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Atharvaveda · Fortune et succès

L'hymne pour le savoir sacré dans l'Atharvaveda 1.1

Un disque lunaire décoratif en argent, des anneaux en laiton non gradués et un livre indigo.

L'Atharvaveda I.1 demande que ce qui a été entendu demeure avec l'orateur. L'hymne s'inscrit au sein d'une culture orale rigoureusement transmise, et non d'une méthode générique de manifestation.

LE TEXTE · ATHARVAVEDA

Hymnes abordés dans cet article

Commencez par les versets présentés ici. Consultez les autres hymnes mentionnés afin de comparer leurs images et leurs objectifs.

I.1

ATHARVAVEDA · LIVRE I À LA UNE

Pour la rétention du savoir sacré

  1. Les trois fois sept qui vont et viennent, portant toutes les formes, que le seigneur de la parole m'attribue aujourd'hui leurs pouvoirs, [leurs] personnes (tanū́).

  2. Reviens, seigneur de la parole, avec l'esprit divin; seigneur du bien, fais [qu'il] demeure (ni-ram); qu'en moi, qu'en ma personne soit ce qui est entendu.

  3. Ici même, tends-toi, comme les deux extrémités de l'arc avec la corde; que le seigneur de la parole fixe fermement (ni-yam); qu'en moi, qu'en ma personne soit ce qui est entendu.

  4. Invoqué est le seigneur de la parole; que sur nous le seigneur de la parole appelle; puissions-nous être unis à (sam-gam) ce qui est entendu; que je ne sois point séparé de ce qui est entendu.

Traduction Whitney–Lanman telle que publiée (1905) · Lire I.1 sur Wikisource ↗

II.35

ATHARVA-VÉDA · LIVRE II ÉGALEMENT CITÉ

Pour expier les erreurs commises lors du sacrifice : à Viçvakarman

Lire l'hymne comparatif II.35 (5 versets)
  1. Ceux qui, prenant part [au soma] (bhakṣ), n'ont pas prospéré (ṛdh) en biens, ceux pour qui les feux du foyer sacrificiel se sont affligés (anu-tapya-), quelle que fût l'expiation (avayá) de leur sacrifice défectueux, puisse Viçvakarman (« celui qui fait tout ») en faire pour nous un sacrifice propice.

  2. Les voyants déclarent que le maître (-páti) du sacrifice, en raison du péché, se trouve privé de sa part, affligé pour [sa] descendance. Les gouttes de miel envers lesquelles il a commis une faute (? apa-rādh), qu'avec elles Viçvakarman nous unisse (sam-sṛj).

  3. Jugeant les buveurs de soma indignes de dons (? adānyá), [bien que] connaissant le sacrifice, [il n'est] point sage (dhī́ra) dans cette conjoncture (samayá) ; en ce que cet homme est lié pour avoir commis un péché, toi, ô Viçvakarman, délie-le pour son bien-être.

  4. Terribles [sont] les voyants ; qu'hommage leur soit rendu ! quel regard [est] le leur, et quelle réalité (satyá) de leur esprit. Pour Brihaspati, ô taureau (mahiṣá), [soit] un hommage éclatant (dyumánt) ; ô Viçvakarman, hommage à toi ! protège-nous.

  5. L'œil, le commencement et le visage du sacrifice : par la voix, l'ouïe, l'esprit, je fais oblation. À ce sacrifice, déployé par Viçvakarman, que les dieux viennent, bienveillants.

Traduction Whitney–Lanman telle qu'imprimée (1905) · Consulter II.35 sur Wikisource ↗

Le savoir doit demeurer avec l'orateur

I.1 demande que la parole apprise demeure chez celui qui la porte. La formulation est si concise que son anxiété sous-jacente peut passer inaperçue : une connaissance entendue une seule fois n'est pas une connaissance possédée avec certitude. La réponse de II.35 à une défaillance rituelle montre un autre moment où la parole maîtrisée devient vulnérable.

I.1 souligne la vulnérabilité de l'apprentissage : ce qui a été entendu peut s'évanouir. II.35 intervient après une faute rituelle. Cette distinction entre un avant et un après est frappante, car elle montre de quelle manière la compilation aborde à la fois la préparation de l'officiant et les conséquences d'un geste imparfait.

Une requête avant la récitation

On mémorise des vers pour s'en servir au sein d'une communauté exigeant une exécution rituelle rigoureuse. Le désir de mémoire exprimé dans ce poème sert donc une finalité pratique concrète, bien au-delà d'un simple respect abstrait pour le savoir. L'hymne réparateur révèle alors que même une pratique préparée peut être jugée défectueuse.

Le I.1 aux côtés de la réparation rituelle

I.1 se situe en amont de l'acte, s'efforçant de garder les paroles prêtes. II.35 se situe en aval d'un échec perçu, cherchant le moyen de réparer un acte imparfait. Cette confrontation avant-après précise la valeur de l'apprentissage : il soutient l'exécution mais ne saurait écarter tout risque d'erreur. C'est dans cet intervalle entre l'apprentissage et la réparation ultérieure que l'instruction se meut en compétence vécue. Ce couple de textes récuse le mirage d'une maîtrise verbale absolue : les mots doivent être retenus, les actes doivent être accomplis, et la tradition dispose d'un moyen pour désigner chaque manquement.

La corde de l'arc est une image mnésique

I.1 comprend quatre vers. Le premier invoque le seigneur de la parole pour qu'il accorde les pouvoirs associés au mystérieux « trois fois sept » ; Whitney souligne que ce nombre pourrait désigner un ensemble indéfini plutôt qu'un décompte précis de vingt et un éléments. Le deuxième vers demande que ce qui a été entendu demeure dans le locuteur. Le troisième compare la fixation du savoir au fait de tendre la corde d'un arc entre ses extrémités, et le quatrième redoute d'être séparé de ce qui a été entendu. Cette progression rend la mémorisation active et vulnérable. L'apprenti ne se contente pas d'admirer le savoir à distance ; l'hymne réclame qu'il reste attaché au corps et à la voix qui doivent le porter. Cette métaphore précise de l'arc illustre bien mieux la logique du texte qu'une affirmation vague selon laquelle l'étude sacrée assurerait automatiquement le succès.

Une strophe apprise peut tout de même se heurter à un rite défaillant

II.35 part du constat d'un sacrifice mal accompli et prie Viśvakarman de le transformer en un sacrifice bénéfique. Son objet est une faute rituelle survenue ou en cours, et non l'assimilation initiale d'une leçon. Le manuscrit de la Paippalāda présente ses quatre premiers vers dans un ordre différent, tandis que le cinquième vers de l'Atharvaveda y fait défaut ; cette variante textuelle démontre elle-même que le poème réparateur s'est transmis sous plusieurs agencements. Mis en regard de I.1, il trace une frontière nette entre la retenue des paroles et leur récitation correcte au cours d'un acte complexe. Une personne pourrait se rappeler chaque syllabe et devoir néanmoins corriger un manquement de procédure. Le bienfait moderne appliqué aux examens est une transposition contemporaine de ces prières, et non la preuve qu'un hymne antique garantit la réussite aux épreuves ou remplace le travail.

Lecture dirigée : I.1 aux côtés de la réparation rituelle

I.1 formule le souhait de retenir ce qui a été entendu. II.35 traite de l'erreur commise au cours du sacrifice. La mémoire de l'élève et la rectification par l'officiant constituent deux moments bien distincts. La prière de I.1 ne se limite pas à faire l'éloge du savoir ; elle réclame l'appropriation et la fidélité de la parole entendue. II.35 envisage une tout autre difficulté, celle d'un rite appelant une réparation. Les mettre en parallèle montre que la maîtrise rituelle est un processus pouvant être préservé en amont et restauré par la suite.

Textes sources et études

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