de deux rois.

  10. Visant l'avantage, conquérant les bonnes choses, très puissant, conquérant une troupe, tu es aiguisé par le bráhman; telle la pierre à presser sur les tiges [de soma] dans le pressoir, ô tambour, danse sur [leurs] possessions, en quête de butin (gavyán).

  11. Terrassant les ennemis, terrassant et abattant, terrassant les conspirateurs hostiles, cherchant du bétail, subjuguant, jaillissant vers le haut, fais entendre ta voix comme un orateur (vāgvín) son discours (mántra); proclame la force (? íṣ) ici afin de vaincre l'armée.

  12. Ébranlant (cyu) ce qui n'est point ébranlé, allant le plus souvent dans les luttes, vainquant les railleurs, marchant en tête, indomptable, mis en sécurité par Indra, attentif aux conseils (? vidátha), brûlant le cœur de nos adversaires, va promptement.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Consulter V.20 sur Wikisource ↗

Le premier vers s'attaque à la coordination

L'ouverture demande au tambour de susciter la division des cœurs et des esprits, la haine mutuelle, la confusion et la peur chez l'ennemi. Ces termes forment une gradation de dégradation sociale. Un individu effrayé peut encore combattre aux côtés de ses compagnons ; une armée dont les membres se méfient les uns des autres peine à agir d'un seul bloc. Le verset 2 étend l'effet imaginé à un tremblement de l'esprit, du regard et du cœur. La requête est formulée lors d'une oblation de beurre sacrificiel, inscrivant le souhait psychologique au cœur d'une scène rituelle. Whitney avertit qu'un mot traduit par confusion n'apparaît qu'ici et pourrait être une mauvaise lecture d'une autre forme. Le sens général est clair, mais une psychologie technique précise serait injustifiée.

Des scènes de prédation rendent la fuite concevable

Les versets 4 à 6 comparent la frayeur ennemie recherchée à des bêtes sauvages tremblant devant un humain, à des moutons et des chèvres devant un loup, et à des oiseaux devant un faucon. Ces analogies composent une galerie croissante de vulnérabilité. Le poème n'affirme pas que les ennemis sont littéralement des animaux ; il emprunte des réactions familières de fuite pour rendre le son du tambour irrésistible. Le verset 4 demande explicitement que les desseins de l'ennemi soient déconcertés après le rugissement. Cela associe la panique animale à l'atteinte portée plus tôt à l'esprit. Whitney soupçonne qu'une partie du verset 6 a glissé depuis un verset voisin, de sorte que l'enchaînement exact des comparaisons peut être textuellement instable. Leur visée commune est en revanche indéniable.

Le son se propage à travers tout un champ

Le verset 9 demande aux tambours et aux cordes d'arc de crier vers toutes les directions tandis que les troupes ennemies s'éloignent vaincues. Ce paysage sonore s'étend au-delà d'un instrument unique. Au verset 10, on demande à Āditya d'ôter la vue aux adversaires, et les lignes suivantes invoquent les Marut, Indra, Soma, Varuṇa, la Mort et des armées divines. Vers la fin, la percussion humaine se trouve entourée d'une force imaginée bien plus vaste. L'hymne est passé des esprits ennemis à la peur animale, puis à un assaut divin coordonné. Ses dernières lignes sont en partie proches de la prose selon la description de Whitney, conférant à la conclusion une texture verbale différente des invocations initiales.

Pourquoi le poème voisin consacré au tambour paraît différent

V.20 nomme le bois et la peau de vache du tambour, le laisse parler sur la terre et l'imagine résonnant à travers les villages à la manière d'un héraut. V.21 reprend les matériaux au verset 3 mais se concentre sur ce qui se produit au sein des rangs opposés. La fabrication de l'instrument n'est plus le sujet principal ; la désorientation l'est devenue. Whitney note que V.21 n'a pas de parallèle connu dans la tradition Pāippalāda, alors que V.20 en possède un. Cela restreint la comparaison directe de l'ordre des versets de V.21 entre les deux grandes recensions atharvavédiques. Le poème reçu peut néanmoins faire l'objet d'une lecture attentive. Son argument propre est qu'un grand bruit public peut être conçu comme détruisant la capacité d'un ennemi à penser et à manœuvrer de concert.

Des esprits divisés aux horizons bruyants

Comparez V.21.1 avec V.21.9. Le premier verset réclame la division au sein des cœurs et des esprits de l'ennemi ; le neuvième projette les sons du tambour et de la corde d'arc vers tous les points cardinaux tandis que les rangs ennemis battent en retraite. L'une des lignes formule le résultat intérieur et l'autre esquisse son expression visible sur le champ de bataille. V.20.9 met aussi en scène le son se propageant dans les villages, mais il y diffuse la gloire parmi les rois. La même portée audible peut servir la renommée dans un hymne et le trouble psychologique dans le suivant. Le neuvième verset traduit la division mentale invisible du premier verset en une retraite perceptible, illustrant le cheminement du poème de la cause vers son aboutissement.

Textes sources et études

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